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Portail du XIIe siècle, église de Montpensier / Photo Sauvegarde de l'Art Français
Portail du XIIe siècle, église de Montpensier / Photo Sauvegarde de l'Art Français
Patrimoine

Des salariés Michelin au chevet du patrimoine

La Sauvegarde de l’Art Français et la Fondation d'entreprise Michelin se sont encore associées cette année pour l'opération de sauvegarde du patrimoine "Plus grand musée de France". Les salariés du groupe ont repéré et sélectionné des œuvres remarquables en péril ayant besoin d'être restaurées

Porté par la fondation La Sauvegarde de l’Art Français, le Plus grand musée de France a vocation à œuvrer à la sauvegarde de l’art français, à secourir et promouvoir le patrimoine immobilier et mobilier. Partenaire du programme, la Fondation Michelin mobilise avec succès ses salariés depuis maintenant 6 ans, ce qui a permis de sauver 75 œuvres en péril pour un montant de 570 000 euros.

80 pièces du patrimoine repérées, 16 retenues

Pour l’année en cours, 15 sites industriels du manufacturier ont participé à l’opération, soit environ 600 personnes réparties sur le territoire hexagonal et plus particulièrement en Auvergne impliquant les sites proches de Clermont, les Gravanches, Ladoux et Chantemerle et le siège social place des Carmes.
Concrètement, les salariés impliqués s’engagent à repérer des œuvres d’art en péril, proches de leur lieu de travail. Le fruit de leurs recherches est ensuite passé au crible par des experts de La Sauvegarde de l’Art Français avant d’être soumis à un vote en ligne pour désigner une œuvre par site, parmi toutes celles retenues.
Les salariés du groupe avaient repéré 80 œuvres cette année, mais une seule par site participant à été retenue, à l’exception du site de Blavozy particulièrement mobilisé qui verra celle arrivée en seconde position, également restaurée. Propriétés de municipalités et d’associations, chaque œuvre retenue va bénéficier d’une dotation de 8 000 euros de la part de la Fondation d’Entreprise Michelin pour participer aux travaux de restauration.

Un harmonium, un antiphonaire, un calvaire et un portail

Cette liste à la Prévert est celle des œuvres sélectionnées par les salariés des sites Michelin proches de Clermont dont la restauration va pouvoir débuter.
À Chateldon, ils ont choisi l’harmonium de l’église Saint-Sulpice, un instrument de musique type Abbé Emile Clergeau, breveté en 1845.
À Effiat, la sélection s’est portée sur l’antiphonaire l’église Saint-Blaise. Il s’agit  d’un livre de liturgie catholique imprimé en 1656 qui rassemble les partitions et psaumes publiés sur ordre des papes Clément VIII (1536-1605) et Urbain VIII (1565-1644).
À Montpensier les salariés ont désigné une pièce présente dans l’église Notre-Dame-de-Septembre, un portail remontant au XIIe siècle possédant ses ferrures d’origine dont certaines d’entre-elles sont sculptées.
Enfin à Saint-Bonnet-près-Riom, c’est un calvaire, érigée en 1862 visible en centre-bourg mais aussi de la route départementale constitué de fer et de fonte, aux extrémités fortement détériorée qui fera l’objet d’une restauration.
On notera au passage l’appétence des salariés Michelin pour les objets religieux catholiques, ce qui n’était pas forcément le cas les années précédentes.

Édouard Mortier, duc de Trévise ardent défenseur du patrimoine

La Sauvegarde de l’Art Français a été créée au sortir de la Première Guerre mondiale, en 1921, par Édouard Mortier, duc de Trévise. Avec cette association, ce dernier entend s’opposer au pillage, à la destruction ou à la vente à l’étranger, d’œuvres majeures du patrimoine français monumental et mobilier. C’est grâce aux actions entreprises que les lois relatives à la protection des trésors nationaux ont été promulguées.
En 1925, l’association est reconnue d’utilité publique et le duc de Trévise part en mission culturelle aux États-Unis recommandée par le Président de la République et le ministère des Beaux-Arts. Il organise une exposition itinérante, présentant des œuvres déjà sauvées ou dignes de l’être, avec des conférences et des projections. Son voyage de Boston à Los Angeles, initialement prévu pour durer seulement quelques semaines, se prolonge finalement jusqu’à l’été 1926. Il donne plus de cinquante conférences et fait passer le message qu’il faut sauver les richesses artistiques de la France « par amour de l’art et en mémoire des liens franco-américains ». Aliette de Rohan Chabot, marquise de Maillé, devient présidente de l’association durant le voyage américain du fondateur. Sur son testament, elle couche un legs à la Sauvegarde, destiné principalement aux églises rurales de France.
En 2017, l’association devient Fondation reconnue d’utilité publique.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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