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Jean Luc Blanc Photo Vincent Roche
Jean Luc Blanc / Photo Vincent Roche
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Jean-Luc Blanc à propos de l’ASM : « Trop de lacunes dans notre jeu des lignes arrières »

Homme de nuances, chroniqueur dans l’émission Ruck Arverne, biberonné à l’école Monferrandaise, fin connaisseur de rugby, Jean-Luc Blanc livre ses ressentis sur l’état actuel de la maison jaune et bleu, avant le match de dimanche soir face à La Rochelle

7 Jours à Clermont : Jean-Luc, est-ce que nous pouvons quand même retenir quelque chose de positif de cette aventure en Champions Cup, qui se solde par 4 défaites, et donc zéro point ?
Jean-Luc Blanc : On termine avec zéro point. Je crois que c’est la première fois que cela arrive dans l’histoire du club, concernant cette compétition. Le positif, c’est peut-être samedi dernier en Afrique du Sud avec l’entrée de jeunes joueurs qui ont pu se faire remarquer, surtout en première mi-temps. Le demi de mêlée Lucas Zamora a montré de bien belles choses. Il confirme tout le bien que nous pensons de lui. Il a remis les choses à leur place, après sa prestation en demi-teinte à Montauban

7JàC : Est-ce qu’une institution comme l’ASM, peut se contenter de ce constat cinglant en coupe d’Europe ?
J-L. B : Je ne crois pas. Je suis un vieux supporter ; le club a connu des périodes compliquées. Nous n’avons pas toujours fait des phases finales, mais nous avons aussi donné au public Clermontois de très bons moments, notamment avec les 2 titres de 2010, et 2017. Aujourd’hui, nous sommes sur une période de vaches maigres, que n’a pas connu les dirigeants actuels, que n’a pas connu ni les joueurs, ni le staff en place. Il faut peut-être se remettre en cause. J’ai un modèle tout de suite : c’est le club de la Section Paloise, passé par des instants difficiles, qui est en train de se relever brillamment, avec Sébastien Piquéronies à sa tête. C’est un club qui s’appuie sur la formation, agrémentée de 4 ou 5 internationaux. Un rugby fort devant, et très en vitesse derrière.

« Tripler les postes pour tenir ses objectifs »

7 Jours à Clermont : Que penses-tu du jeu proposé par l’ASM ?
J-L. B : Devant nous sommes très solides, ce qui est une bonne chose. Par contre derrière, nous sommes stériles, contrairement à des clubs comme l’UBB, Pau, Toulon. Toulouse étant dans une autre catégorie. Lorsque devant nous sommes contrés, nous n’arrivons pas à proposer du jeu derrière, où il me semble que nous avons trop de lacunes. Le départ de Damian Penaud, qui était un créateur semble peser, même si certains disent qu’ Alivereti Raka marque lui aussi des essais. Je trouve qu’au niveau des centres nous avons des difficultés.

7JàC : Sommes-nous en adéquation avec le rugby moderne ?
J-L. B : J’aurais tendance à te dire non, puisque c’est un sport qui évolue beaucoup. Je ne sais pas si entre guillemets, nous avons des têtes chercheuses au sein du staff. J’ai été bercé, par Michel Ringeval que j’ai eu comme éducateur sportif, puis comme entraîneur à l’école de rugby avec 2 internationaux (Jean Pierre Romeu et André Dubertrand). Michel était un vrai chercheur, c’est lui qui avait par exemple mis le troisième ligne Michel Luciani au centre. Cela avait été répété par François Anne, qui était un amoureux du jeu de derrière, avait « balancé » Lilian Carrias, à l’arrière. Aujourd’hui, je m’interroge, et je me dis pourquoi ne pas tester quelqu’un comme Sowakula au centre, avec la force qu’il a, et sa qualité de passe. Le côté positif, ce sont les jeunes titrés dernièrement qui montrent leur potentiel, et qui ne demandent qu’à s’affirmer. Une autre très bonne chose, c’est notre recrutement orienté sur la Pro D2, avec la mise en lumière de Régis Montagne et de Barnabé Massa, au plus haut niveau. L’idée pour l’année prochaine est de tripler les postes, c’est une obligation pour tenir ses objectifs.

Jean Luc Blanc en action photos DR et Vincent Roche
Jean Luc Blanc en action / Photos DR et Vincent Roche

« Une défaite à l’USAP qui nous fait mal »

7 Jours à Clermont : Nous avons parlé de l’attaque, mais notre défense n’est pas au mieux non plus ?
Jean-Luc Blanc : Oui c’est un fait, nous prenons pas mal de points. Nous avons tendance à nous faire transpercer au centre du terrain. Et ça comment le corriger, je ne sais pas. Est-ce que nous appliquons les bonnes méthodes ? Nos adversaires le savent, et ciblent nos points faibles. Nous avons tendance à être débordés par la vitesse d’exécution des équipes que nous affrontons.

7JàC : Nous basculons sur cette rencontre face à La Rochelle dimanche soir. Un match crucial pour l’ASM ?
J-L. B : De toute façon après la défaite d’entrée contre Toulouse pour la première journée, nous sommes obligés de gagner tous les matchs au Michelin. Nous avons aussi cette défaite à l’USAP, qui nous fait courir derrière les points. Le positif, c’est notre victoire à Montpellier, équipe qui a l’air de se réveiller. La victoire à Montauban s’inscrit dans la logique des choses. Concernant La Rochelle, après leur mésaventure en Coupe d’Europe, nous ne savons pas si tout cela va laisser des traces, ou au contraire, vont-ils vouloir rebondir de suite. Leur coach Ronald O’Gara, a l’air très remonté. L’inconnu pour nous, c’est de savoir dans quel état d’esprit, les Rochelais se trouvent. De notre côté, après ces longs périples où nous avons traversé le monde, est de savoir dans quel état de fraîcheur, nous sommes. Il va falloir se montrer aussi très pragmatique, comme nous avons su le faire contre Toulon, l‘UBB, et Castres à domicile. Nous avons livré de belles prestations à la maison

7JàC : Ce match est aussi l’occasion de souligner l’excellente entente entre les supporters des 2 clubs, symbolisée par la Horde de notre ami Obénix ?
J-L. B : Oui, c’est toute la philosophie du rugby, loin des tumultes du monde du football, comme nous avons pu le voir lors de la finale de la CAN. La Horde est là pour rassembler, et faire partager des moments de convivialité, entre les supporters. Ce club de La Rochelle, est très sympathique. Il a bien travaillé durant des années avec un Président qui a su stabiliser son club au plus haut-niveau. La preuve, ils ont 2 étoiles européennes, que nous, nous cherchons toujours.

Jean Luc Blanc Photo DR
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À propos de l'auteur

Philippe Thivat

Philippe Thivat, est correspondant d’un hebdomadaire dans l’Allier et intervenant auprès de l’ASM Romagnat rugby féminin en tant que rédacteur journaliste sportif. Il est également engagé dans le rugby citoyen qui œuvre grâce à ce sport à l’intégration des personnes handicapées et de personnes migrantes.

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