L’exposition présentée actuellement chez Louis Gendre & Ko est un événement d’envergure internationale. La galerie chamaliéroise, en collaboration avec la galerie parisienne Lelong, présente pour la troisième fois, des œuvres de David Nash, artiste britannique né en 1945, vivant actuellement au Nord du Pays de Galles. Membre de la Royal Academy depuis 1999, son œuvre est très largement représentée dans les principaux musées d’Europe, d’Amérique, d’Australie et du Japon. Il a déjà fait l’objet de plusieurs expositions rétrospectives. Réalisant également des œuvres in situ dans des parcs de sculptures, sa collaboration avec le Domaine de Chaumont-sur-Loire a été particulièrement remarquée.
Laisser faire la nature
David Nash qui est un dessinateur hors pair, utilise le crayon, la craie et le pochoir, mais il excelle dans la sculpture sur bois, un art auquel il s’est très vite intéressé, attiré par les formes des arbres. « Plutôt que d’élaborer une idée et d’essayer de trouver la pièce adéquate, je me suis toujours laissé séduire par le matériau. Tout me vient de lui, de sa forme et de son essence” avait-il déclaré à Marie Maertens journaliste de Connaissance des Art.
Qui dit arbre, dit outils identiques à ceux des jardiniers et des bûcherons qui sont, finalement, assez peu communs dans les ateliers des plasticiens. David Nash se sert de scies, de haches, de tronçonneuses, mais aussi du feu et de l’eau. Parfois, il préfère ne pas intervenir, laissant faire la nature faire évoluer ses sculptures au fil des saisons. Avant de les transformer, il plante et élève ses arbres, travaille sur leur forme et donne le temps nécessaire à l’évolution naturelle qu’il juge aussi importante que ses interventions avec outils. Comme dans l’ancienne culture chinoise, il considère le bois en tant que cinquième élément, et laisse faire les quatre autres : la terre nourricière, l’air séchoir naturel, l’eau et le feu pour donner une patine inimitable.
Mais David Nash est trop amoureux des arbres pour utiliser des sujets auxquels il ôterait la vie. Selon lui, ils possèdent une capacité à communiquer entre-eux, à avoir une vie sociale, à se contenter de peu tout en donnant beaucoup. Comme les humains, les arbres suivent un cycle de vie et seuls ceux arrivés à leur crépuscule sont retenus pour de nouvelles créations. Et puis, il y a les vivants auxquels il ne touche pas, préférant les coucher sur papier.

Simplicité des traits et des formes
L’exposition David Nash présentée actuellement à la galerie Louis Gendre permet de découvrir un mix de sculptures et d’œuvres sur papier réalisées en tirage limité au pochoir ou à l’unité avec des pigments. Toutes ont le même point de convergence, l’arbre, figé dans la représentation à plat d’un instant de vie ou en volume après une résurrection artistique. Toutes ont également ce même traitement à minima. La pureté des lignes, la simplicité des traits évanescents ou l’homogénéité du rendu du bois carbonisé, offrent une incroyable force à l’ensemble. Une fois de plus, le principe du “less is more” apporte la preuve de la nécessité de se libérer du superflu. David Nash l’a compris depuis bien longtemps alors que paradoxalement rien n’est plus complexe que le feuillage d’un arbre.
Exposition David Nash, jusqu’au 26 juillet 2025, galerie Louis Gendre & Ko , 7 rue Charles Fournier à Chamalières. Ouverture du mercredi au vendredi, de 14h à 20h et le samedi de 10h à 18h.














Commenter