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L'Ecole des Femmes, mis en scène par Stéphane Brauschweig, réunit Claude Duparfait et Suzanne Aubert- photo: Elizabeth Carecchio.
Culture Mardi

Une version moderne de L’Ecole des femmes

Stéphane Brauschweig met en scène l'oeuvre de Molière. La pièce, qui oscille entre comédie et drame, se révèle troublante.

Il n’y a qu’à se pencher sur l’oeuvre de Molière pour s’apercevoir qu’au-delà des apparences, la condition des femmes y est omniprésente. Avec lui, la femme, indiscutablement, est au centre du jeu et, souvent malmené, elle finit parfois par tirer les ficelles. Dans L’Ecole des femmes, il est question de possession, d’enfermement. L’homme, Arnolphe, veut une épouse fidèle quitte à se la « fabriquer ». Alors, il tient Agnès à l’écart du monde dès ses quatre ans et la maintient scrupuleusement dans l’ignorance. Mais Agnès va échapper au fantasme dans lequel Arnolphe tente de l’emprisonner. Derrière la mécanique précise et imparable de la comédie, transparaît le regard lucide et ironique que Molière porte sur la société.

Après Le Misanthrope et Tartuffe

Actuel directeur de l’Odéon Théâtre de l’Europe Stéphane Braunschweig a déjà signé une soixantaine de mises en scène et scénographies, parmi lesquelles Le Misanthrope et Tartuffe. Avec L’Ecole des femmes, il replonge dans Molière presque naturellement. « La pièce distille un fort malaise et un trouble certain. L’amour d’Arnolphe pour Agnès et ses relents d’inceste évoquent la Lolita de
Nabokov, tandis que le viol rôde comme dans la Viridiana de Buñuel. La situation d’enfermement, à la fois physique et dogmatique, et la cruauté qui en découle et qui va peu à peu se retourner contre Arnolphe ont l’intensité des cauchemars » explique le metteur en scène.

Photo Elizabeth Carecchio.

Claude Duparfait et Suzanne Aubert

L’oeuvre de Molière traverse les époques. Cette version moderne  et érotisée de L’Ecole des femmes se révèle inquiétante, radicale, exploratrice. Dans un décor volontiers dépouillé, simple, grillagé, Stéphane Brauschweig entrebâille les volets fermés. Alternant entre drame et comédie, le spectacle laisse la part belle aux comédiens. En particulier à Claude Duparfait (Arnolphe), comédien fétiche de Brauschweig, et à Suzanne Aubert (Agnès). »On sait que la pièce fit scandale : mais peut-être moins pour les sous-entendus grivois qui affleurent sous les alexandrins que pour l’étonnante force de transgression que recèle cette supposée ingénue… » estime le metteur en scène qui poursuit donc ses visites de l’oeuvre de Molière.

Mardi 15, mercredi 16, jeudi 17 et vendredi 18 janvier à 20h30 et samedi 19 janvier à 17h à la Maison de la Culture de Clermont, salle Jean-Cocteau. Spectacle propoosé par la Comédie de Clermont.

 

 

Photo Elizabeth Carecchio.

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