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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Un pied pour marcher, l’autre pour conduire

Nous sommes tous des piétons. Jusqu’au moment où nous adoptons d’autres modes de circulation qui entraînent des comportements différents.

Je suis tour à tour automobiliste, piéton, cycliste au fur et à mesure de mes pérégrinations urbaines et selon les distances à parcourir, les reliefs éventuels à affronter, les quartiers à traverser, les possibilités supposées de stationnement, le temps qu’il fait , l’humeur du jour ou l’état de mes genoux. J’embrasse alors toutes les caractéristiques propres aux usagers de ces moyens de déplacement, parfois jusqu’à la caricature … Il m’arrive même (plus rarement je le confesse) d’utiliser les transports publics, tout au moins la ligne de tramway qui sillonne la ville, du sud vers le nord.

La selle ou les bouchons

Automobiliste, je déteste tout particulièrement les cyclistes qui jaillissent de façon impromptue, je fustige les zones à trente à l’heure. Et ne cesse de pester contre les travaux qui ont fait de cette cité un enfer pour tous les utilisateurs de voiture et de maugréer contre les bouchons qui s’accumulent. Qui a parlé de ville apaisée ?

Piéton, j’abhorre les trottinettes électriques qui vous bousculent jusque sur les trottoirs, sans jamais alerter, et se comportent comme si elles avaient toujours existé.  Je jure contre les gyropodes sur lesquels les humanoïdes, généralement chaussés de casques audio, ont l’air parfaitement idiot. Et je profite pleinement des rues piétonnes, me comportant alors comme un  bobo lambda du centre-ville.

A vélo, j’adopte les travers du cycliste, n’hésitant pas à utiliser les trottoirs en cas d’encombrement sur la chaussée et à prendre quelques libertés avec les règles élémentaires. Libre comme l’air, jusqu’à ne porter ni casque, ni gant … Sans perdre à l’esprit toutefois qu’à deux roues le danger est partout, à tout instant, omniprésent : portières de voitures qui s’ouvrent brutalement, piétons qui déboulent sans même regarder, trous dans la chaussée . Voire vélo électrique qui surgit alors que vous entamez un changement de direction…

Ah, mon joli scooter..

Caméléon, donc. Et ça n’est pas fini. Car il m’arrive de regretter le scooter rouge sur lequel j’ai longtemps chevauché, filant, casqué, vers mes terrains de reportage. Au point d’envisager d’adopter aussi ce mode de déplacement dans un futur proche comme un retour motorisé vers mon propre passé. Sans la moindre illusion, toutefois, de pouvoir le retrouver…

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

2 Commentaires

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  • hahaha ! Je fais un peu comme toi, sauf pour le vélo. Dont je déteste les conducteurs qui roulent sur le trottoir (même si il y a une piste cyclable) et vous insultent si vous ne vous poussez pas…
    Je passe de mes pieds à la voiture pour les mêmes raisons que toi, mais ai adopté le scooter lorsque mon boulevard a été en travaux durant plus d’un an… Et je continu, puisque maintenant, le boulevard est si encombré que je ne peux sortir de chez moi qu’au prix de l’attente interminable qu’un gentil automobiliste me laisse passer (en scoot, on se faufile entre 2 voitures !). Avec là aussi la conscience que le danger est partout.
    Il faut dire que j’habite à 45 minutes à pieds de mon lieu de travail.
    Il faut dire aussi que pour sortir de chez moi (accès par un petit chemin), il n’y a aucune visibilité des autos qui arrivent sur la file que je croise (arbre + poteau télégraphique + abri bus) et que lorsque, avec les 10 habitants empruntant le même chemin que moi, j’ai écrit à la mairie pour demander qu’un miroir soit installé sur l’abri bus en face (afin de nous permettre de voir si une voiture arrive), on m’a répondu que cela coûtait trop cher et que la ville allait demander à la T2C de reculer l’arrêt de bus gênant ! (???) Maintenant, en plus des vélos, gyropodes, piétons isolés du bruit, trottinettes et autres sources de danger empruntant les trottoirs, je hais la mairie #ville de Clermont # Olivier Bianchi.

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