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Xynthia, l’odyssée de l’eau Photo Florent Mayolet
Xynthia, l’odyssée de l’eau Photo Florent Mayolet
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« Xynthia, l’odyssée de l’eau », œuvre écolo présentée par CAO

CAO, Clermont Auvergne Opéra, présente cette semaine à Clermont, l'étonnant opéra "Xynthia, l’odyssée de l’eau" du collectif Io, un spectacle de forme hybride particulièrement engagé pour la cause de l'eau et de l'écologie.

Henrik Johan Ibsen, dramaturge norvégien du XIXe siècle, a publié en 1883, une pièce avant-gardiste, véritable brûlot visionnaire relatant l’histoire d’un médecin qui dénonce la contamination des eaux de la station balnéaire où il vit. Sa prise de parole risque de mettre à mal l’économie de la cité, alors, il se retrouve à gérer des séquences de chantages, des périodes de pressions et de complots. Mis au banc, le docteur est devenu l’ennemi à abattre de la collectivité.
Avec cette pièce écrite durant une période où les bains de mer deviennent à la mode dans toute l’Europe, l’auteur se positionne, à travers son personnage, comme ce que l’on appelle aujourd’hui un lanceur d’alerte, pointant l’arbitrage politique nécessaire entre les exigences d’une justice écologique et les impératifs de l’économie. Bien avant René Dumont et son fameux verre d’eau, les propos écologiques d’Ibsen sont d’une étonnante modernité. Même au delà de la question de l’eau, ses prises de position à propos du fonctionnement de l’État résonnent encore parfaitement un siècle et demi plus tard. Il déclarait à l’époque «L’État est la malédiction de l’individu. Il faut que l’État disparaisse. Voilà la révolution que je veux faire. Que l’on ruine le concept d’État, que l’on fasse du libre vouloir et des affinités le lien unique de toute association, et ce sera là, le germe d’une liberté qui aura quelque portée. Modifier la forme du gouvernement n’est pas autre chose que de farfouiller parmi les rossignols d’une arrière-boutique. »

Xynthia, l’odyssée de l’eau, librement adaptée de la pièce d’Ibsen

Au moment même où l’urgence climatique s’invite au cœur du débat politique, le collectif Io s’est approprié le sujet pour imaginer une création hybride où le lyrique se mélange à la danse et au théâtre, pour créer une œuvre « d’art totale » selon le concept esthétique issu du romantisme allemand apparu au XIXᵉ siècle en Europe.
Xynthia, l’odyssée de l’eau est un opéra pour 4 chanteurs, 1 comédienne, 1 danseur et 5 musiciens dont la dramaturgie est librement adaptée de la pièce d’Ibsen par Valentine Losseau qui en a écrit le livret. Sur une mise en scène de Mikaël Serre, les onze interprètes font éclore un opéra engagé, à la fois percutant et poétique, retraçant une sorte d’odyssée de l’eau depuis ses origines cosmiques jusqu’au « récit fragmentaire » de la catastrophe consécutive à la tempête Xynthia, qui en 2010 a provoqué la mort de 52 personnes en France. Le nom de la tempête Xynthia avait été choisi en référence directe avec Cynthia, surnom d’Artémis, déesse de la nature sauvage, dans la mythologie grecque.

Un opéra amplifié

Musicalement, Xynthia, l’odyssée de l’eau casse les codes de ce qui est généralement entendu sur la scène lyrique. Le collectif Io a pris le parti de sonoriser le spectacle, non pas dans un but d’amplification du son, mais plutôt pour en renforcer son expression. Les voix sont portées par des instruments rarement (pour ne pas dire jamais) vus ou entendus sur la scène lyrique. L’Orgue de cristal ou Cristal Baschet, côtoie les ondes Martenot, la harpe, les clarinettes en si bémol et bass, et les percussions augmentées d’un système électroacoustique. Les musiciens sont dirigés par Yann Molénat, lui même installé au clavier d’un Fender Rhodes.

100% écolo

Ce spectacle qui, on l’aura compris, est engagé, ne pouvait pas faire l’économie d’une production vertueuse. La troupe a donc placé l’éco-responsabilité au cœur de la production et de la conception de son opéra. Ainsi le nombre de techniciens plateau et tournée a été calculé au mieux dans l’idée de réduire l’empreinte carbone et la durabilité a été le maître mot de la scénographie avec des textiles de seconde main et des colorants naturels pour les costumes. Même les énergies utilisées ont fait l’objet d’une attention particulière. Reste maintenant au public de prendre sa part à cet effort en se rendant à l’opéra de Clermont le plus écologiquement possible.

Xynthia, l’odyssée de l’eau, par le collectif Io, vendredi 26 janvier 2024 à 20h00, à l’Opéra de Clermont, chanté en français, durée 1h35, (sans entracte)
Avant-scène à 19h00, durée 30 minutes (gratuit)
Production Collectif Io, coproduction Opéra de Reims, Opéra-Théâtre de l’Euro Métropole de Metz et Clermont Auvergne Opéra.
Distribution et réservation sur le site web e Clermont Auvergne Opéra : cliquez ICI

 

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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