Le budget de la sécurité sociale adopté : toujours plus d’impôts, toujours plus de déficit, l’exemple même de gouverner à la petite semaine, sans trop se préoccuper des conséquences de ses choix. Mais pour certains, l’essentiel n’est-il pas de veiller à son propre confort et de conserver son fauteuil de député ? En choisissant d’enfouir la poussière sous le tapis, l’assemblée nationale est en train d’organiser une future récession plutôt que de tenter de remettre le pays sur les rails. Il est vraisemblable, toutefois, que les gagnants de la séquence soient les perdants des prochaines joutes électorales. Comment expliquer aux électeurs que l’on s’oppose lorsqu’on ne cesse de venir à la rescousse d’un pouvoir chancelant ? Comment critiquer lorsqu’on multiplie les petits accords ? Comment justifier des choix qui ne correspondent pas aux idées que l’on défend ?
Alliances de circonstance
A ce petit jeu, les Républicains pourraient bien porter le pompon. Ils n’ont cessé de fustiger les dérives des finances publiques mais ont finalement servi de béquille au gouvernement. En fait, les voilà écartelés, dans une guerre des chefs entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez. Quand l’un parle ou agit, l’autre, naturellement, prend le contre-pied.
Il y a longtemps qu’il n’existe plus de véritables « macronistes », ils ont déguerpi devant l’impopularité-record du chef de l’Etat. Pour les ex-suppôts du chef de l’Etat, donc, qu’importe s’ils ont dû fouler au pied la seule réforme conséquente conduite ces huit dernières années et céder aux désiderata des socialistes.
Enfin, ces derniers se félicitent d’avoir remporté des victoires « sociales » mais il est peu probable que leur stratégie soit adoubée par l’électorat de gauche.
Dividendes
Le vrai jackpot pourrait bien tomber cette fois dans l’escarcelle du Rassemblement National, resté droit dans ces bottes durant cette séquence et pour qui les étoiles semblent pour le moment alignées, tandis que les Insoumis comptent aussi leurs gains. Dans le même temps, Emmanuel Macron peut se féliciter d’avoir misé sur le bon cheval : en l’occurrence sur Sébastien Le Cornu, dont la méthode a porté ses fruits. Le dernier des fidèles est prêt à sacrifier son avenir politique pour se porter au chevet de son mentor. Mais l’on sait aussi qu’en politique, tous les revirements de situation restent possibles.
Marc François









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