Bye bye Mister Barnier. Ultime péripétie en date d’une séquence d’instabilité politique qui n’est pas prête de s’achever. L’élégant Savoyard a tenté sa chance à Matignon pendant trois mois mais il manquait d’atouts pour mener sa tâche à bien, pris entre des oppositions revanchardes, une ancienne majorité présidentielle qui ne lui faisait pas de cadeaux et son propre camp déjà tourné vers de futures échéances présidentielles.
Exit
Il lui aurait fallu des outils adaptés et efficients pour tenter de colmater les brèches … Il ne possédait que des rustines.
Devant prêter allégeance aux uns tout en distribuant des bons-points aux autres, dans un grand écart permanent, Michel Barnier n’avait en fait que ses bonnes manières pour faire illusion. Son propre gouvernement claudiquait, brinquebalait, manquait de cohésion, à l’image de l’étrange duo Bruno Retailleau- Didier Migaud. En fait, ses jours étaient comptés, malgré toute sa bonne volonté. Il allait inexorablement au « casse-pipe ».
Favoris ou courtisans
Il est partiel de prétendre que Marine Le Pen, remontée à bloc après ses déboires judiciaires, lui a porté l’estocade. Car le Parti Socialiste aurait tout aussi bien pu voler à son secours. Mais, sous le joug d’une alliance de gauche dominée par LFI, a-t-il encore un soupçon de libre-arbitre et tout simplement de dignité ?
Alors, le 5 décembre au soir, depuis le Palais de l’Elysée, Emmanuel Macron, tout juste rentré d’Arabie Saoudite où il signait un « partenariat stratégique », s’est adressé aux Français, habillé de son traditionnel costume bleu un peu étriqué. Non pour y faire amende honorable et reconnaître sa responsabilité devant ce chaos institutionnel mais plutôt pour dénoncer les « extrêmes ». Et annoncer l’imminence d’un nouveau gouvernement. C’était reparti pour une séance de consultations, de négociations, de tractations, avec les uns mais pas les autres, un peu de droite, un peu de gauche, à des fins plus arithmétiques que proprement politiques. Les favoris se sont succédé, tous plus acceptables que désirables. L’heureux ( ?) élu au poste de Premier ministre devrait être rapidement révélé. Le chef de l’Etat est probablement conscient, qu’au-delà de l’équilibre du pays, il joue lui-même son avenir à court terme. Car, en dépit de sa volonté d’exercer son mandat jusqu’à son terme, une crise durable risquerait bien de l’emporter.












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