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Photo Alex Broadway- ASO.
Edito

Un Tour d’enfance

Il y a de la madeleine de Proust ou de la confiture de grand-maman dans l’attachement viscéral que l’on peut ressentir pour le Tour.

Cette course hors-norme, qui va par monts et par vaux, escalade les cols, dévale les pentes, longe les côtes ou traverse les plaines de part en part, n’est pas seulement une épreuve sportive. Elle exhale une nostalgie vieille France, suscite un attachement organique aux parfums d’enfance, résurgences de vacances écoulées au bord des rivières, à l’ombre des jeunes filles en fleur. Des impressions diffuses que la mémoire éveille parfois quand l’été revient. Un monde perdu.

Des étapes comme autant de chapitres

Le Tour suscite tant d’images, tant d’émotions, tant de souvenirs qu’il appartient au moi le plus intime, le plus précieux, le plus délicieusement secret. Il constitue aussi le plus beau et le plus vivant des livres de géographie, multipliant les étapes comme autant de chapitres. Un livre ouvert qui recèle des noms magiques, savoureux et évocateurs : Tourmalet, Izoard, Galibier, Aubisque, Ventoux. Là haut sur la montagne; là haut, près des nuages…

« Douce France »

Cette France du Tour, cette France lascive et paresseuse ; cette France buissonnière et insouciante ; cette France des clochers et des champs de blé ; cette France massée le long des routes, qui attend des heures le passage express des coureurs ; cette France bucolique et joyeuse, naïve et enthousiaste, surannée et juvénile; cette France des villages, qui flâne au son de l’accordéon ; cette France anachronique, comme une photo qui aurait jauni ou un journal retrouvé dans un grenier poussiéreux.

Cette France, donc, ressemble au Jour de fête de Jacques Tati, avec des accents de province, des « R » qui roulent, des syllabes qui chantent et une bonne humeur inconsciente et communicative. C’est la Douce France de Trénet qui ressuscite au cœur de juillet, un pays que la course sillonne “à bicyclette”, comme le chantait Yves Montand, traversant le temps et les générations. Prendre son sillage, à 45 à l’heure, c’est s’enivrer du passé un peu, beaucoup, passionnément…

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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