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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Ukraine : la redistribution des cartes

L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche a bousculé la situation sur le front ukrainien. Et changer la donne pour Vladimir Poutine.

D’un côté, le despote russe emporté dans une guerre qu’il a provoquée et dans laquelle son armée s’est enlisée. Une guerre qu’il ne peut pas perdre mais qu’il ne parvient pas à gagner. La perspective d’un cessez-le-feu ne peut que l’arranger. A condition toutefois de sortir par le haut. Les lignes rouges qu’il a fixées sont intangibles : l’Ukraine ne doit pas rejoindre l’Otan et la Crimée doit rester dans son escarcelle. Le reste, y compris la question du Dombass, fera l’objet de négociations au cours desquelles il saura vraisemblablement tirer son épingle du jeu.

Ombre chinoise

De l’autre, un président américain qui s’est engagé à régler le conflit en deux temps-trois mouvements, à sa façon tonitruante.  « Les problèmes n’existent que si on ne leur trouve pas de solution » pourrait être le credo de celui qui ne s’embarrasse ni de préambules, ni de fioritures. Pour lui, pas question d’échouer, il en va de sa crédibilité. Dès lors, la protection de l’Ukraine- qui constituait une priorité aux yeux de son prédécesseur- ne l’embarrasse guère. L’essentiel est que les armes se taisent. Au-delà, son rapprochement avec la Russie sert un autre dessein du Floridien : celui de contrecarrer les velléités de la Chine, le seul géant susceptible aujourd’hui de faire de l’ombre à l’Amérique.

L’Europe marginalisée

Vladimir Poutine et Donald Trump ne partagent assurément pas la même vision du monde mais, en la circonstance,  l’actuelle séquence  témoigne de leurs intérêts communs. Les autres acteurs risquent dès lors d’être réduits à des rôles de figurants à l’heure où se joue la partie décisive. Y compris l’Europe dont la bonne volonté ne suffit pas à cacher le déclin sur la scène internationale, n’en déplaise à Emmanuel Macron qui tente de sauver les apparences sans y parvenir tout à fait. Quant au courageux Volodymyr Zelensky, il a symbolisé la résistance de tout un pays face à une agression brutale et à la violation du droit international… Privé de son principal soutien militaire, le voilà soudain affaibli, marginalisé, relégué au fond de la classe, presque effacé. Son avenir est bien incertain.

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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