« Un petit de verre de blanc, ça vous remet le facteur en selle ! » Ceux qui ont côtoyé Jean-Luc Petitrenaud connaissent bien la capacité qu’avait ce jovial Clermontois à sortir ce genre d’expression au milieu d’un repas ou d’un apéro. Attiré par la cuisine dès sa jeunesse, il aimait rappeler que c’était chez sa grand-mère Louise, qui habitait dans l’Allier près de la forêt de Tronçais, qu’il s’était imprégné de la culture du « bien manger » en dégustant son plat favori, le pâté aux pommes de terre. Mais bien avant de devenir une star du petit écran capable d’imiter le bruit des girolles en train de rissoler dans le beurre, il avait suivi le sentier des élèves dissipés, se faisant virer de son collège en 3e pour indiscipline. Placé en apprentissage, il avait décroché un CAP de chaudronnier-soudeur, métier qu’il ne trouvait pas vraiment folichon. Alors, il avait passé un diplôme d’éducateur spécialisé, puis intégré une troupe de théâtre professionnelle en Suisse avant de rejoindre la célèbre l’École du cirque d’Annie Fratellini et Pierre Étaix pour devenir clown. C’est sans doute cet apprentissage circassien qui lui avait permis de devenir un gouailleur hors pair en toute circonstance.
La gourmandise à la télé et à la radio
C’est en 1984, que Jean-Luc Petitrenaud obtient du temps d’antenne sur Radio Puy-de-Dôme, (future France Bleu Pays d’Auvergne, Ici Pays d’Auvergne depuis peu). Il produit, entre autre, des portraits de femmes et commence à faire des chroniques gastronomiques. Installé quelques temps en Suisse, il publie alors des chroniques pour Radio France et la TSR, qui finit par lui proposer de devenir critique gastronomique et d’assurer régulièrement une chronique sur ses ondes. À partir de là, durant plus de 20 ans, il deviendra le bon compagnon des fourneaux que l’on avait plaisir à retrouver chaque semaine dans des émissions de télé valorisant les bon produits du terroir, les savoirs-faire locaux. De 1997 à 2000, il présente Grands Gourmands sur France 3, puis Carte postale gourmande et Les Escapades de Petitrenaud deux émissions cultes de France 5. De 1998 à 2014, il anime aussi Le Bistrot du Dimanche sur Europe 1 et rédige des chronique dans L’Express. En 2017, il part renforcer la grille de Sud Radio en tant qu’animateur, mais l’été suivant, France TV annonce son remplacement par Carinne Teyssandier. Une page se tourne. On parle de restrictions budgétaires sur le service publique et l’âge d’or des émissions culinaires de terrain semble toucher à sa fin. Jean-Luc Petirenaud encaisse difficilement le coup, d’autant qu’on le sent, et qu’on le devine, bien fatigué.
Petitrenaud auteur
Jean-Luc Petitrenaud a toujours aimé partager et le livre était pour lui un moyen efficace de transmettre sa passion du terroir, des bons produits, de mettre en lumière les établissements, bistrots, bouchons ou étoilés et surtout de faire l’éloge de la camaraderie culinaire. Sa bibliographie, forte d’une vingtaine d’ouvrages, témoigne de ses nombreux voyages, de ses plats préférés, de ses bonnes adresses. Si cet amoureux de la cuisine familiale ne rechignait pas à transmettre les recettes comme un patrimoine précieux, il savait également laisser son costume de clown gourmand à l’office, pour devenir écrivain sérieux afin de mieux raconter sa vie et offrir sa philosophie de vie à qui voulait bien s’en emparer. « Chapeau l’artiste ! »






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