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Eric Roux, président Photo Festival du court de Clermont
Eric Roux, président Photo Festival du court de Clermont
Culture

47e Festival du court métrage : une présentation assez joyeuse, réjouissante, rassérénante pour Eric Roux

173 000 entrées : nouveau record pour le 47e festival du court métrage de Clermont. L'édition 2025 aura été marquée par une production riche et plutôt joyeuse selon le président Eric Roux.

Nouveau record du nombre d’entrées pour la 47e édition du Festival international du court métrage de Clermont qui s’est refermé sur 173 000 entrées. Ce score n’a pas surpris les observateurs qui avaient repéré que les files d’attente pour l’accès aux différentes salles de projection étaient particulièrement longues cette année. Le succès est donc confirmé et avec lui, revient la problématique du nombre de lieux de diffusion, hélas insuffisant pour garantir un accès systématique pour tous à toutes les salles. Mais finalement qu’une manifestation soit victime de son succès est plutôt une bonne nouvelle. Ce n’est certainement pas Éric Roux président de Sauve qui peut le court métrage, l’association qui porte le festival, qui dira le contraire.

7 Jours à Clermont : À l’heure de la clôture de la 47e édition peut-on enfin annoncer le retour des chiffres d’avant Covid ?
Éric Roux : Oui nouveau record avec 173 000 entrées, on dépasse celui de 2020, qui était de 172 000. C’est assez formidable avec de nombreux enfants, 30 000 qui ont vu les séances enfant, avant le festival et 8 à 9 000 pendant le festival.

7JàC : Sur le plan artistique, que retiendrez vous de cette édition 2025 ?
É. R : Je pense qu’il y avait une très belle sélection, d’après ce que je sais, cela n’a pas été très facile pour les jurys de choisir les lauréats. Il y avait une très belle rétrospective Liban avec une formidable énergie apportée par la délégation libanaise. 40 personnes sont venues du Liban pour présenter toute la dynamique du jeune cinéma libanais, ce qui est assez formidable dans un pays qui est en guerre depuis les années 70, qui est toujours en guerre et qui connait tellement de difficultés… Ce jeune cinéma dit “nous, on a envie de vivre ensemble, envie d’imaginer une narration de notre pays qui soit une narration positive et qui regarde l’avenir”.

7JàC : La rétro Liban faisait écho à la situation actuelle de ce pays. Était-ce prémédité ? 
É. R : Pas du tout… en général les pays des rétrospectives sont choisis, entre 4 et 5 ans avant de les inviter. C’est une mécanique lourde à monter, tant financièrement que logistiquement pour réunir les réalisateurs, les producteurs, visionner les films, les choisir pour monter le focus du pays invité. Cette année c’était le Liban, il se trouve que c’est tombé en pleine actualité. Il y a une chose importante, c’est que l’équipe de Sauve qui peut le court métrage est tellement professionnelle et pointue dans la connaissance de la production que souvent elle tombe très juste. L’an dernier c’était les femmes, cette année, on ne pouvait pas rêver mieux avec le Liban.

7JàC : Et en dehors de la rétro Liban quelle série marquera les esprits ?
É. R : Il y avait aussi une très belle rétrospective sur le son avec des films qui ont beaucoup marqué. J’ai vu pas mal de gens qui sortaient des salles en disant qu’ils avaient trouvé cela assez réjouissant.

“La culture n’est pas juste une activité plaisante”

7 Jours à Clermont : La production est-elle encore le miroir d’un monde qui évolue ?  
Éric Roux : N’est-ce pas la caractéristique de tout acteur culturel qui est inscrit dans son temps ? Être effectivement le miroir de comment notre société évolue et surtout être le miroir de comment nos sociétés aspirent à évoluer. Je ne peux qu’être réjoui de ce constat. Le cinéma en format court donne le tempo de ce que l’on attend et de ce que l’on a vu. On est déjà très loin du Covid et j’ai peut-être l’impression d’avoir vu des sélections et une présentation globale assez joyeuse, réjouissante, rassérénante.

7JàC : Le festival s’est affiché cette année en grand avec Michelin, est-ce un signe des temps ? 
É.  R : Une grande entreprise installée sur Clermont-Ferrand sait que soutenir le festival, c’est faire de Clermont un lieu où l’on a envie de venir au moins pendant la durée du festival. Et puis on a le projet de la Cité du court, où l’énergie du festival sera poussée tout au long de l’année. Cela deviendra un élément attractif du territoire, il ne faut pas se le cacher. Mais les privés ne sont pas là pour remplacer le public qui a une vocation à soutenir les acteurs culturels, pour deux raisons essentielles. La première c’est que la culture n’est pas juste une activité plaisante, c’est une manière d’aiguiser le sens critique, la conscience critique des citoyens face à la société que l’on veut et comment on la fabrique. L’autre élément c’est que les acteurs publics comme les acteurs privés savent que ce qui fait la richesse et la pertinence d’un festival comme celui de Clermont c’est sa liberté de choisir ses sujets, ses films et ses invités. Cette liberté exprime la manière dont on souhaite voir évoluer la société.

