14 parlementaires, 8 députés et 6 sénateurs du Puy-de-Dôme, de l’Allier et de la Nièvre* se sont rassemblés en janvier pour engager un travail transpartisan, afin d’identifier et exiger, des actions concrètes à mettre en œuvre d’urgence sur la ligne ferroviaire Clermont-Vichy-Moulins Nevers-Paris d’ici en attendant la livraison des nouvelles rames Oxygène dont les premiers exemplaires devraient circuler en 2027. C’est évidemment la série noire de retards et d’annulations en décembre et janvier qui les a poussé à ouvrir de nouveau, cet épineux dossier.
Les ministres se suivent, les problèmes perdurent
Le groupe des 14, qui d’ailleurs a été reçu par le ministre des Transports, Philippe Tabarot vient de lancer un cycle d’auditions avec les principales parties prenantes à commencer par les associations d’usagers mais aussi syndicats et autres acteurs. Son objectif est d’identifier les solutions pour fiabiliser le service d’ici à 2027 et, à plus long terme, de pousser le projet Clermont-Paris en 2h30. Si l’on peut saluer la mobilisation des parlementaires, on peut aussi se demander si cette énième action peut déboucher sur quelque chose de concret. Comme le rappelait récemment Stéphanie Picard, porte-parole des usagers, en janvier 2024, trois ministres et trois patrons de la SNCF s’étaient réunis à Clermont pour évoquer le problème, il était difficile de faire mieux. Au final cette réunion de “chefs à plumes” a débouché sur un peu de grillage et une motrice de secours qui fait ce qu’elle peut… et la ligne reste la “ligne de la honte” malgré l’écoute bienveillante des ministres des transports qui se succèdent, eux, à grande vitesse.
La mise en concurrence sur Clermont-Paris se profile
Une nouvelle piste se profile avec la mise en concurrence sur les liaisons Clermont-Paris et Toulouse-Limoges-Paris. Philippe Tabarot l’avait récemment évoqué en prenant l’exemple des lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon, dont l’appel d’offre, finalement remporté par SNCF Voyageurs, aurait permis une amélioration de l’offre de service.
Le gouvernement vient de passer au concret en inscrivant sur le Bulletin Officiel des annonces de marchés publics du 5 février 2025, l’avis de pré-information indiquant la mise en concurrence de plusieurs lignes dont Clermont-Paris. La date du 9 décembre 2029 est précisée pour un marché qui s’étalerait sur 10 ans minimum. Il est également question de mise a disposition de matériels roulants et d’installations fixes, ce qui veut dire que les rames Oxygènes commandées par l’État pourraient être exploitées, deux ans après leur mise en service, soit par la SNCF soit par une entreprise privée en fonction de l’attribution du marché.
La liaison Clermont-Paris relève de la compétence de l’État
Rappelons que cette liaison relève de la compétence de l’État, puisqu’elle fait partie du réseau de 13 lignes TET, qui selon le ministère sont “les Trains d’Équilibre du Territoire qui assurent un service de grandes lignes rapide entre les principales villes françaises non reliées par la grande vitesse et qui permettent également le désenclavement des territoires en relations transversales à l’intérieur du pays ou via les trains de nuit”. Compte tenu de la vétusté de la ligne et des difficultés à trouver des financements publics pour la régénérer, peut-on imaginer voir débarquer sur la Clermont-Paris, les Italiens de Trenitalia qui perdent encore de l’argent sur la ligne TGV Paris-Lyon ou les Espagnols de la Renfe Operadora ? La question de la rentabilité se posera et apportera naturellement la réponse. En attendant, les vielles 26000 “Sybic” tombent en pannes les une après les autres et il faut faire avec.
*- N. Bonnet (Député, 63)
– JM. Boyer (Sénateur, 63)
– M. Canalès (Sénatrice, 63)
– A. Chassaigne (Député, 63)
– E. Gold (Sénateur, 63)
– P. Goulet (Députée, 58)
– D. Lingemann (Députée, 63)
– C. Malhuret (Sénateur, 03)
– M. Maximi (Députée, 63)
– Y. Monnet (Député, 03)
– C. Pirès Beaune (Députée, 63)
– N. Ray (Député, 03)
– B. Rojouan (Sénateur, 03)
– N. Sollogoub (Sénatrice, 58)













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