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Cigarette roulée / Photo Pexels-Kampus
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Politique

Une soixantaine d’élus du Puy-de-Dôme réunis pour évoquer le trafic de drogue

À l'initiative de Marion Canalès et de Christine Pirès Beaune, sénatrice et députée, une soixantaine d'élus locaux, venus des quatre coins du Puy-de-Dôme, se sont réunis de manière transpartisane autour Jérôme Durain, sénateur, rapporteur de la proposition de loi visant à sortir la France du narcotrafic.

« Le terrorisme fracasse la société, le narcotrafic la ronge » : la paternité de cette formule récemment entendue chez nos confrères de RFI est revendiquée par Jérôme Durain, sénateur PS de Saône-et-Loire, rapporteur de la proposition de loi visant à sortir la France de l’emprise du narcotrafic. Pour une fois, l’ensemble des sénateurs à voté pour cette proposition qui a obtenu 339 voix sur 339 votants. Autant dire que la question dépasse très largement les clivages politiques au sein de la chambre haute présidée par Gérard Larchet. Il faut rappeler que les chiffres ont de quoi sérieusement inquiéter : plus de 3 000 points de deal en France, 240 000 personnes qui vivent directement ou indirectement du trafic de drogue, un chiffre d’affaires estimé entre 3 et 6 milliards d’euros et 400 morts en 2024.

Le nécessaire accompagnement des consommateurs et des élus de terrain

À l’initiative de Marion Canalès et de Christine Pirès Beaune, sénatrice et députée du Puy-de-Dôme, près d’une soixantaine de maires et d’élus locaux, venus des quatre coins du Puy-de-Dôme, se sont réunis de manière transpartisane autour Jérôme Durain pour évoquer les problèmes rencontrés sur leurs territoires respectifs. Que ce soit dans la métropole clermontoise, les grandes villes ou les campagnes du département, la lutte contre le trafic est devenu un enjeu de sécurité publique mais aussi de solidarité. Il convient, en effet, d’accompagner les citoyens qui sont les premières victimes, soit parce qu’ils sont tombés dans l’addiction, soit parce que leur cadre de vie est affecté au quotidien par le business. Mais  les élus doivent aussi être accompagnés car ils sont en première ligne sur un sujet qu’il ne peuvent pas régler seuls.
Comme le rappelle Christine Pirès Beaune, les élus locaux plaident pour une action forte sur la prévention, sur l’accès aux soins et sur l’accompagnement des consommateurs, parce que sans eux, le trafic n’existe plus. Reprenant les récents propos de la procureure de la République Dominique Puechmaille, la députée rappelle que dans le Puy-de-Dôme, les verbalisations pour conduite sous l’emprise de stupéfiants ont dépassé celles pour conduite en état d’ivresse.

Un arsenal contre le trafic de drogue

Dans la proposition de loi, les sénateurs souhaitent aller beaucoup loin que les opérations de terrain type Place nette XXL, certes spectaculaires mais n’agissant qu’en surface sur les petites mains du trafic. Il s’agit d’aller au plus profond du problème systémique du narcotrafic qui s’est immiscé dans l’économie et les flux internationaux, embarquant des acteurs au profil de plus en plus jeune et plus violents.
Les élus réunis, on rappelé qu’au delà de la prévention, le texte révèle la volonté de renforcer les moyens juridiques, notamment, de proximité pour lutter efficacement contre le trafic de drogue. Trois grands axes sont définis pour une  lutte plus efficace :  la création d’un régime « d’interdiction de paraître » pour empêcher les dealers et leurs sbires de fréquenter les points de deal, le renforcement des dispositifs permettant la fermeture administrative des commerces de façade dont la seule activité réelle est de blanchir l’argent et des mesures plus globales comme la création d’un office de la répression pénale contre les plateformes numériques qui diffusent des contenus liés au trafic de stupéfiants sur leur réseau.
Les sénateurs, de leur côtés, souhaitent, un véritable « arsenal » judiciaire, type boite à outil, appuyé sur la mise en place d’un parquet national pour lequel Gérald Darmanin, garde des sceaux, se montre favorable. Ce dernier aurait déjà fléché une centaine de magistrats prêts à se mobiliser.
La proposition de loi est inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblé nationale le 17 mars, les élus  puydômois espèrent qu’elle sera vite adoptée et promulguée.

Lire aussi notre article : Clermont : questions à Olivier Bianchi sur la sécurité et la police municipale 

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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