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Entrée du Chemin Fais'Art, aux Chapdes-Beaufort. ©A.Staiger
Patrimoine Week-End

Dans les pas des pierres qui marchent

Ce weekend, nous partons en balade dans les Combrailles, du côté de Chapdes-Beaufort, à la rencontre des sculptures monumentales de l'insolite Chemin Fais'Art.

À première vue, un paysage doux et verdoyant. Rien ne laisse imaginer que les lieux servent aussi d’écrin à des œuvres d’art géantes. Sauf peut-être pour les plus curieux, qui, avant de venir, se seraient amusés à trouver les images satellites sur Google Maps : quelques étranges silhouettes y apparaissent, massives ou longilignes.

Vingt ans de travail

Elles sont une vingtaine, composées de blocs de pierre volcanique. Toutes sont différentes. L’une rappelle une hutte, sa voisine s’articule en muraille, une autre évoque un taillis, d’autres encore figurent un géant pétrifié prêt à se réveiller. Chacune de ces pièces est posée dans un décor qui sied à sa géométrie. D’ailleurs, leur auteur les a conçues en fonction des sites, « c’est le lieu qui donne envie d’une sculpture », confie-t-il.

Installé depuis les années 1980 à Chapdes-Beaufort, le sculpteur Gilles Perez entame ce vaste projet de Land Art en 1992. À travers son association du Chemin Fais’Art, il anime un chantier d’insertion qui accueille chaque année huit nouvelles personnes. Ensemble, ils donneront naissance à chacun de ces géants. L’aventure s’arrête en 2010, faute de subventions publiques. L’artiste lui, oeuvre toujours à son atelier, en bordure du terrain des Pierres qui Marchent. 

L’une des 20 sculptures monumentales. ©A.Staiger

Comme une chasse au trésor

Le point de départ se matérialise par un large parking au milieu du terrain. D’ici, l’on choisit son sens d’exploration et l’ampleur de la promenade. C’est selon l’envie de se dépenser, de tout découvrir d’une traite ou bien d’en garder pour une balade future. Certaines sculptures se voient de loin. D’autres, tout aussi imposantes, restent cachées en sous-bois. Les chemins sont ponctués d’une multitude de petites bornes ornées d’entrelacs aux connotations celtiques, fruit de l’apprentissage des membres du chantier d’insertion.

Un parcours complet du Chemin Fais’Art équivaut à sept kilomètres de marche, sans trop de dénivelé, disposé autour du puy de Beaufort. Aujourd’hui lieu de pèlerinage surmonté d’une vierge et d’une petite chapelle, cette butte culmine à 886 mètres. Elle était auparavant le socle d’un vaste château, propriété du comte de Beaufort, détruit à l’époque de Richelieu. Le puy de Beaufort serait une protubérance de la coulée de lave issue du puy voisin de Montcognol (921 m). « Les deux grandes sculptures près du parking sont au niveau des anciens jardins du château. Toutes les autres sont placées sur cette coulée de basalte » précise Gilles Perez.

S’approprier les oeuvres

©A.Staiger

Aucune des sculptures monumentales n’est baptisée, leur auteur ne souhaitant pas intellectualiser le produit de son travail. « Le chemin, c’est quelque chose de simple, ça le rend accessible à tous » affirme le tailleur de pierres.

Praticable gratuitement toute l’année, le chemin Fais’Art – ou des Pierres qui Marchent – est aussi le théâtre de nombreuses manifestations, programmées ou improvisées : noces de passage, concentrations de motards, sorties scolaires, pique-niques ou encore festivals de musique.

À propos de l'auteur

Aurore Staiger

Aurore Staiger

Journaliste indépendante en presse magazine régionale et nationale, en Auvergne et à l'étranger. Anciennement journaliste en télévision locale. Ecrit des reportages de société, géographie, environnement, découverte, histoire et patrimoine. Réalisatrice du documentaire Les nouveaux guerriers Sikhs.

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