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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Douze jours et après

Une guerre-éclair qui couvait depuis des années, un nouveau président américain tapant du poing sur la table, un cessez-le-feu express et des conséquences qui demeurent imprévisibles. Quelques réflexions spontanées au terme de deux semaines pas comme les autres.

« La guerre des douze jours » : sûrement pas un coup d’épée dans l’eau. Les dégâts infligés à la mollarchie iranienne ont nécessairement été conséquents même s’il est impossible d’en mesurer l’exacte étendue et de savoir jusqu’à quel point son potentiel nucléaire a été réduit. Tout de même, cet épisode paroxystique  a connu une conclusion ( ?) assez étonnante, comme une fin en queue de poisson…

Des résultats limités ?

Le sentiment est que l’épisode n’a fait que reculer les échéances, ne réglant en rien les sources de l’antagonisme entre les deux pays. Et que nécessairement l’affrontement resurgira à un moment ou un autre. Principal changement, néanmoins, orchestré par la méthode Trump : le régime iranien est prévenu. S’il franchit la ligne rouge, il sera à portée des bombes américaines. Or les régimes tyranniques ne craignent que les plus forts, les plus puissants, ceux qui n’hésitent pas à leur donner des coups. En somme la principale réussite de l’opération est peut-être tout simplement d’avoir eu lieu.

Vedette américaine

Qu’on l’apprécie ou qu’on le déteste, l’imprévisible Donald Trump est le gagnant de cette séquence. Soupçonné d’isolationnisme, il a replacé l’Amérique au coeur de l’échiquier international et même comme le gendarme du monde. Prétendu non interventionniste, il a réussi une opération hors norme et montré ses muscles avant d’obtenir un cessez-le-feu presque immédiat entre les deux belligérants. Il peut parader désormais même si le travail avait été largement, méthodiquement, soigneusement préparé par Tsahal.

La mollarchie n’est pas tombée

A l’issue du bombardement,  le président US a souhaité « beaucoup de bonheur à Israël et à l’Iran ». Il est évident qu’il n’en sera rien, le peuple iranien, en effet, n’a pas fini d’être tyrannisé par ses dirigeants. « Il n’a qu’à se prendre en main s’il veut se débarrasser de ses bourreaux » a-t-on entendu ici ou là. Ce qui, hélas, reste beaucoup plus facile à dire qu’à faire lorsqu’on ne dispose que de ses poings face aux mitraillettes et aux potences.

Messieurs « je sais tout »

En marge de ce chapitre aussi intense que bref, les chaînes de télévision s’en sont données à cœur joie. Et les fameux experts, toujours les mêmes, se sont bousculés sur les plateaux. Avis autorisés, pertinents, intransigeants, éclairés, étayés… Mais rarement visionnaires. A de très rares exceptions près, ils se sont plantés dans les grandes largeurs …Ce qui ne les empêchera pas, certainement, de faire preuve de la même assurance la prochaine fois.

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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