Rencontrer Mathilde Lazarko est une source de tranquillité, tant cette athlète de 26 ans dégage une sérénité que l’on apprécie partager. Sportive de haut niveau, elle n’oublie pas ses racines et aime rappeler que son premier entraîneur, José, est toujours son premier soutien depuis ses débuts à Montaigut. « Il m’envoie des messages, il est souvent là lors des matchs. C’est important pour moi », témoigne-t-elle.
Une personnalité apaisante et bienveillante
Mathilde est une personne sur qui l’on peut compter, profondément attachée à certaines valeurs. Un héritage qu’elle tient certainement de ses parents, que l’on croise toujours avec plaisir au stade Michel-Brun, à Romagnat. Cette bienveillance ne l’empêche pas de dire ce qu’elle a à dire sur le terrain, mais toujours de façon posée et constructive. « C’est mon caractère. Je n’aime pas laisser paraître mes émotions sur le terrain. Je pense qu’il est important de garder son calme et de trouver des leviers qui nous permettent d’avancer. Et puis, j’arrive mieux à écouter quand on ne me crie pas dessus », sourit-elle.
Du calme, il en a fallu face au Stade Villeneuvois pour venir à bout de cette équipe de Lille (24-10) et composer avec des éléments météorologiques capricieux. « On savait où nous mettions les pieds face à cette équipe vaillante et hargneuse. Mais nous avons su ramener ce que nous étions venues chercher. Il faut savoir gagner ce genre de rencontres, ce que nous n’avions pas su faire ici il y a trois ans », précise la capitaine. Une preuve que le groupe a mûri et sait faire front face à l’adversité. « Il faut prendre chaque situation, bonne ou mauvaise, de manière constructive et s’appliquer à corriger ce qui n’a pas été », poursuit-elle. Ce match contre Lille fut aussi l’occasion d’effectuer quelques rotations et de constater l’importance du travail de ce groupe élargi.
Bordeaux : un autre gros morceau
Défaites 26 à 15 sur leurs terres lors du match aller, les championnes de France en titre viendront en terre arverne avec l’intention de laver cet affront — un revers qui avait lancé la superbe saison des protégées de Vincent Fargeas et Fabrice Ribeyrolles.
« J’espère qu’elles se souviennent du match aller. Cette rencontre a été fondatrice pour nous, mais elle a aussi envoyé un message aux autres formations. Je souhaite que ce match soit à la hauteur de l’événement et que nous assistions à un grand moment de rugby », analyse Mathilde Lazarko.
Bordeaux est une équipe complète, capable de punir la moindre faute adverse. Il faudra être extrêmement concentré pour franchir cet écueil, car cette fois, ce sont les Bordelaises qui sont dans la position du chasseur. Mais les “Jaune et Bleu” ont des atouts : une défense de fer, une conquête efficiente et des individualités capables de faire basculer le score. « Nous devrons être très disciplinées et éviter de leur rendre des ballons. C’est malheureusement ce que nous avons fait en seconde période contre Toulouse, où nous avons laissé filer la victoire », relate la talonneuse, impatiente de fouler la pelouse du Michelin.
Avec ses neuf essais, Mathilde met en avant le travail collectif sur les ballons portés orchestré par Vincent Fargeas. « Aujourd’hui, j’ai plus confiance en moi, ce qui n’a pas toujours été le cas. Il faut savoir se remettre en question pour avancer. Si je peux apporter cette sérénité sur le terrain, c’est positif pour le collectif. »
En dehors du terrain, le rugby occupe une grande partie de son quotidien. « Entre mon travail à la Ligue et les entraînements, le rugby est omniprésent. J’aime lire, jouer aux jeux vidéo et profiter des paysages auvergnats quand j’en ai le temps », confie-t-elle.

L’équipe de France en ligne de mire
« Cette année, Mathilde est en train d’exploser. Elle fait figure de titulaire potentielle à son poste en équipe de France », nous confiait récemment Fabrice Ribeyrolles. Par sa précision et son efficacité, l’Auvergnate a logiquement tapé dans l’œil du nouveau sélectionneur, François Ratier.
« Le sélectionneur a une idée très précise du jeu qu’il veut mettre en place. Lors du stage, nous avons beaucoup travaillé les attitudes au contact, les passes, le plaquage… tous ces détails qui lui tiennent à cœur. Il donne leur chance aux nouvelles joueuses — nous étions 16 non-capées — tout en restant focalisé sur la performance », explique Mathilde.
Après une Coupe du Monde décevante, l’envie est de tourner la page. « De l’extérieur, je pense que des joueuses comme Alexandra (Chambon), Yllana (Brosseau), ou Assia (Khalfaoui) ont envie de passer à autre chose. Le projet de jeu était-il en adéquation avec le potentiel de l’équipe ? C’est une question que l’on peut se poser », conclut Mathilde Lazarko, qui salue au passage l’apport des recrues du club, très impliquées et apportant ce supplément de confiance nécessaire pour viser les sommets.
Mathilde Lazarko espère bien faire tomber les championnes de France du Stade Bordelais, déterminées à s’imposer au Stade Marcel-Michelin, ce samedi 28 février 2026 à 16h45.














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