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© Donation Willy Ronis, Ministère de la Culture, Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diff. Grand Palais Photo
© Donation Willy Ronis, Ministère de la Culture, Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diff. Grand Palais Photo
Culture

Willy Ronis, l’œil du photographe à Clermont

À l'Hôtel Fonfreyde, la rétrospective Willy Ronis, l’un des plus grands photographes français (1910-2009), présente près de 130 tirages retraçant son œuvre, avec des photographies devenues iconiques comme « l’enfant à la baguette » ou le « nu provençal », mais aussi nombre de photos restées méconnues.

Avec ce grand photographe français du 20e siècle, c’est une vie de regard, de spontanéité de l’expression photographique et d’engagement dont il s’agit dans cette rétrospective organisée en partenariat, notamment, avec la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, conservatrice de l’œuvre du photographe qui en fit donation à l’État à la fin de sa vie.
Né en 1910 à Paris de parents émigrés d’Ukraine et de Lituanie, Willy Ronis rêvait de musique et de composition. C’est la photographie qui l’occupa pourtant très vite, dans l’atelier de son père puis comme photographe dès les années trente et aux lendemains de la guerre, au sein de ce qu’il est convenu d’appeler la photographie humaniste. Une inclination partagée avec Robert Doisneau, Edouard Boubat, non sans référence ou amitiés avec d’autres grands : Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, David Seymour, Brassaï…

Willy Ronis, le noir et blanc

L’influence de Brassaï est assez présente dans les photographies de Willy Ronis avec des noirs profonds, des contrastes travaillés, des clairs obscurs magistraux. On retrouve ce trait de l’artiste autant dans ses photos de rue, son domaine de prédilection, que dans ses reportages dans le monde ouvrier de l’industrie. Ici, le regard du photographe plonge celui du public dans des cadrages aux compositions fortes et subtiles.

Willy Ronis, le regard

« L’œil, c’est l’objectif à atteindre. C’est aussi l’œil de l’appareil. Mais l’appareil ne pense pas, c’est le cerveau du photographe qui pense 1 ». Citation utile avant de découvrir les photographies exposées, mais conclusion que chacune et chacun pourrait tout autant tirer après la visite. Le regard du photographe est une évidence, à chaque photographie. Un regard de compositeur et un regard de conteur. Ses photographies racontent, disent, évoquent, transportent. Avec Willy Ronis nous sommes moins dans une parenté avec la peinture qu’avec la musique, l’écriture.

Willy Ronis, la condition humaine

Certes, le photographe est rattaché à cette école française de la photographie (dite) humaniste. Mais le terme est piégeux ! Son engagement – membre du parti communiste de 1945 à 1965, il couvrit les grandes grèves d’avant et après-guerre, le Front Populaire – et ses photographies, plus qu’un militantisme partisan, révèlent une attention bienveillante de la France populaire, des rues, faubourgs et usines. Elles montrent et témoignent de cette condition humaine si présente dans la France du Front populaire et des Trente Glorieuses, tellement au centre du regard du photographe.

Willy Ronis, la spontanéité

Loin de Doisneau, souvent metteur en scène de ses clichés, c’est à Cartier-Bresson que l’on pense à lire et voir Willy Ronis. L’instant décisif est aussi la marque de fabrique du photographe, la traduction de l’importance du regard. C’est ce regard qu’il met en scène, mais en capturant l’instant avec, toujours, justesse, rigueur et élégance : « Je déambule quelque part dans la ville, j’ai trouvé ma place, que je ne vais plus quitter, car je sens qu’ici même il peut se passer quelque chose » (2).

(1) (2) Willy Ronis, Derrière l’objectif, 2001, Ed. Hoëbeke

Exposition Willy Ronis à l’Hôtel Fonfreyde, centre photographique de Clermont-Ferrand, rue des Gras, du 15 octobre 2025 au 8 février 2026. Exposition déjà présentée à Venise et Hongkong notamment, en partenariat avec deux institutions parisiennes : le Jeu de Paume et la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie.
Entrée libre, du mardi au samedi, de 13 h 30 à 19 h.

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À propos de l'auteur

Eric Gauthey

Né avec la crise des missiles de Cuba, son enfance, ses études et ses premières années de la vie d’adulte furent nomades.
Au début des années 90, il émigre à Clermont-Ferrand pour se sédentariser. Son métier, non moins sédentaire, l’engage dans le service au public (transports publics de l’agglomération clermontoise).
Le voyage reste sa passion, pour ses vacances mais pas seulement. Cofondateur d’Il Faut Aller Voir et du RV du Carnet de Voyage, il pousse jusqu’à publier deux ouvrages : « Cher Bouthan » – 2011 et « Buna Tatu » - 2017 (sur l’Ethiopie).

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