7JàC : Dans l’avenir, la culture est-elle condamnée à se tourner vers le privé ?
É. R : Je ne sais pas si c’est une condamnation. Il faut, en fait, partager le soutien entre public et privé, pour tous ces éléments déjà cités. La liberté, l’attractivité d’un territoire, la conscience critique des citoyens à fabriquer la société. Le problème du public n’est pas lié qu’à la culture. Aujourd’hui effectivement des structures comme Ville, Métropole, Département et Région ont des contraintes financières telles, qu’ils sont parfois obligés de faire des choix. Faire des choix en coupant dans la culture, je ne vais pas dire que c’est une bonne chose, mais il faut avoir conscience que ce que l’on appelle la culture, les acteurs culturels locaux font partie de la dynamique économique et sociale d’un territoire et le rendent attractif. Donc les choix doivent être arbitrés pour maintenir un minimum cette attractivité.

7JàC : En 2023, la situation financière du festival était en tension… avez-vous, aujourd’hui, retrouvé une forme de sérénité ?
É. R : La sérénité, elle est dans le fait que l’on fait un truc qui est tellement formidable, tellement accueilli, tellement attendu par un public local et un public qui vient du monde entier. Il suffit de voir les très nombreuses délégations internationales qui viennent sur le marché pro parce que l’économie et l’industrie de cette forme court métrage est l’antichambre de la production de longs métrages qui est une économie florissante. Alors je ne sais pas c’est une forme de sérénité, mais c’est une manière de dire nous on bosse, on avance, ce n’est pas de l’amusement que l’on fabrique, c’est une démarche professionnelle vis à vis du sujet qui nous intéresse, le cinéma en format court. Il est évident que tous les soutiens acteurs publics comme acteurs privés sont indispensables, non pas parce que cela nous permet de vivre mais parce que cela crée ce triptyque attractivité, économie et conscience critique.

Palmarès du 47e festival du court métrage de Clermont

International :
-Grand prix :  Unspoken (Le poids du silence) de Damian Walshe-Howling.
-Prix spécial :  Mercenaire de Pier-Philippe Chevigny.
-Mentions spéciales : Rrugës (En route) de Samir Karahoda – Tayal Forest Club (Club forestier atayal) de Laha Mebow – My Brother, my Brother (Mon frère, mon frère) de Abdelrahman Dnewar, Saad Dnewar – Jacaré de Victor Quintanilha.
-Prix du public :  Upshot de Maha Haj.
-Prix d’interprétation : Ingvar E. Sigurosson dans O de Rúnar Rúnarsson.
-Prix étudiant : Vox Humana de Don Josephus Raphael Eblahan.
-Mention spéciale du jury étudiant : We Beg to Differ (Le droit de déraper) de Ruairi Bradley.
-Meilleur film d’animation international : I Died in Irpin (Je suis morte à Irpin) de Anastasiia Falileieva.
-Prix européen : A bear remembers (Un ours se souvient) de Zhang & Knight.

National :
-Grand prix : Généalogie de la violence de Mohamed Bourouissa.
-Prix spécial : Oh maybe not tonight de Kim Fino.
-Mention spéciale du jury national : Apocalypse de Benoît Méry.
-Prix du public : Deux personnes échangeant de la salive de Natalie Musteata et Alexandre Singh.
-Prix de la meilleure musique originale : Fredrika Stahl pour Soleil gris de Camille Monnier.
-Prix d’interprétation : Philippe Rebbot dans Mort d’un acteur d’Ambroise Rateau.
-Prix étudiant : Le Diable et la bicyclette de Sharon Hakim.
-Mention spéciale du jury étudiant : 43° à l’ombre de Pauline Bailay.

Labo :
-Grand prix : Aferrado (Enferré) de Esteban Azuela.
-Prix spécial : Ship of fools (La nef des fous) de Alia Haju.
-Mention spéciale du jury labo : Domingo Familiar (Dimanche en famille) de Gerardo Del Razo / Memories of an unborn sun de Marcel Mrejen.
-Prix du public : Ni dieu ni père de Paul Kermare
-Prix étudiant :Wamè de Joseph Gaï Ramaka.
–Mention spéciale du jury étudiant labo : Ship of fools (La nef des fous) de Alia Haju.

Le palmarès 2025 sera diffusé durant deux séances spéciales, ce dimanche 9 février à 16h et 18h, au Cinéma Capitole place de Jaude. 

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • Bonjour,
    Le prix du rire Fernand Raynaud 2025 est revenu à Mort d’un acteur. Ce serait très gentil à vous de bien vouloir l’ajouter à la liste des prix remis cette année lors du festival du court métrage de Clermont-Ferrand.
    Merci beaucoup.
    Bonne journée.

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