Accueil » Vie publique » Clermont change de braquet
Piste en site propre devant l'Hôtel Dieu / Photo DR
Lundi Vie publique

Clermont change de braquet

La récente présentation du nouveau schéma cyclable métropolitain par Olivier Bianchi montre que Clermont Auvergne Métropole vient d'entrer dans une nouvelle ère pour les déplacements urbains et les migrations pendulaires*.

« Clermont roule en tête », tel était le slogan de la capitale auvergnate à la fin des années 80, époque où la culture automobile avait encore toute sa place. Mais aujourd’hui, la voiture devient persona non grata en milieu urbain et le phénomène vélo, boosté par l’électricité, prend de l’ampleur. Pour Olivier Bianchi, maire de Clermont et président de Clermont Auvergne Métropole, le constat est sans appel, le retard pris par la ville en matière d’équipements et de pratique du vélo est suffisamment important pour lancer un schéma cyclable digne de ce nom. Il n’est plus question de faire plaisir à quelques écolos mais bel et bien de réfléchir à une nouvelle façon de se déplacer dans la métropole. Le schéma est basé sur un budget de 31 millions d’€ répartis sur 10 ans, 27 en investissement, 4 en fonctionnement. Thomas Scherr, responsable du Pôle mobilité, aidé d’un référent vélo fraîchement nommé, suivront avec attention le vote et la destination des budgets mesurant le fort impact de cette politique volontariste sur la vie quotidienne et l’économie. De son côté, Jean-Pierre Brenas, chef de file de l’opposition clermontoise et utilisateur quotidien d’un vélo à assistance électrique alerte sur l’état financier de la ville. Même s’il se réjouit de ce schéma, il regrette un certain manque d’ambition avec seulement 2,3 millions sur 2018/2019 alors que la logique mathématique voudrait que 6,2 millions soient injectés. Au delà du débat politique, à priori pour le vélo, le changement c’est maintenant, avec dès cette année, un marquage test et les premiers travaux, le tout en concertation avec les associations Vélocité 63 et Un guidon dans la tête.

« Si les promesses sont tenues, c’est le bonheur ! »

« Nous vivons un changement d’époque» confie François Coiffier, responsable du magasin Cyclable. Lui qui a longtemps travaillé pour des équipementiers, avant d’ouvrir son magasin il y a quatre ans, a vu sa clientèle se transformer. Plutôt sportive et passionnée à l’ouverture, elle se compose désormais d’une bonne part d’urbains en quête d’un mode alternatif de déplacement, une « communauté qui réinvesti la ville ». Dans son équipe on n’hésite pas à dire « que l’on vit un changement de paradigme ». Il est vrai que l’on voit de plus en plus de parents devant les écoles avec des biporteurs, de livreurs occasionnels avec de gros sacs à dos et des professionnels livrant à vélo cargo. « On fait l’entretien de cargos qui ont un kilométrage conséquent, mais aussi de vélos que les propriétaires utilisent quotidiennement y compris pour partir en vacances ». «  Le vélo ne s’est jamais démodé, mais il a évolué » ajoute François Coiffier, « Aujourd’hui on commercialise des vélos à assistance électrique à partir de 2000€ (prix moyen 2400€) qui remplacent la voiture. Un de nos clients fait le trajet quotidiennement Riom-Clermont-Riom pour travailler». A propos du schéma proposé par la Métropole, il estime: « l’idée est séduisante, si les promesses sont tenues, c’est le bonheur. Il est bien que les politiques aient compris ce qui se passe et qu’ils soient là pour accompagner le changement».

Électricité, technologie mais aussi partage de l’espace

Assistance électrique et boites de vitesse sont désormais performantes. Monter sur le Plateau Central ou à Chamalières par la rue des Montagnards n’est plus un problème même pour les non-entraînés. Le coût du vélo ? Plus cher qu’un vélo classique mais avec une recharge moyenne à 6 cts d’€, les comptes sont vites faits face à la voiture. L’autonomie ? 200Km, certains vélos ont même une double batterie et de toute façon il y a des prises partout… Mais le frein principal à la pratique du vélo à Clermont reste le partage de l’espace public et la dangerosité. Bien conscient de cet ultime verrou, Olivier Bianchi, annonce un accompagnement du schéma, avec un « code de la rue » qui permettra une meilleure cohabitation voitures-vélos-piétons, ainsi que des actions incitatives :  journée sans voiture, conférence annuelle, création de nouveaux stationnements sécurisés. Histoire de goûter immédiatement aux déplacements à deux roues, la collectivité prend désormais à sa charge les 25€ correspondant au coût de la carte annuelle C.Vélo.  N’importe qui peut donc, dors et déjà, bénéficier des 30 première minutes gratuites sur la location d’une bicyclette en libre service, un excellent moyen de tester et pourquoi pas d’adopter le vélo au quotidien.

Station C.Vélo Salins / Photo DR

* migrations pendulaires : La mobilité pendulaire est la caractéristique des métropoles et de leurs zones péri-urbaines en raison de l’étalement des zones. Le terme migration (ou mobilité) pendulaire désigne les déplacements quotidiens domicile-travail, phénomène qui s’est beaucoup développé avec une moyenne actuelle de 45 km journaliers.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite