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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

L’éloge de la lenteur

Toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus facilement : c'est le crédo de notre société. Seule, désormais, l'automobile doit échapper à cette tendance. Elle, ne cesse de ralentir...

Pas une fraction de seconde à perdre dans ce monde livrée à l’hyper-technologie et aux satellites. La 5G s’apprête à débarquer qui nous assurera, dit-on, des vitesses de connexion ultra-rapides. Cela ne changera évidemment en rien le quotidien des citoyens mais le marché est gigantesque. Et l’on ne résiste pas à la pression des opérateurs.

Le temps, c’est de l’argent mais c’est aussi un capital épuisable dont bénéficient les êtres vivants. C’est la raison qui incite à se hâter, par exemple dans les nombreux déplacements que nous effectuons. Dans le monde entier, les trains à grande vitesse se développent, histoire de rejoindre le plus vite possible un point à un autre. Et, en France, il n’y a guère que la région Auvergne qui n’en soit dotée.

Un phénomène paradoxal

Il n’existe qu’un seul domaine, en fait, pour lequel nos responsables se livrent à un éloge de la lenteur. Paradoxalement, il se trouve que ce cette invention majeure, symbole originellement d’indépendance et de liberté individuelle, fut réalisée au nom de la vitesse. Voilà quelques années déjà que l’on nous serine qu’en matière automobile « la vitesse, c’est dépassée ». Des apparitions des premières limitations, en 1973, jusqu’à nos jours, le seuil n’a cessé d’être abaissé, mouvement allant de pair avec un renforcement des contrôles routiers, la multiplication des radars de toutes sortes et une répression de plus en plus sévère. Le tout sur l’autel de la sécurité routière. Pendant ce temps, le nombre des voitures n’a cessé d’augmenter, correspondant à un modèle jusqu’ici préconisé.

Les voitures-escargots

Demain, les automobiles iront-ils à la vitesse des vélos ? Ce qui les rendra évidemment caduques. Ce sera en tous cas une réalité dans un certain nombre de villes françaises, y compris Clermont qui va donc abaisser la vitesse maximale à 30 km/h là où elle était jusqu’ici fixée à 50 km/h. Olivier Bianchi succomberait-il à une « Hidalgomania » ? Souhaite-t-il caresser les « écolos bobos » dans le sens du poil ? Ou est-il vraiment convaincu des vertus écologiques d’une telle mesure qui restent discutables ? Probablement, en suivant cette tendance, le maire de Clermont se sent-il dans l’air du temps.

Un urbanisme conçu pour l’auto

Ce qui est certain, c’est que le XXe siècle a dessiné des villes à la mesure de l’automobile, que les voies de circulation et l’urbanisme dans son ensemble ont été conçus pour un mode de vie désormais fustigé par beaucoup. Bref que les grandes cités, actuellement en phase de transition, vont devoir se réinventer si elles demeurent hostiles aux véhicules à quatre roues. Un sacré défi pour les urbanistes de demain dont certains rêvent de « villes à la campagne ». Une utopie, évidemment…

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • D’ici la fin de l’année, il faut donc s’attendre à voir de nombreux automobilistes frustrés faire un doigt d’honneur aux usagers de trotinettes électriques et autres.
    Et pendant ce temps, l’entreprise Akylone à Saint-Yorre ouvre son capital à de nouveaux investisseurs pour le développement de son hypercar de 1200 chevaux.
    Allez comprendre !…

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