La fin des tyrans est rarement enviable. On ne donne ainsi pas très cher du devenir de Bachar el- Assad, ex maître de Damas, désormais renversé par les rebelles du HTS dirigé par le peu recommandable Abou Mohammed al-Joulani au passé terroriste… Le dictateur a trouvé refuge en Russie, auprès de son soi-disant protecteur, le sinistre Vladimir Poutine. Mais davantage qu’un invité ou un réfugié, le fuyard pourrait bien désormais être l’otage de l’omnipotent souverain du Kremlin. Soumis à ses humeurs et surtout à ses futurs intérêts. Tributaire des prochains bouleversements géopolitiques et stratégiques.
Plus les méfaits et les horreurs commis par l’ancien président syrien vont être révélés, plus il risque de devenir embarrassant pour le numéro un russe, lui-même visé par les instances juridiques internationales.
Et l’on sait comment Poutine a l’art de régler les problèmes. Les derniers exemples en date sont éloquents : Evgueni Prigojine, l’ancien chef du groupe paramilitaire Wagner, officiellement disparu dans un accident d’avion « providentiel », ou l’opposant politique Alexeï Navalny, décédé alors qu’il était en détention dans des conditions pour le moins suspectes… Aujourd’hui caché on ne sait trop où, Bachar peut être dans ses petits souliers.
Fin de parcours
Sans remonter aux calendes grecques, l’histoire récente du Moyen-Orient recèle de disparitions brutales de dictateurs sanguinaires. Tel Saddam Hussein, qui régnait sans partage sur l’Irak, traqué jusque dans le réduit souterrain où il se cachait et exécuté par pendaison après un jugement hâtif. Ou Mouammar Kadhafi, reçu en grandes pompes en France par Nicolas Sarkozy avant de devenir l’ennemi à abattre coûte que coûte. Finalement tué de deux balles tirées à bout portant avec l’assentiment de l’Elysée.
Sans illusion
En finir brusquement et rapidement avec les despotes est souvent le meilleur moyen d’effacer les preuves de liens dérangeant, de complaisances troublantes, d’accords qui pourraient se révéler fâcheux. D’essayer de faire table rase du passé…Quant aux conséquences de la fin de la dynastie el- Assad pour le peuple syrien, qui reste évidemment l’essentiel, il est difficile de se faire des illusions compte tenu du curriculum des impétrants. Cela ressemble à aller de charybde en scylla…












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