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Laurent Mathoux / Photo Patrick Foulhoux
Laurent Mathoux / Photo Patrick Foulhoux
Culture

Laurent Mathoux : roman en immersion à Saint-Jacques

Surfant sur une actualité des plus sensibles, le nouveau roman de Laurent Mathoux, "Les Petits Princes de la cité", se révèle être une histoire d’amour pour le moins… mouvementée.

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L'Essentiel

Le nouveau roman de Laurent Mathoux, "Les Petits Princes de la cité", se concentre sur des adolescents en difficulté, s'inspirant de son expérience en tant que professeur auprès de ce public.

L'intrigue se déroule principalement à Saint-Jacques, un quartier marqué par le trafic de drogue, tout en montrant une diversité de personnages issus de milieux variés, y compris une fille gitane et un garçon palestinien.

Enfin, le livre se termine de manière inattendue, en mettant en avant une histoire d'amour complexe, tandis que des QR codes intègrent une bande-son pour enrichir l'expérience de lecture.

Comme à chaque fois, et ce huitième roman n’échappe pas à la règle, l’auteur auvergnat Laurent Mathoux raconte l’histoire d’adolescents aux parcours compliqués : « Effectivement, je mets toujours en scène des adolescents cabossés en perte de repères. J’étais professeur auprès de ce type d’ados, ils ont largement inspiré les personnages de mes livres. »

De Thiers à Saint-Jacques

C’est devenu un gimmick chez Laurent Mathoux, d’une façon ou d’une autre, ses personnages ont un lien avec Thiers. « J’y suis très attaché. Tout comme je suis attaché à Clermont aussi. Pour écrire un roman noir, Thiers est la ville idéale avec son architecture, sa configuration, ses personnages pittoresques, lacoutellerie, etc. »
Mais si ce nouveau roman se partage entre Thiers et Clermont, l’intrigue se déroule principalement à Saint-Jacques, autour du point de deal. « Dans le cadre de mon métier, j’ai arpenté le quartier six ans d’affilée avec des lycéens qui passaient des CAP dans le bâtiment. Je balayais l’histoire du logement social en partant de la Muraille jusqu’au cimetière. Saint-Jacques est vraiment au centre de l’histoire. Le quartier a inspiré le livre. Au fil du temps, j’ai vu le trafic de drogue prendre de l’ampleur. Ce qui me surprend, c’est à quel point c’est durablement installé. Ça donne vraiment l’impression d’être structuré comme une entreprise. Je ne sais pas à quel point ça l’est. Je pense même que je suis en dessous de la vérité, surtout par rapport à la violence subie par les ados dans ce milieu. » Si le narcotrafic sert de toile de fond, l’histoire reste assez soft dans l’ensemble avec des personnages pas forcément sympathiques, mais jamais vraiment exécrables non plus.

Laurent Mathoux et les adolescents en rupture

Comme à chaque roman de Laurent Mathoux, il y a toujours une histoire de voyage sous-jacente. Lors de son tout premier livre, le personnage principal convoyait une voiture à travers l’Afrique, à l’occasion d’un autre, le héros allait en Europe de l’Est. Cette fois, le trajet est beaucoup plus court, entre Thiers et Clermont. « J’ai besoin d’avoir des personnages qui bougent. C’est ce que j’aime dans la littérature ou au cinéma, l’idée du mouvement, du road trip. Mais j’aime aussi les huis clos tragiques. » Les cinq personnages principaux, les cinq Petits princes, quatre gars et une fille, viennent de milieux très différents. « La fille d’origine gitane a été détachée de sa famille à l’âge de six ans. Le petit Palestinien qui vit à Royat est issu d’une famille aisée. Quand on se retrouve dans la situation dans laquelle se trouvent mes personnages, c’est qu’il y a eu une rupture à un moment. C’est ce qui arrive au petit Palestinien notamment. Son seul désir est de retourner à Gaza au plus vite. »

Une histoire d’amour

La fin du livre est surprenante. Où l’on attendait un épilogue heureux, ça tourne vinaigre. « Le sujet, c’est avant tout une histoire d’amour entre deux personnages et je ne m’explique pas pourquoi, je ne voulais pas que cela se finisse bien. C’était peut-être dû à mon état d’esprit au moment de l’écriture. Là, par exemple, tout va bien sur le plan affectif, peut-être que si j’écrivais le livre aujourd’hui, la fin serait plus joyeuse. »

Livre 2.0

Tous les romans de Laurent Mathoux ont la particularité d’être accompagnés de musique grâce à des QR codes renvoyant à une sélection de morceaux faisant office de bande-son. Ce qui n’a rien de surprenant de la part du chanteur des Flying Tractors qu’il est. « Parfois, je mets des morceaux qui collent à l’action, à l’histoire.
Dans le cadre de mon boulot, les ados me faisaient découvrir ce qu’ils écoutaient. Je n’ai pas forcément mis des sons que j’aime, mais plutôt des musiques qui marquent l’action. J’ai été nourri aux disques Phillips, j’adorais ça, les histoires à écouter. Je suis profondément attaché à cette idée de livre disque Phillips 2.0. »
Ainsi est le dernier roman d’aventures picaresques de Laurent Mathoux, roman qui se déroule à nos  portes, juste là, devant chez nous.

Les Petits Princes de la cité / éditions RevoirLes Petits Princes de la cité, Éditions Revoir, 221 p, 18 €

Dédicaces  à la Librairie Les Volcans, samedi 14 juin de 15h à 18h30

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À propos de l'auteur

Patrick Foulhoux

Journaliste et grand amateur de musique rock, Patrick Foulhoux a collaboré pendant de nombreuses années avec des magazines consacrés à la musique (Rollling Stone, Rock Sound, X-Rock...) et des titres de la presse de territoire. Sa passion pour le Rock l'a conduit à devenir directeur artistique de labels, tourneur, manager, organisateur de festival et écrivain.

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