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Carrière d'exploitation de la pierre de Volvic Photo Archives départementales
Photo Archives départementales
Histoire Patrimoine

La pierre de Volvic a aussi conquis Paris

C'est peu connu mais la pierre de Volvic a aussi été utilisée comme matériau de construction à Paris. Une conférence de Gwenn Gayet-Kerguiduff retrace comment se matériau local s'est retrouvé en Ille-de-France.

Pour bien des Auvergnats, la pierre de Volvic est avant tout le matériau de construction emblématique du centre historique de Clermont-Ferrand — dont la cathédrale est surnommée la « Cathédrale des charbonniers » — et du centre ancien de Riom. Mais ce que l’on ignore souvent, c’est que ce matériau a fini par s’exporter jusqu’à Paris.
La pierre de Volvic est une trachy-andésite issue des coulées de lave du puy de la Nugère. Sa légèreté, sa grande résistance à l’écrasement et son insensibilité aux intempéries (elle ne s’effrite pas) sont autant de spécificités qui ont fait son succès dans ce que l’on n’appelait pas encore le BTP.
Dans la capitale, ce produit auvergnat a été utilisé pour les trottoirs, la construction des quais de Seine, l’édification de la Halle aux vins, ainsi que pour certains immeubles haussmanniens et les fontaines de la place des Vosges.

L’influence déterminante de Gilbert Joseph Gaspard

Pourquoi la pierre de Volvic a-t-elle été utilisée à Paris, alors que la ville ne manquait pas de carrières à proximité ? Tout simplement parce que, de 1812 à 1830, le préfet de la Seine était un certain Gilbert Joseph Gaspard. Ce haut fonctionnaire polytechnicien, né à Riom, était également comte de Chabrol-Volvic et propriétaire de terrains d’extraction. Si l’on y verrait aujourd’hui un conflit d’intérêts, cette situation a permis à l’époque de booster l’économie auvergnate.
Cette dynamique a notamment profité à la célèbre entreprise de la famille Brosson-Baudusson, qui a pu exporter son savoir-faire, mais aussi aux entreprises de transport fluvial. La pierre était en effet acheminée vers l’Île-de-France sur des radeaux, depuis Pont-du-Château jusqu’au quai de la Rapée, via l’Allier, la Loire, le canal de Briare, le Loing et la Seine.

Une chercheuse reconstitue l’histoire de la pierre de Volvic

Curieusement, les tribulations de la pierre de Volvic à Paris sont restées méconnues jusqu’à ce que Gwenn Gayet-Kerguiduff, ingénieure de recherche au ministère de la Culture et chercheuse au Centre d’Histoire de l’Université Clermont Auvergne, n’explore les archives, notamment celles du département du Puy-de-Dôme.
Pendant près de quatre ans, ses recherches ont permis de reconstituer cette épopée. Cette histoire est aujourd’hui dévoilée lors d’une conférence à l’initiative des Archives départementales, visant à mettre en lumière des documents inédits et à mieux faire connaître le patrimoine puydômois.

Volvic : quand la pierre raconte le territoire, conférence de Gwenn Gayet-Kerguiduff, jeudi 5 mars 2026 à 18h30, aux Archives départementale, 75 rue de Neyrat à Clermont.  Manifestation gratuite sur inscription au 04 73 23 45 80.  Plus d’infos sur archivesdepartementales.puy-de-dome.fr 

Document ; Archives départementales 63
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