Le scénario n’a pas surpris. Au lendemain du premier tour, Olivier Bianchi et Marianne Maximi ont annoncé une union des forces de gauche pour ne pas laisser filer la mairie de Clermont aux mains de la droite et du centre. Julien Bony, qui navigue sous pavillon Les Républicains, avait, quant à lui, fait savoir dans la journée qu’il refusait la main tendue d’Antoine Darbois, qui présentera donc une liste RN dimanche prochain.
Deux gauches, depuis la Révolution
L’histoire se répète une fois de plus à Clermont avec une droite qui, mathématiquement, peut perdre la partie mais qui garde la fierté de ne pas s’allier avec l’extrême, et une gauche qui sait désormais que sans cet “accord technique”, point de mandat. « Il y a des électeurs modérés, pas que de gauche d’ailleurs car des électeurs de centre-droite ont pu nous faire confiance pour différentes raisons, qui vont être chamboulés et perturbés », explique Olivier Bianchi, ajoutant : « Je me dois aussi de rassembler les forces de la gauche car c’est ma famille et, je le dis, c’est une famille qui toute sa vie a toujours eu deux gauches, depuis la Révolution : Danton et Robespierre, Jules Guesde et Jean Jaurès, Mitterrand et les communistes… aujourd’hui Mélenchon et la sociale-écologie, mais je rappelle que lorsque la gauche a gagné au niveau national, c’est quand elle a su rassembler toutes ses composantes. Tant qu’elle reste en mode confettis, elle perd ».
Cet accord parfois qualifié de « fusion de la honte » fait évidemment grincer des dents car derrière Marianne Maximi pointe la silhouette de Jean-Luc Mélenchon. « Je suis en colère contre Mélenchon à cause de ses comportements outranciers, mais je ne suis pas dupe, je connais très bien l’histoire quand je constate qu’une droite extrême essaie de se dédiaboliser en disant qu’au fond la gauche radicale c’est la même chose. Non, l’extrême droite et la gauche radicale ce n’est pas la même chose, ce n’est pas la même histoire, ce ne sont pas les mêmes enjeux et je ne mettrai jamais un signe égal entre Monsieur Bardella et Monsieur Mélenchon », conclut Olivier Bianchi.
Pour Marianne Maximi “Être dans l’opposition n’est pas s’opposer à tout”
Marianne Maximi, qui avec ses 17 % du premier tour a obtenu 13 postes éligibles sur la nouvelle liste d’union à paraître, se montre évidemment satisfaite. « Nous sommes présents dans ce second tour dans une autre configuration mais avec nos idées que nous défendrons au conseil municipal. Nous garderons la même place que celle que nous avons eue jusqu’à maintenant, à savoir une opposition de gauche qui défend un programme de gauche et qui vote les délibérations qui lui semblent aller dans le sens des intérêts des Clermontois. » Accepter une union en se revendiquant d’opposition ne semble pas poser de problème à la députée LFI. « Non ce n’est pas compliqué, c’est ce que nous avons déjà fait en 2014 et nous défendons la cohérence pour permettre aux Clermontois d’avoir des perspectives. Être dans l’opposition n’est pas s’opposer à tout, c’est voter des choses qui semblent utiles et de bon sens. On n’est pas dans une guerre d’ego. On est dans le fait que les Clermontois pourraient voir des services publics disparaître, voir se diffuser une politique discriminante, voir des familles en difficulté dans les quartiers populaires. On est face à nos responsabilités et j’assume de fusionner cette liste de manière technique pour faire barrage à une politique dangereuse car Monsieur Bony représente une droite qui s’extrêmise. Il a dans sa liste des personnes qui défendent des valeurs qui sont totalement opposées à ce que nous portons. »













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