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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Avril en mode classique

Le cyclisme traverse les paysages et veille soigneusement sur ses traditions, au-delà des générations.

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Dans ce monde chaotique, précipité et somme toute inquiétant, où tout évolue à vitesse grand V sans égard pour le passé, rien n’est peut-être aussi rassurant que ce qui persiste. Fait de la résistance. Survit en dépit des bouleversements et de la technologie. Il en est ainsi des liens familiaux, des ponts du mois de mai, des recettes de grand-mère. Et de certains événements récurrents, saisonniers. Le cyclisme, plus que tout autre sport, emprunte à la tradition, réitère, respecte, renouvelle sans jamais se renier ou déconstruire.

Avril, par exemple, est le mois des grandes classiques et met délibérément le cap sur les anciennes « Dix-sept provinces », entre les rivages de la mer du Nord, battus par les vents, et les Ardennes, escarpées et couvertes de forêts, en passant par les plaines à perte de vue et les corons du nord de la France.

Bien avant la première guerre mondiale

La « Doyenne » des classiques , Liège-Bastogne-Liège, se déroule ainsi depuis 1892. Et si elle n’est pas la ancienne des épreuves aujourd’hui rescapées- Milan-Turin la précède de seize ans- elle demeure l’un des cinq « monuments » et peut s’enorgueillir d’une glorieuse histoire et d’une particularité qu’elle partage avec l’automnal Tour de Lombardie : elle s’ouvre à la fois aux ambitions des spécialistes des courses d’un jour et à l’appétit de ceux qui visent les épreuves par étapes.

Entre les champs de betteraves

Paris-Roubaix est née en 1896. La plus atypique des classiques, dont la 122e édition s’est déroulée hier, présente un profil si singulier qu’elle est généralement considérée comme la chasse gardée des « Flahutes », ces bouffeurs de pavés à la fois puissants et durs au mal. En relevant le défi, l’intrépide Tadej Pogacar a renoué le fil d’une histoire qui nous ramène aux immenses Eddy Merckx et Fausto Coppi. Pour tenter de les égaler, il devra toutefois rééditer sa tentative. Sans assurance de parvenir à ses fins.

L’étendard des Flandres

Plus spectaculaire encore et plus sélectif, le Tour des Flandres (créé en 1913) constitue sans doute le plus intense et le plus furieux des monuments. Ses nombreuses bosses- « berg » en flamand- sont autant de terrains d’expression, susceptibles de dynamiter la course. Le « Ronde » est aussi le plus suivi de tous les joyaux printaniers …. Chaque année, ils sont des centaines de milliers à se masser le long d’un parcours s’entortillant autour de Bruges et de Courtrai, tout en déployant des drapeaux aux couleurs du lion des Flandres qui flottent dans un air saturé d’odeurs de frites.

Chaque classique a ainsi son tracé presque immuable, ses caractéristiques, ses racines, ses paysages, son atmosphère, ses couleurs, ses parfums, son identité. Et si les « monuments » font figure d’aristocrates dans le calendrier, d’autres courses d’avril participent aussi pleinement à l’histoire du cyclisme : telle la fière Gand-Wevelgem, venteuse, périlleuse, sans concession, ou La Flèche Wallonne, petite sœur de « La Doyenne » et son célèbre Mur de Huy, s’élevant au-dessus de La Meuse. Sans exclure l’Amstel Gold Race, qui déserte la Belgique pour rejoindre le voisin Limbourg néerlandais. A quelques heures près, on pourrait y ajouter le Grand-Prix de Francfort (désormais Eschborn-Francfort), longtemps la seule classique allemande, disputée immuablement…le 1er mai.

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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