Nicolas Sarkozy, bouc émissaire d’une justice partisane ? Héros malmené d’une droite terrorisée par la bienpensance ? Le court passage de l’ancien président de la République à la case prison aurait-il fait de lui une figure sacrificielle ? Il a en tout cas déchaîné les réactions de toute part. Hostiles lorsqu’elles provenaient d’adversaires politiques haineux transformés en procureurs ou en donneurs de leçons ; ou bien frôlant l’idolâtrie quand il s’agissait de partisans invétérés de l’ex chef de l’Etat voyant en lui leur champion persécuté. Celui qui, au début de ce siècle, incarnait une droite décomplexée, une sorte d’anti-Chirac, a toujours, il est vrai, attisé les sentiments contradictoires et exacerbé les passions. « Le petit Nicolas » ne laisse pas indifférent, ses nombreux démêles avec la justice l’ont encore prouvé.
Esprits revanchards
En toute objectivité, l’incarcération de Nicolas Sarkozy, sous principe d’ « exécution provisoire », avant-même le déroulement de l’appel, a pu paraître exagérée, voire choquante surtout quand la justice, en d’autres circonstances, se révèle particulièrement laxiste. Le possible « trouble à l’ordre public » invoqué ne trompe personne. La décision, en l’occurrence, ressemblait bien à un règlement de comptes et démontrait une volonté d’humiliation face à un homme politique dont le visage était affiché sur le fameux « mur des cons ». Cela ne doit pas faire oublier son bilan assez médiocre lorsque, durant cinq ans, il occupa le Palais de l’Elysée et les Français, qui ne l’ont pas réélu, en eurent bien conscience. Quant à son innocence dans les nombreuses affaires qui le concernent, elle reste évidemment à démontrer. Son statut de souffre-douleur ne fait pas pour autant de lui un personnage au-dessus de tout soupçon.
Tapis vert
En marge de cette affaire, qui doit trouver son prolongement devant la cour d’appel, son ancienne adversaire à l’élection présidentielle de mai 2007, a trouvé le moyen de se ridiculiser. L’ineffable Ségolène Royal a ainsi estimé qu’elle aurait dû être élue a posteriori et de façon symbolique. Un peu comme un coureur du Tour de France récupérant le titre après le déclassement du vainqueur pour dopage. Qui d’autre qu’elle y aurait pensé ?
Marc François








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