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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

L’Amérique, du rêve au désamour

L’anti-américanisme est aujourd’hui répandu en France. Il est politique, sociologique et souvent irrationnel. Cela n’empêche pas l’intérêt pour la prochaine élection présidentielle US du 5 novembre.

Les Français adorent détester les Américains, les rendre responsables des errances du monde. Est-ce de la jalousie, une propension manifeste à honnir les puissants, les riches, les bien portants ? A préférer les seconds couteaux aux premiers de la classe ? Le soutien précieux et indispensable des « yankees » durant les deux conflits mondiaux n’a pas suffi à les rendre durablement populaires. On leur prête alors des intentions douteuses- s’ils étaient venus à notre rescousse, ils y trouvaient forcément quelque intérêt. C’est oublier tout de même les milliers d’Américains tombés pour nous. Réprouver l’Oncle Sam, délibérément ou à demi-mot, est évidemment une façon de fustiger les démocraties occidentales dans leur ensemble. Une disposition à la base de l’idéologie wokiste qui imprègne nos sociétés pour mieux les déconstruire et ne s’embarrasse ni de nuances, ni de faits historiques. Le paradoxe est que ces préjugés sont nés… aux Etats-Unis, comme tant d’autres modes ou courants depuis le début du XXe siècle.

Zoom sur Washington

Dans le même temps, il est frappant de constater que, tous les quatre ans, l’élection présidentielle américaine passionne a minima les médias français, peut-être parce que rien de ce qui se joue outre-Atlantique ne nous est tout à fait étranger. La prochaine, n’échappera pas à la règle : émissions spéciales, directs depuis Washington, interventions multiples de spécialistes ou de personnalités politiques, articles et reportages fleurissant dans les colonnes des quotidiens et des magazines vont se succéder dans les prochains jours.

Confrontation

A priori, au vu du pédigrée des deux candidats, le duel opposant la démocrate Kamala Harris, qui a réussi un coup de force en évinçant Joe Biden, à l’ex-président Donald Trump n’est pas la meilleure affiche que nous ait proposé l’élection américaine. Elle est néanmoins révélatrice de son époque et illustre, à sa façon, le fossé se creusant au sein même de la société US entre « conservateurs » et « progressistes », les deux termes ne recouvrant qu’une partie de ce qui se joue en réalité.

Dans deux semaines, l’individu qui gagnera le droit de s’installer à la Maison Blanche sera  celle ou celui que le peuple américain aura choisi, au travers d’un scrutin indirect complexe, désignant le collège des grands électeurs. Et quel que soit le lauréat, ce seul constat sans appel devrait nous rassurer. Ou alors, définitivement, il ne faut plus avoir foi en la démocratie.

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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