Difficile de se situer au-dessus des débats, des querelles, des conflits, des tensions qui essaiment notre époque. Rarement en effet les sociétés occidentales ont connu un tel degré de tension et suscité des convictions qui semblent irréconciliables. La vertu intrinsèque des démocraties est, en principe, de pouvoir y débattre, s’expliquer, exprimer des idées ; or rares sont les espaces où l’on peut aujourd’hui défendre un point de vue sans susciter d’affrontement ou de polémique. Rares sont les arguments, les analyses ou les nuances à l’heure du buzz et des punchlines. Le but n’est plus de tenter de convaincre mais plutôt d’empêcher l’autre de parler. De le marginaliser, le caricaturer, le discréditer, le réduire, le ringardiser, le placer définitivement dans le « mauvais » camp.
Tous les événements et les problématiques extérieurs ou internes sont ainsi source de dissensions : l’Ukraine, Gaza, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, l’impuissance européenne, Mayotte, la question migratoire, l’écologie, l’ultra-violence, la laïcité.
Ethique et travers
Traditionnellement, le devoir d’information rigoureuse, de recul, d’approfondissement, de raisonnement était le propre de la presse. Dans les journaux, le lecteur cherchait des éclairages voire des investigations susceptibles d’enrichir ses connaissances et se forger une opinion. Le rôle du journaliste, cadré par une déontologie stricte, n’était pas de participer à la confusion des esprits ou au sectarisme ambiant mais au contraire d’opérer avec objectivité, sens critique et conscience de ses propres responsabilités. Le paysage médiatique actuel témoigne d’une toute autre réalité comme si cette profession avait accepté de faire table rase de son éthique. Et pas seulement, semble-t-il, pour des raisons commerciales.
L’exemple Aphatie
On peut, pour exemple, s’étonner des dernières déclarations de Jean-Michel Aphatie, comparant nazisme et colonisation française en Algérie, qui constituent- pour le moins- un singulier raccourci historique. Venant d’un journaliste « reconnu », elles sont d’autant plus troublantes. A croire que l’individu en question cherche davantage à jeter de l’huile sur le feu qu’à participer à un éventuel apaisement de la situation. A moins que le véritable but de ce chroniqueur ne soit de faire parler de lui.












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