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Le conseil d'administration des Amis du Vieux Clermont © Michel Ungar
Histoire Week-End

Les Amis du Vieux Clermont entretiennent la mémoire de l’histoire

L'association a soixante ans et traverse les générations clermontoises. Et elle a, tout à la fois, le goût de la petite et de la grande histoire.

Les Amis du Vieux Clermont poursuivent leur histoire. Un beau périple, en réalité, débuté au cours de l’année 1957, dans le sillage du sémillant Aimé Coulaudon. “A l’époque, les membres se réunissaient dans un bistrot, en l’occurrence le café Brousse de la rue Ballainvilliers. Et ils levaient bien le coude. Aimé Coulaudon avait l’habitude de dire qu’un escalier était plus facile à monter qu’à descendre” explique Anne-Sophie Simonet, l’actuelle présidente de l’association. Si les réunions mensuelles de la structure sont désormais plus sages et se déroulent au 22 rue Gabriel-Péri, dans un local mis à la disposition par la ville de Clermont, l’association tient à conserver son esprit convivial. “C’est dans nos gènes” assure la présidente, chargée d’animer et de représenter ce “club” aujourd’hui formé par quarante cinq membres. Anne-Sophie Simonet, dont les chroniques historiques pour 7 Jours à Clermont ne passent pas inaperçues, cultive aussi le sens des formules. “Au sein des Amis du Vieux Clermont, nous conjuguons le passé au présent sans avoir peur du futur antérieur…”

Vulgarisation et mise à disposition

Etienne Raiga-Clemenceau lors de la pose de la plaque du général Mordacq / © A.-S. Simonet

L’association s’est donnée pour mission de vulgariser et de mettre à disposition du public l’histoire clermontoise et celle de sa région. Une vocation qu’elle exerce régulièrement à travers des conférences. “Nous nous intéressons à la petite et à la grande histoire, aux histoires de l’histoire” explique la présidente. Ainsi le 14 avril, la prochaine sera-t-elle consacrée à l’exposition Clermont, des origines à nos jours réalisée par Jean-Claude Claval. Le 12 mai, Jean-Louis Amblard évoquera l’ASCOT, association de sauvegarde des côtes de Clermont. Volontiers bucoliques quand vient l’été, les Amis du Vieux Clermont se rendront au mois de juin à l’abbaye de Mègemont. Plus tard dans la saison, il sera question du marché Saint-Pierre, puis des relations entre Clermont et Montferrand, ex-frères ennemis, ou encore de l’histoire des Économats du Centre.

La revue revient

Longtemps interrompue, la publication de la revue annuelle de l’association, intitulée Vieux Clermont, a repris, sous la houlette d’Anne-Sophie Simonet. “Le numéro 34 de la revue est paru au mois de mai 68. Le numéro 35 a attendu 2015, moment où nous avons relancé la publication” explique-t-elle. “Aujourd’hui, j’aimerais bien changer le titre qui n’est pas très favorable au moment de solliciter des annonceurs.”

Pour sa part, le prix Aimé-Coulaudon, remis conjointement avec la confrérie Les Compagnons du Bousset d’Auvergne, récompense, tous les cinq ans, un auteur ou un artiste dont l’oeuvre permet à la région de rayonner. Jean Anglade, en 1976 (pour Une pomme oubliée), en fut le premier récipiendaire. Et en 2018, Slobo était à son tour récompensé en tant que dixième lauréat.

Slobo a reçu le dernier prix Aimé-Coulaudon/ © Danielle Cartier

Du général Mordacq à Fernand Raynaud

L’association aime aussi à défendre la mémoire de ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont marqué la vie locale. En remettant chaque année un prix Fernand-Raynaud, lors du Festival du Court-Métrage, elle souhaite rendre hommage à celui qui, dans les années 60-70, a fait rire la France entière. L’an passé, l’association a entretenu, ou peut-être restauré, le souvenir du Général Henri Mordacq.  Ce militaire, écrivain et stratège, fut blessé et gazé durant la première guerre mondiale avant de devenir le chef de cabinet militaire du président du Conseil Georges Clémenceau. Fustigeant le pacifisme en assistant au réarmement de l’Allemagne durant l’entre-deux-guerres, Mordacq se suicida (officiellement) en 1943. “Nous avons bataillé pour la mémoire de ce Clermontois qui fut, en fait, redécouvert par le chercheur amateur Jean-Paul Fontanon. Et à l’automne dernier, une plaque commémorative a été apposée dans sa rue natale…” souligne Anne-Sophie Simonet. Le hasard (mais le hasard existe-t-il?) veut que cette rue, baptisée jadis de l’Hôtel Dieu, soit désormais la rue Georges-Clémenceau, l’homme dont Mordacq fut proche. Un clin d’œil à l’histoire  bien dans l’esprit des Amis du Vieux Clermont qui se nourrissent tout autant d’anecdotes que de hauts faits.

Dimanche 14 avril à 10h : conférence de Jean-Claude Claval autour de l’exposition “Clermont des origines à nos jours”, 22 rue Gabriel-Péri à Clermont. Plus d’informations sur: amisduvieuxclermont.monsite-orange.fr

 

 

L’inauguration de la plaque Mordacq pour le centenaire de l’armistice.

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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