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Photo Fanny Reynaud.
Edito

Le téléspectateur ou le dindon des fêtes de fin d’année

Pour échapper à la nullité des programmes en cette fin d'année, il suffit de ne pas regarder la télévision. Cela ne vous empêchera pas, toutefois, d'avoir à payer la redevance...

Vous regardez assidûment la télévision? Alors la fin d’année est le bon moment pour acheter des livres ou, peut-être, des DVD… En période de fêtes, en effet, les programmateurs-télé- qui n’ont pas inventé la poudre et ne sont pas des foudres de guerre- rivalisent de conformité et de médiocrité. A croire que les uns copient sur les autres. Ils partent du principe que le petit écran, durant cette séquence de l’année, se regarde nécessairement en famille. Il faut donc, à leurs yeux, privilégier la bonne humeur. Et souvent la stupidité.

Indigence cathodique

Voilà donc servis, entre chocolats et marrons glacés, les habituelles et indigestes rétrospectives, les insupportables zappings, ce qui permet évidemment de ne pas avoir à se creuser les méninges. Sans compter sur les films vus et revus, Noël après Noël. Sur le plan de la vacuité des programmes, la fin d’année n’a d’égale que les vacances d’été, moment au cours duquel l’indigence cathodique vous fait sérieusement regretter votre abonnement et même votre redevance.  Le plus navrant est qu’aucune chaîne digne de ce nom n’ait songé à prendre le contre-pied, ne serait-ce que pour se singulariser. A Noël, vraiment, le téléspectateur est un dindon.

Mâles dominants

Aperçu sur un hebdo TV, largement diffusé avec la presse quotidienne, un sondage « exclusif » sur les présentateurs préférés des Français! On imagine que les animateurs sont dans leurs petits souliers au moment de la diffusion de ce genre d’enquête, leur « valeur marchande » étant tributaire de leur popularité. Le trio de tête indique, donc: Michel Cymes, inévitable « Monsieur santé », Nagui et Jean-Luc Reichmann. Ne trouvez-vous pas que les trois se ressemblent? La cinquantaine, voire la soixantaine, ils pratiquent l’humour et rassurent la ménagère sans indisposer le mari. Ce sondage, sans grand intérêt, doit faire venir des boutons à la sectaire Delphine Ernotte qui voulait priver d’antenne les mâles blancs de plus de 50 ans (à part Laurent Ruquier, évidemment, parangon du politiquement correct). Apparemment, ces présentateurs d’âge mûr sont encore les mâles dominants…

Le goût de sang

Sur les écrans de télévision pullulent les émissions consacrées aux meurtres et aux faits divers. Ce goût pour les événements macabres a sans doute de quoi interroger sur la nature humaine. L’ attirance pour les faits criminels n’a toutefois rien de surprenant puisqu’elle a fait aussi le succès des polars au cinéma et dans la littérature. Ces programmes sont bâtis selon la  même architecture: un chapeau d’ouverture, où d’ailleurs l’intrigue est plus ou moins dévoilée,  puis un déroulement chronologique des faits, incluant la conclusion judiciaire. Dans ce registre, toutefois, on peut détacher les bonnes et les moins bonnes émissions. Non Élucidé ou Faîtes entrer l’accusé font figure de Rolls quand Crimes, diffusé le lundi par la chaîne NRJ12 et présenté par Jean-Marc Morandini (ça ne s’invente pas…), porte assurément le bonnet d’âne.

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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