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Zénith d'Auvergne Photo Elliott Sadourny Wikimédia Commons
Photo Elliott Sadourny - Wikimédia Commons
Culture Histoire

Le Zénith d’Auvergne a soufflé ses 20 bougies

Il y a tout juste 20 ans, Johnny Hallyday donnait les deux premiers concerts publics du tout nouveau Zénith d'Auvergne, un équipement qui a fait basculer l'agglomération clermontoise dans une tout autre dimension sur le plan des spectacles.

Vendredi 5 décembre 2003 : une date historique pour les Clermontois et plus largement pour les Auvergnats. Le Zénith d’Auvergne ouvre enfin ses portes après deux ans de travaux. Le premier artiste à monter sur la scène de cet équipement ultra moderne n’est autre que la star, Johnny Hallyday. Évidemment le concert se joue à guichet fermé, ou plutôt les concerts, puisque l’idole a été engagée pour en donner trois. Un premier privé, pour les VIP et les partenaires, le jeudi puis deux autres, le vendredi et le samedi pour le grand public. Il pourrait monter sur scène une fois de plus ou même deux, tant la demande est forte.

Tenter d’obtenir un sésame

À l’époque, le principal point de vente billetterie de Clermont est le magasin Fnac du Centre Jaude qui délivre encore des billets physiques. En ouvrant le rideau de fer de leur comptoir, les hôtesses découvrent, chaque matin, durant plusieurs jours, une longue file d’attente de super fans qui espèrent bien décrocher le Graal. Seulement, obtenir un billet, pour ce concert inaugural, n’est pas si simple. Le promoteur local, Arachnée Concerts, fournit quotidiennement un petit contingent de places à vendre et donne des ordres pour limiter le nombre de billets délivrés à chaque client. Certains reviennent plusieurs jours de suite en prenant des jours de congés… pour tenter d’obtenir un sésame, pas spécialement bon marché d’ailleurs. Qu’importe, quand on est fan de Johnny, l’argent n’a plus la même valeur.

Avec le Zénith, Clermont change de catégorie

Avant l’an 2 000, Clermont brille par son sous-équipement culturel. Durant les années Quilliot, la musique n’est manifestement pas la priorité, les amateurs doivent se contenter de peu. Un opéra « dans son jus » accueille la musique classique, la Maison du Peuple revient aux concert pop-rock quand elle n’est pas utilisée pour son usage premier, le jazz, et son public policé, arrive à élire domicile à la MCC, Maison de la Culture et des Congrès. Pour les grosses productions c’est la Maison des Sports qui est mise à contribution, mais son acoustique, sa configuration et sa jauge réduite ne sont pas dignes du rang de l’agglomération. Malgré tout, public et producteurs s’en contentent en attendant mieux, faute de grives, on mange des merles.
L’an 2 000 apporte enfin un lieu digne de ce nom pour la musique à Clermont : la Coopérative de Mai. L’équipement est moderne, financé par la ville mais sa capacité limitée à 1 500 places, lui interdit de recevoir les grosses productions populaires. Mais Valérie Giscard d’Estaing sort de son sous-main, le projet d’une grande salle, alors que la Coop de Mai est inaugurée avec un concert des Rita Mitsouko, en mars 2 000. Avec un Zénith, Clermont va enfin pouvoir changer de catégorie et proposer des spectacles d’envergures, capables d’attirer du public venant de loin.

Le 3e Zénith de France en capacité

En 1996, VGE lance le projet d’un grand parc des expositions incluant une salle de spectacle. 100 hectares de terres agricoles sur la plaine de Sarliève, à Cournon, sont acquis pour la réalisation du projet. L’emplacement est idéal car situé au niveau d’un échangeur de l’Autoroute A75. André et Serge Grésy sont choisis comme architectes pour la réalisation du bâtiment. Ils dessinent un édifice de couleur vert kaki, à la forme caractéristique qui lui permet de s’intégrer dans le paysage de la Chaîne des puys qui lui fait face. L’équipement est financé à 100 % par la région Auvergne, autonome à l’époque, avec le soutien de l’Europe et du Ministère de la Culture. La construction de la salle débute en 2001. Elle a droit à l’appellation Zénith, puisqu’elle respecte le cahier des charges de la marque déposée Zénith. Lors du concert inaugural la jauge maximale est de 8 500 places avant de passer à 9 500 en 2014. Le Zénith d’Auvergne devient ainsi  le troisième Zénith de France derrière celui de Strasbourg Europe (12 079 places) et de Toulouse Métropole (11 000 places).

Une moyenne de 50 concerts par an

20 ans après son ouverture, le Zénith d’Auvergne se montre toujours pertinent dans l’économie du territoire, avec une moyenne annuelle de 50 concerts et événements. Ils ont rassemblé 3 millions de spectateurs depuis le premier concert de Johnny. L’extérieur du bâtiment à plutôt bien vieilli, malgré la couleur ternie par les UV, en revanche, il n’est pas certain que l’énormissime logo du Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes qui figure désormais sur sa façade soit du goût des architectes.
Et au fait, quid d’un événement spécial 20 ans ? C’est Michel Sardou qui était censé souffler les bougies lors de deux concerts consécutifs. Mais le chanteur âgé de 76 ans a contracté le… Covid. Il a du annuler plusieurs concerts dont les deux prévus les 5 et 6 décembre pour l’anniversaire. Peut-être reviendra-t-il, plus tard, puisque sa tournée de 60 dates est programmée jusqu’en mars 2024.

Concert Daho, novembre 2023 Zénith d'Auvergne photo 7 Jours à Clermont
Concert Daho, novembre 2023 Zénith d’Auvergne / Photo 7 Jours à Clermont

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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