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Photo Fanny Reynaud.
Edito

Une réforme stratégique, politique, économique et paradoxale

Entre mouvements de grève et négociations, 2020 va commencer comme 2019 s'est achevée. La réforme des retraites n'a pas fini de mobiliser, de diviser et de poser des questions.

La contestation autour de la réforme de la retraite aura marqué la fin de l’année 2019. Comme elle va inévitablement impacter les premiers jours de 2020. A l’issue de cette interminable séquence, une solution finira par intervenir qui préservera les apparences pour les uns et les autres. Pas question d’avoir l’air de céder pour le gouvernement qui joue là sa crédibilité et pour le chef de l’état, les yeux déjà rivés vers 2022. Impossible de rentrer bredouilles pour des syndicats qui ont choisi l’épreuve de force, faute de véritables négociations. L’essentiel, dans cette comédie politico-sociale, est, in fine, de ne pas avoir la tête du perdant.

Réforme ou réformette?

La retraite sera donc réformée. Une nouvelle fois. Chaque gouvernement, ou presque, y va de sa strate, de ses velléités, depuis la loi Auroux de 1982 jusqu’à l’actuelle copie du démissionnaire (ou démissionné) Delevoye, en passant par Balladur, Juppé (qui y laissa son poste de premier ministre), Fillon ou encore Woerth…Les représentants de l’Etat, qui s’estiment évidemment plus pertinents que les précédents, remettent le couvert comme s’il s’agissait là d’un passage obligé. Et la problématique du financement semble demeurer entière puisqu’on y revient encore et toujours, inévitablement. A croire que ces réformes, qui déclenchent à chaque fois des mouvements sociaux (1982 excepté, évidemment…) ne sont que des réformettes.

Universelle mais pas pour tous

De retraite « universelle », il n’y aura pas puisqu’il restera des régimes particuliers, des cas d’exception, des profils en marge, des catégories épargnées et des métiers échappant à la règle. Les prochaines négociations, conduites à partir du 7 janvier, porteront, nous dit-on, en particulier sur la pénibilité. Ce qui reste une notion très subjective. C’est sur ce plan-là, sans-doute, que le gouvernement acceptera de lâcher du lest tandis que son intention est demeurer ferme sur « l’âge pivot », conduisant nombre de Français à différer leur retraite.

Quadrature du cercle

Obliger les Français à travailler plus longtemps… c’est là toute la philosophie de cette réforme. Mais n’est-ce pas  là une intention paradoxale lorsque l’une majorité de plus de 55 ans  est privée d’emploi, précipitée au chômage ou sous le régime du RSA ? Tenter de retrouver un job lorsqu’on est un « senior » est une gageure, prétendre y parvenir, une illusion… Cette problématique apparaît comme la quadrature du cercle. Le gouvernement en a-t-il pris la mesure?

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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