Vient Noël imparablement, ce temps auquel nul n’échappe tout à fait, quels que soient son âge, sa condition, son humeur, sa situation familiale, son compte en banque, son environnement, son éventuelle solitude, son emploi du temps, sa foi ou son incrédulité et tutti quanti. Difficile, en effet, de passer à côté tant la fête s’impose et se répand dans les rues des villes, les vitrines des magasins, derrière les fenêtres parfois, sur les antennes des médias ; tant elle constitue un « événement » à part dans le calendrier, au beau milieu des nuits les plus longues de l’année. Elle est patiemment organisée et mise en scène avec solennité, selon un scénario qui se répète année après année.
Au-delà des apparences
Si Noël n’est pas tout à fait une fête comme une autre, c’est qu’elle déborde largement de ses fondements religieux ou de ses aspects commerciaux, de son exubérance matérielle ou de son caractère familial. Elle véhicule une cohorte d’émotions diffuses, d’impressions, d’odeurs, de relents, de décorum et de passages obligés, de retrouvailles et d’absence, de bonne table et de moments dûment partagés.
Les fantômes qui traînent
Ce n’est pas qu’on aime Noël ou qu’on ne l’aime pas ; probablement les deux à la fois et il faut faire avec ce paradoxe sauf à se débarrasser de toute attache avec ses proches voire de tout contact social. Coup de blues ou satisfaction raisonnable, mélange d’enthousiasme et de souvenirs, de joies et de mélancolie, d’images lumineuses et d’ombres insidieuses, au carrefour des générations, des morts et des vivants, des illuminations et de la froidure de l’hiver, tandis qu’une nouvelle année s’achève, Noël est ainsi source d’impressions mitigées, de contrastes, de nuances, de réserves, d’entremêlements. D’images et de rendez-vous qu’on ne veut pas manquer malgré tout et quoi qu’il en soit. C’est une fête en clair-obscur ou peut-être en contre-jour.
Marc François











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