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Selon Jocelyne Talamandier, la couture est redevenue à la mode.
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Des boutiques à l’ancienne qui ne vieillissent pas

Plus que des boutiques, des institutions. Elles font partie du patrimoine commercial local. Des passages obligés. Depuis des décennies, leur positionnement sur des marchés de niche les préserve des modes et des tendances. Leur réputation repose sur la qualité de leurs produits et de leur service, sur leur savoir-faire, leur expertise, leurs bons conseils et leur longévité.  

Engoncée rue du Cheval Blanc, à deux pas du Marché Saint-Pierre et de la place de Jaude, la mercerie traditionnelle a été créée un peu avant 1950 par Monsieur Lucien, une figure clermontoise. Les parents de Jocelyne Talamandier l’ont achetée en 1976 avant qu’elle-même ne prenne la suite en 1994. On pourrait douter de l’utilité d’une mercerie aujourd’hui, en une période où, imagine-t-on, on préfère jeter que réparer ou changer une fermeture éclair ou même reprendre un accroc.

“La Maison du Bouton”: redevenue à la mode

C’est exactement le phénomène inverse qu’il se produit pour des raisons tout d’abord économiques étant donné le prix des vêtements, mais aussi pour des raisons environnementales. De plus en plus de gens prennent conscience qu’on arrive au terme d’un cycle d’hyper consommation. « La couture est redevenue à la mode avec le phénomène “do it yourself” » précise Jocelyne Talamandier. « J’ai une clientèle de plus en plus jeune et on s’aperçoit qu’on trouve de plus en plus de classes de couture dans les écoles. » C’est un signe des temps. Elle-même encadre une stagiaire malgré l’exigüité du commerce. Preuve que la mercerie fonctionne et a de beaux jours devant elle, Jocelyne Talamandier évalue un passage quotidien d’une centaine de clientes en moyenne « pour un panier moyen de 7 € ». Cette belle fréquentation est en partie due au fait que la boutique propose un grand éventail d’articles, du bouton à la fermeture éclair en passant par les fils de toutes natures.

Tout pour la chaussure.

Tout pour la chaussure: rue des Gras depuis 1965

Située au beau milieu de la rue des Gras, à droite en descendant, derrière l’étroite vitrine se tient une échoppe toute en longueur dédiée à l’outillage et l’accessoire du cordonnier. La boutique de crépin a d’abord ouvert rue des Chaussetiers en 1962 avant d’être transférée rue des Gras en 1965. Le commerce tenu par Isabelle Akil et une vendeuse appartient à un groupe établi à Lormont dans la banlieue bordelaise. Groupe possédant trois pas-de-porte, un à Bordeaux, un à Toulouse et celui rue des Gras. L’activité est scindée en deux, « on a une clientèle de grossistes et une clientèle de détails. On fournit caoutchoucs, semelles, clés, fermetures éclair, patins et divers articles aux cordonniers, orthopédistes, maroquiniers et des produits d’entretien et de rénovation des cuirs à une clientèle de particuliers, pour la chaussure évidemment, mais également l’ameublement, la maroquinerie et les vêtements. » Une boutique très surprenante.

Au bon goût: à deux pas du marché

Au bon goût.

La bonneterie – corsetterie – lingerie est idéalement placée 7 place Saint-Pierre depuis 1929. Mesdames Boué qui l’ont créée ont pris leur retraite en 2002. Madame Boué mère vit toujours au-dessus de la boutique, affichant un spectaculaire 107 ans. Au bon goût est désormais entre les mains de Claire Lecomte. Elle s’adresse à une clientèle aussi bien féminine que masculine. « Nous proposons des articles qui vont du corset au bonnet de nuit en passant par les bretelles et même des blouses pour la maison ou des produits fantaisie » précise la propriétaire des lieux pour donner un large éventail des nombreux produits empilés dans des boites sur les rayons. Afin de rajeunir sa clientèle, Claire Lecomte a engagé des travaux pour mettre un coup de frais à sa boutique qui dégage une ambiance accueillante, très chic provincial sans prétention.

 

Au bon goût.

 

Tout pour la chaussure.

À propos de l'auteur

Patrick Foulhoux

Patrick Foulhoux

Journaliste et grand amateur de musique rock, Patrick Foulhoux a collaboré pendant de nombreuses années avec des magazines consacrés à la musique (Rollling Stone, Rock Sound, X-Rock...) et des titres de la presse de territoire. Sa passion pour le Rock l'a conduit à devenir directeur artistique de labels, tourneur, manager, organisateur de festival et écrivain.

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