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Cataroux bombardé Photo archives départementales
Cataroux bombardé / Photo archives départementales
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Un nouveau livre de la série « Cette année là » consacré au bombardement de Cataroux

Publiée par les Éditions Midi-Pyrénéennes : "1944 Michelin sous les bombes alliées", rédigé par Hélène Saint-André, est un ouvrage de la collection "Cette année là" consacré à la nuit du 16 mars durant laquelle la RAF a bombardé l'usine Michelin de Cataroux.

Durant la seconde guerre mondiale, la manufacture Michelin possédait trois usines à Clermont : Les Carmes, Estaing et Cataroux. C’est sur ce site de Cataroux que l’entreprise clermontoise, mise à contribution par l’occupant, produisait les pneus Metalix destinés aux Allemands.
En 1944, les Alliés décident d’affaiblir la présence allemande en France en procédant à des destructions d’équipement par bombardement. alors que la libération approche, Cataroux devient une cible de la Royale Air Force, l’aviation anglaise, qui programme de pilonner l’usine dans la nuit du 16 mars.
Cet épisode laissera des traces dans l’histoire mais aussi dans le quartier de Monferrand, le souffle des bombes générant des dégâts dans les quartiers avoisinant l’usine. Le bombardement, mais aussi les années qui l’ont suivi et les péripéties administratives qui en ont résulté, font aujourd’hui l’objet d’un livre de la série Cette année là, publiée par les Éditions Midi-Pyrénéennes : 1944 Michelin sous les bombes alliées, rédigé par Hélène Saint-André, qui comme tous les auteurs de cette collection, est issue du monde universitaire. Elle est docteure en histoire contemporaine et membre associée du Centre d’histoire « Espaces et Cultures » de l’Université Clermont Auvergne.

Et Cataroux devient la Target F19

Le premier chapitre de ce livre, qui condense une page d’histoire en 48 pages, est consacré au bombardement. On apprend que l’usine de Cataroux est devenue la Target F19. Comme elle alimente les deux autres usines clermontoises, elle est la seule cible de cette action stratégique. Le 16 mars au soir, par une nuit sans lune, une vingtaine d’avions Lancaster transportant près de 100 tonnes de bombes de divers poids et fonctions, décollent en direction de Clermont, le bombardement étant programmé aux alentours de 22 heures 45. Les premiers avions ont pour mission d’éclairer et marquer la zone pour faciliter le bombardement qui va durer près de 3/4 d’heure. Les appareils sont de retour à leur base à 2 heures du matin, pendant qu’à Clermont les secours s’organisent y compris avec l’aide des pompiers allemands.
La direction de l’usine est prévenue d’un possible bombardement mais les autorités allemandes n’autorisent l’alerte que 10 minutes avec l’assaut. 19 personnes trouvent la mort sur le coup, deux autres à l’hôpital des suites de leurs blessures. Michelin établira une liste de 202 foyers touchés autours de l’usine, en particulier sur le secteur de Montferrand, soit plus de 700 personnes sinistrées. Les dégât sur l’usine sont très importants, l’objectif est donc atteint, mais malgré la précision de ce bombardement, le souffle des bombes a causé de nombreux sinistres. Les fameuses pistes sont partiellement soufflées tout comme les vitres du proche sanatorium Sabourin, obligeant le transport des patients vers l’Hôtel-Dieu.

Le temps de la reconstruction

Les deux autres chapitres 1944 Michelin sous les bombes alliées sont plus courts et consacrés d’une part à la stratégie de ce bombardement dans le but de priver les Allemands d’un site stratégique et ainsi de contribuer à la mise à mal de l’industrie du caoutchouc, d’autre part à la reconstruction et à l’oubli de cet épisode. S’il n’a fallu que 45 minutes pour détruire le site et endommager un certains nombre d’habitations, longues ont été les démarches pour obtenir les dédommagements. Michelin a évidemment fait  jouer ses droits mais l’indemnisation des victimes civiles sera plus longue, trainant parfois jusque dans les années 60 ; c’est bien connu le temps administratif est toujours très long, beaucoup trop pour les sinistrés.
L’ouvrage ouvre également la question de la forme d’omerta dans laquelle les bombardements alliés ont été plongés, peut être au profit d’un récit historique plus doux vis à vis d’une population traumatisés à bien des égards.

Hélène Saint-André, 1944 Michelin sous les bombes alliées, collection Cette année là Éditions Midi-Pyrénéennes 

Lire aussi notre article : Fin du premier grand chapitre de Cataroux

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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