Anne Frackowiak-Jacobs, préfète du Puy-de-Dôme, et Éric Serfass, procureur de la République de Clermont, ont présenté le bilan 2025 de la fraude sociale dans le Puy-de-Dôme, lors d’une réunion du CODAF (Comité opérationnel départemental antifraude).
Le nombre de dossiers a connu une augmentation très limitée alors que le montant des fraudes constatées a fortement progressé, atteignant 12,4 millions d’euros en 2025 contre 9,2 en 2024, soit une hausse de 35 %.
Cette évolution sensible s’explique par un ciblage plus précis et plus efficace des contrôles en particulier sur les dossiers à fort enjeu financier. L’année est caractérisée par des fraudes de plus en plus sophistiquées, le développement des économies souterraines et les opérations de blanchiment destinées à pénétrer l’économie légale.
La CAF et la CPAM sont les deux organismes les plus touchés
Les deux organismes principalement visés par les fraudeurs sont la CAF (Caisse d’allocations familiales) et la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie). Pour chacun de ces deux organismes, le préjudice est estimé à un peu plus de 4 millions d’€, soit plus de 8 millions au total. Pour la CAF, il a été relevé 338 fraudes ; pour la CPAM, 111 fraudes et 219 fautes.
Du côté du Conseil départemental, qui a aussi une mission sociale, le montant de la fraude sociale s’élève à plus de 2,6 millions d’euros pour 374 fraudes. Chez France Travail, 103 fraudes ont été relevées pour un préjudice de 674 000 € ; enfin, la Carsat et la MSA enregistrent 29 fraudes pour un montant cumulé de près de 400 000 €.
Travail illégal dans le BTP, le commerce et la restauration
En complément de la recherche de la fraude sociale, les autorités avaient également le travail illégal dans le viseur. Les montants redressés, y compris les majorations pour l’URSSAF, s’élèvent à 8,3 millions d’€ dans le département du Puy-de-Dôme. Durant l’année 2025, 62 procès-verbaux ont été transmis au parquet au motif de travail illégal.
La pression ne s’est pas relâchée durant l’année avec 166 actions de recherche et de prévention. 84 actions de contrôle ont été réalisées, dont 48 dans le BTP, pour un montant de 6,7 millions d’€ de redressement de cotisations et 1,5 million d’€ de majorations, soit un total de 8,3 millions d’€.
En parallèle, 47 procédures de travail dissimulé ont été adressées au parquet, ainsi que l’exploitation de 13 procès-verbaux transmis par des partenaires extérieurs. Les principaux secteurs concernés sont la construction, le commerce et la restauration.
93 établissements fermés
La sécurité alimentaire n’est pas en reste, avec une forte mobilisation de la Direction départementale de la protection des populations sur les enjeux liés au pouvoir d’achat (plus de 250 contrôles), à la loyauté des produits alimentaires (plus de 300 contrôles) et à la sécurité sanitaire des denrées (plus de 800 contrôles). 93 établissements ont été fermés.
Pour l’année 2026, le CODAF promet un renforcement de la coordination de la lutte contre la fraude et le repérage précoce des infractions.














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