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Un tiers des Français a voté hier- photo interieur.gouv.fr
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Une abstention massive qui n’a rien d’une surprise

Les Français ont boycotté les urnes en ce dimanche de printemps. Les raisons de ce choix, en forme de désaffection, sont multiples.

Prime aux sortants, effondrement de La République en Marche, déception pour le Rassemblement National et bonne tenue des « partis traditionnels », la droite en particulier … Le premier tour des élections départementales et régionales ne manquera pas d’être commenté, en long et en large, par les politologues puis ou moins éminents. Reste toutefois le plus spectaculaire : l’abstention massive de plus de deux tiers des électeurs (près de 68%) qui relativise très largement les positions des uns et des autres et affaiblit l’ensemble des appareils politiques. Car les résultats, quels qu’ils soient, sont un trompe l’œil.

Eléments fondamentaux et concours de circonstances

Dans la réalité, cette abstention massive n’est en rien une surprise. Pour les Français, l’enjeu ne sautait pas aux yeux. L’échelon départemental et régional ne leur paraît pas prioritaire. « Ca ne changera pas nos vies » entendait-on à la veille du scrutin. Une façon de dire qu’il était inutile de se rendre dans les urnes. Désintérêt donc pour des échelons dont beaucoup de nos compatriotes ignorent les compétences, dans une France encore très centralisatrice. Mais pas seulement : le Covid, bien-sûr, a participé de cette désaffection. Appeler dans le même temps à une mobilisation politique et à une extrême vigilance sanitaire tient en quelque sorte du grand écart. Les médias eux-mêmes, obsédés par l’épidémie depuis près d’un an et demi, ont apporté leur contribution à ce désintérêt démocratique. Et l’on pourra encore citer la distribution catastrophique des professions de foi des candidats et des bulletins dont on se demande encore où ils sont passés.

Les fruits du “macronisme”

L’abstention est aussi le fruit de la « dépolitisation » engendrée par le macronisme lui-même. Le « ni droite- ni gauche », cher au parti présidentiel, mène sans doute soit à un fatalisme, soit à une radicalisation des électeurs. En l’occurrence, c’est le premier qui s’est traduit lors de cette élection. «  Ne sous-estimons jamais les possibilités de retour des vents mauvais pour notre démocratie et pour la République » estime Olivier Bianchi, le maire de Clermont, qui déplore le taux d’abstention-record.

Pour la majorité des Français, le vrai rendez-vous n’est pas pour ce mois de juin 2021. Et s’ils « gardent » pour le moment leur voix, c’est peut-être pour mieux se faire entendre au printemps prochain lorsque viendra l’heure de la présidentielle. Il ne faut peut-être pas s’en offusquer. C’est aussi la rançon de ce régime très particulier qu’est la Vème République, au sein duquel le Président demeure la clef de voûte des institutions.

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • L’abstention, c’est aussi l’expression d’un ras le bol général.
    A l’image de la région PACA, il semblerait que tous les partis politiques vont se mobiliser pour une seule et même idéologie : combattre le RN.
    Or, il me semble que c’est un peu pauvre comme stratégie. S’ils avaient eu en point de mire le développement de leur région et le bien de leurs habitants, ils n’en seraient pas à se poser bon nombre de questions.
    Il est dommage que les medias en général ne posent pas les questions de fond, à savoir comment avons-nous pu en arriver là.
    Bon, puis de vous à moi, quand on sait comment la gestion des dettes de la région Poitou-Charentes a été contrôlée pendant dix ans jusqu’en 2014 pour laquelle Madame Royal n’a jamais été tenu responsable – et pourtant on parle de 20 ans à ses habitants pour rembourser une dette de 100 millions – on se dit que les repésentants du RN auraient bien des difficultés à pouvoir faire aussi bien !

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