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Photo Philippe Thivat
Patrimoine Tourisme

Train des viaducs : une parenthèse hors du temps au dessus des vallées de la Sioule et de la Bouble

Le weekend dernier, plus de 500 personnes ont pris place dans le train à vapeur et ses wagons historiques des années 1920 à 1960, reliant Clermont à Lapeyrouse, pour une promenade hors du temps, à la découverte des magnifiques viaducs des gorges de la Sioule et de la Bouble

Ce n’est pas dans la Delorean de Marty et du Doc que sont montés les nombreux curieux au départ de la gare de Clermont, mais bien dans des wagons à compartiments classieux, agrémentés d’un wagon bar, vous faisant découvrir les spécialités du Bourbonnais. Un vrai voyage dans le temps. « Nous avons des voitures voyageurs qui datent des années 20 jusqu’à des voitures à face lisse des années 60.
Nous sommes propriétaires de ce matériel avec l’association Train à vapeur d’Auvergne, et cela ne sert que lors de ces sorties historiques, » rappelle Antoine Bounie responsable de la maintenance du matériel, au sein de l’association.

Le Train des viaducs, convivial et culturel

Parmi ces nombreux voyageurs à bord du Train des viaducs , nous trouvons bien sur des Auvergnats et des Bourbonnais, mais aussi des personnes venues d’autres régions. « Nous devions faire le train du Morvan, mais comme il a été annulé pour raisons techniques, nous sommes venus ici pour découvrir les viaducs. Nous avons pris le train à Clermont et nous avons hâte de nous plonger au cœur de l’aventure. Nous faisons connaissance dans les compartiments, c’est très convivial et culturel », souligne ce couple de Bourgogne. « Nous venons du pays d’Henri Vincenot, écrivain, sculpteur, originaire de Dijon, dont le grand-père paternel était engagé comme mécanicien à la SNCF, dans la maintenance des locomotives à vapeur. Nous sommes très attachés à la vie du rail et nous pensons que le train devrait reprendre sa place dans la région Bourgogne », continue-t-il. À 12H05, nous arrivons à la gare de Bellenaves, pour la pause -déjeuner, agrémentée du vin de Saint-Pourçain, et de la charcuterie locale. L’occasion de croiser l’ancien et le nouveau matériel avec les TER, qui relient Clermont à Montluçon sur une ligne qui connaît une augmentation de plus 30 % de fréquentation. « Nous sommes ravis, les gens sont heureux, ils ont envie de découvrir leur territoire différemment. Il y a un point de vue autre que celui que nous pouvons avoir en voiture. Il y a des gens de différents horizons, familles, couple, personnes âgées, » témoigne Henri Barbier Président de l’association Train à Vapeur d’Auvergne. « Nous avons préparé le train dès vendredi, notamment la locomotive qui a plus de 100 ans et qui pèse plus de 150 tonnes. Il faut la nourrir, la graisser, l’huiler ; il y a donc toute une opération de maintenance importante », rappelle le président de cette association qui compte 17 bénévoles et qui est en lien avec l’association Gadeft, qui compte une dizaine de bénévoles.

Passagères du Train des viaducs et Pdt de Train à Vapeur d'Auvergne / Photos P. Thivat
Passagères du Train des viaducs et Pdt de Train à Vapeur d’Auvergne / Photos P. Thivat

Le viaduc de Rouzat plébiscité

Au cœur des 5 viaducs traversés, tous différents dans leur conception, c’est celui de Rouzat qui a suscité le plus d’émotions. Construit en 1869, d’une longueur de 180 m, dont 160 m de tablier métallique de 59m de hauteur, pour un poids d’environ 500 tonnes, ce magnifique ouvrage réalisé par Eiffel, offre une vue à couper le souffle sur la vallée de Sioule, d’où nous pouvons observer son superbe parcours. Si le viaduc du Belon, situé entre Louroux-de-Bouble et Coutansouze, construit par l’ingénieur Félix Moreaux et mis en service en 1871, se distingue par ses arches et sa vue plongeante sur le vallon, celui de Rouzat rappelle une période très festive sur les bords de la Sioule. En effet, au pied du viaduc, des guinguettes très en vogue après la guerre, permettaient aux personnes du coin, mais aussi aux Clermontois, de venir manger la friture au son d’un excellent orchestre. « Cela me rappelle forcément ma jeunesse, je venais ici tous les dimanches avec les amis pour festoyer, comme il se faisait à l’époque. Aujourd’hui, c’est la première fois que je peux voir ce viaduc d’une autre manière », livre avec émotion un habitant de Chouvigny, ancien éleveur de chèvres, et fabricant de fromages. Pour d’autres, c’est le moyen de mettre en lumière ce coin de terre et de rivière encore préservé. « Ce voyage nous permet de voir ce magnifique paysage avec encore plus d’intensité, et de s’apercevoir qu’il est important de le conserver dans son état sauvage », relate des habitants d’Ebreuil. « Pour ma part, j’aime beaucoup le viaduc de Rouzat (viaduc de la Sioule), car je le fréquente depuis que je suis tout petit, mais j’apprécie aussi celui de la Bouble qui est majestueux », relate Henri Barbier.

Voyages au dessus des vallées / Photos P. Thivat
Voyages au dessus des vallées / Photos P. Thivat

Plus de train, moins de voiture

« C’est un coin très joli, que nous ne connaissions pas du tout. Les paysages sont sublimes, et avec le soleil d’aujourd’hui, cela magnifie encore tout ce que nous pouvons admirer », exprime Loïc venu en famille de Cournon. « C’est important de soutenir une association qui se décarcasse pour faire vivre ces différents événements et maintenir du patrimoine roulant », poursuit-il. Le département de l’Allier était autrefois bien pourvu en lignes ferroviaires qui permettaient de relier les villages avant l’arrivée des voitures. « Nous avons voyagé en Suisse cet été en sac à dos, et en train. C’est un pays qui a eu l’intelligence de conserver une grande partie de son réseau ferroviaire. Ils ont gardé en état certaines lignes qui n’avaient pas une rentabilité immédiate », renseigne le jeune homme. Il est vrai qu’à l’heure où nous
prônons la mobilité douce, fermer des lignes semble quelque peu incompréhensible.
« Au travers de nos actions sur les territoires, nous incitons les personnes que nous transportons à se saisir de l’opportunité d’utiliser de ce moyen de transport, de cette itinérance douce pour se rendre au travail où partir en vacances. C’est un mode de transport agréable, et non pas une voiture où l’on va s’entasser comme tout le monde », conclut le président de l’Association Train à vapeur d’Auvergne, Henri Barbier.

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Photo Philippe Thivat
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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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