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Économie Vie publique

Restos et bistrots repassent à table

Mardi 2 juin, il sera de nouveau possible de se rendre dans les cafés et les restaurants. Avec des limites et une réglementation à respecter...

C’est triste une ville sans bistrot. Et que dire d’une cité sans restaurant ? Mardi 2 juin, après deux mois et demi de fermeture, bars, cafés, brasseries, restaurants seront enfin être autorisés à recevoir du public. Une longue séquence s’achèvera ainsi. Et pour les clients, reviendra (en partie) le plaisir de se retrouver à une terrasse, de prendre l’apéritif entre amis ou de dîner en tête à tête avec l’âme sœur. Tout un art de vivre qui nous a manqué mais que l’on n’a pas, fort heureusement, oublié.

Quelle sera la première chose que vous ferez après le confinement demandait un journaliste à quelque vedette dont le nom m’échappe ? « J’irai boire un demi à une terrasse » répondait le personnage en question. Il résumait assez bien la frustration ressentie devant tous ces établissements fermés et l’attachement des Français à leurs « petites » habitudes. Cafés et restaurants font partie intégrante du quotidien et répondent à un bien-être que l’on n’abandonnerait pour rien au monde. Selon un sondage réalisé par OpinionWay, 84% des Français comptent de nouveau fréquenter les bars et restaurants après leur réouverture. Parmi eux, 43%  le feront « comme avant » et 13% affirment même l’intention de « rattraper le temps perdu ». 28%, au contraire, pensent s’y rendre moins fréquemment. Globalement, près d’un Français sur deux (47%) déclare « être très attaché » à ces établissements.

Des clients debout, sans masques: on ne le verra pas, pour le moment- photo D.R.

Masqués et démasqués

Retrouver les établissements, c’est bien. Reste que la crise sanitaire va laisser des traces et entraîner des conséquences. Non seulement sur la situation financière de certaines petites entreprises (combien vont rester sur le carreau après ces deux mois et demi de fermeture ?) mais sur les procédures à mettre en œuvre lors de cette réouverture. Et certaines risquent de poser des problèmes tant aux professionnels qu’aux clients. Que dire, par exemple, de l’obligation partielle du port du masque ? Les clients devront rentrer masqués, se déplacer masqués, payer masqués, mais ils pourront (encore heureux) retirer le tissu lorsqu’ils seront attablés. Quant au personnel, en salle et en cuisine, il devra se dissimuler en permanence derrière l’étoffe.

« Plus optimiste »

« Un singe en hiver » rouvrira le 10 juin.

Boire un verre au comptoir reste pour le moment interdit, il faudra donc être assis pour pouvoir consommer. Un mètre au minimum devra séparer les différentes tables. Quant au plan de circulation dans les établissements, il devra être réorganisé de façon à éviter que clients et personnel ne se croisent. De quoi donner des sueurs froides à certains cafetiers ou restaurateurs. Eric Bouvet, patron du Singe en Hiver, « bistrot à hors d’oeuvre » de la place Maréchal Fayolle (à l’angle de la rue Fontgiève) se dit pourtant plutôt rassuré par la cohorte de mesures annoncées. « Je suis plus optimiste aujourd’hui que je ne l’étais il y a quelques jours. Un mètre de séparation entre chaque table, c’est beaucoup mieux que les 4 m² par client dont il avait été question. On pourra ainsi accueillir des gens à table avec une distanciation normale. La seule véritable contrainte sera le déplacement des clients avec un masque mais il s’agit d’une « petite barrière ». Pour le reste, il faudra s’adapter. » L’établissement, toutefois, ne reprendra pas son activité dès la semaine prochaine. Pour mieux s’organiser et observer la manière dont les choses se déroulent, Eric Bouvet a choisi de n’ouvrir qu’à compter du 10 juin. « J’ai consulté la météo et il doit pleuvoir à partir de mercredi. Autant se laisser le temps de mettre les choses en place. »

La Ville de Clermont va favoriser les terrasses

Fini les chaises vides- photo D.R.

Patron du Brin d’Zinc, bar de la rue de la Treille, Jean-Michel Robert se félicite de la réouverture mais en souligne aussi les limites : « L’essence même d’un bistrot, c’est la convivialité, la proximité. Ne pas pouvoir se mettre debout pour consommer reste tout de même compliqué. Mais, en même temps, nous avons des tabourets au comptoir. Alors, que faudra-t-il faire ? Heureusement, nous sommes aux beaux jours et nous pourrons utiliser pleinement la terrasse. Durant cette phase, elle devrait représenter jusqu’à 80% de l’activité. J’espère tout va s’améliorer rapidement et rentrer dans l’ordre.  » Les terrasses constitueront, en effet, un atout de premier choix pour les établissements qui en disposent. Compte tenu de la frustration générée par le confinement et de l’arrivée prochaine de l’été, elles devraient faire le plein. A Clermont, la municipalité a d’ores et déjà prévu de prendre des décisions afin de laisser les terrasses conquérir l’espace public, lorsque c’est possible. Les dispositions précises seront présentées ces prochains jours. Au-delà de la forte demande de la population, il en va de la pérennité de certains établissements…

Ça va de nouveau chauffer dans les cuisines- photo D.R.

 

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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