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Fourgon de police / Photo 7 Jours à Clermont
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Clermont : questions à Olivier Bianchi sur la sécurité et la police municipale

Souvent attaqué sur la question de la sécurité par l'opposition municipale, Olivier Bianchi, maire de Clermont garde à l'esprit les problématiques tout en maintenant fermement certaines positions réitérées à l'issue du dernier Conseil Métropolitain de Sécurité et de prévention de la Délinquance.

Le dernier Conseil Métropolitain de Sécurité et de prévention de la Délinquance, a aussi été l’occasion pour Olivier Bianchi, président de la Métropole et maire de Clermont d’évoquer avec la presse, les questions de récurrentes liées à l’insécurité sur la ville. Même si la campagne pour les élections municipales de 2026 n’a pas encore démarré, on sent déjà une légère agitation de la part des opposants à la majorité municipale. Les groupes de droite, notamment lui reprochent de ne pas en faire assez, malgré un train de mesures fortes, annoncé au printemps dernier.

“je ne suis pas favorable à l’armement de la PM et tant que je serai maire ce sera cela”

La sécurité va forcement être évoquée durant le future la campagne, vous vous tenez prêt ?
Olivier Bianchi : Je pense que la sécurité sera un des grands sujets de la campagne et j’espère que ce sujet sera porté dignement par les oppositions municipales, dignement cela veut dire que l’on ne fasse pas dans l’émotion, que l’on ne fasse pas croire des choses que personne ne pourrait réaliser.

Vous maintenez votre opposition à l’armement de la Police Municipale. Pourquoi ?
O.B : D’abord j’ai une très haute opinion de ce qu’est le pouvoir de l’État et c’est à la police de l’État d’être armée. Nous avons assisté à une baisse des effectifs et je vais dire ce qui va se passer. Les maires, depuis 20, ans réclamaient de remplacer la Police Nationale. Nous sommes aujourd’hui pris à notre propre piège, parce que nous n’arrivons pas à faire ce que faisait la police de proximité, notamment, celle voulue par Jean-Pierre Chevènement et supprimée par Nicolas Sarkozy dont se réclame mon opposition, sur le 1 fonctionnaire sur 2. Cela a cassé la présence de bleu sur le terrain. C’est cela qui s’est produit. Partout dans les villes où les polices municipales sont armées, il n’y a pas de corrélation avec une baisse de la délinquance. Toutes les villes où les policiers sont armés, voir très nombreux, ne sont pas les villes les plus tranquilles de ce pays. Ce n’est pas vrai et je peux le prouver avec Nice, Saint-Etienne ou ailleurs. Si la Police Municipale est armée, elle ne va pas tirer à vue… Aujourd’hui, un policier de la Nationale sort son arme 2,5 fois en moyenne durant toute sa carrière. Donc  ce n’est pas ça la solution. Dans une société qui veut de plus en plus répondre à la violence par la violence, je le répète, je ne suis pas favorable à l’armement et tant que je serai maire ce sera cela.

Pourtant vos opposants pourraient bien dire le contraire en vue de l’échéance de 2026
O.B : Imaginez que je perde les élections à cause de cela et que le policiers municipaux soient armés dans les deux mois qui viennent. Est-ce que les promoteurs politiques de cela peuvent garantir aux Clermontois, qu’un mois plus tard, il n’y aura pas encore une agression au couteau, un blessé ou que la drogue cessera d’être vendue à Clermont ? Soyons sérieux… l’enjeu de cette municipale, c’est d’être entre gens sérieux.

Pour Olivier Bianchi, le législateur doit se pencher sur le narcotrafic

Olivier Bianchi / Photo 7 Jours à ClermontComme partout, le narcotrafic est en hausse à Clermont, pourrissant la vie des habitants… quelle lutte possible ?
Olivier Bianchi : La solution c’est d’attaquer la drogue sur ses avoirs financiers, au niveau international, avec un parquet spécial anti-drogue comme on a eu un parquet anti-terroriste qui a montré sa réussite, c’est donc des mesures de ce type qu’il faut mettre en place. Et puis il faut que la justice tape dur, c’est ça la réalité, parce que, quand les jeunes guetteurs ou chouffeurs, ne prennent que deux mois d’éloignement des quartiers… qu’est ce que vous voulez que je dise ? Ça ne résout pas le problème.

Les moyens de lutte contre la drogue sont-ils proportionnés ?
O.B : Je pense qu’avec les différents textes, il y a des possibilités. S’il n’y a pas assez de moyens, il faut que le législateur se penche sur la question. Je recevrai d’ailleurs la commission d’enquête de Jérôme Durain sur le narcotrafic dans quelques jours et je pourrai échanger avec lui sur les mesures que les parlementaires pourraient prendre sur cette question.

“les policiers ne sont pas nus”

Vous accordez plus de moyens à la Police Municipale mais les résultats semblent long à venir.
Olivier Bianchi : Avec les maires des grandes villes de France, nous réclamons plusieurs choses. Par exemple, lorsqu’un policier municipal est mis sur le terrain, il faut 3 à 4 mois de procédure. Avant, on n’avait pas les même missions, on était davantage dans une tradition relevant de l’ASVP et du garde champêtre et je peux comprendre que l’État voulait surveiller la qualité des gens à qui l’on donnait l’autorité, dans l’espace public avec un uniforme. C’est aussi une époque où l’État assumait les forces de l’ordre. Aujourd’hui, il y a un renversement. Les policiers municipaux recrutés à Clermont depuis deux ans, sont tous des anciens policiers ou des anciens gendarmes, dont certains ont 15 ans de carrière avec armement. D’ailleurs, ils savent qu’ils viennent dans une police non armée, donc ce n’est pas le sujet pour eux. 15 ans de carrière sur le terrain et il y a toujours 5 mois de procédure, c’est la loi, entre le moment où ils sont recrutés et le moment où ils peuvent être dans l’espace public. Quand j’ai vu le ministre de la sécurité intérieure, Nicolas Daragon, je lui ai dit qu’il fallait saisir l’opportunité du Beauveau des Polices Municipales, pour régler définitivement cette simplification administrative dont les ministres par ailleurs se gargarisent à longueur de journée.
Quand nous recrutons un attaché territorial, le lundi matin il est recruté, le mardi matin, il est au  travail. Le policier municipal, lui, reste enfermé 3 ou 4 mois au commissariat… c’est intelligent quand on sait les besoins que l’on a.

Pour une Police Municipale non armée, quels sont les moyens dont les agents disposent ? 
O. B : Avant de tomber dans la facilité de la communication émotionnelle de l’armement, lorsque l’on rentre dans la complexité des choses, il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites. La nouvelle brigade canine confirme que sur les rondes de soirée, il est bien plus sécurisant et protecteur d’avoir un chien que d’avoir un pistolet à la ceinture. Je rappelle que nos policiers ne sont pas nus. Ils ont des Taser, une armes sérieuse, ils ont mes matraques, ils ont des bombes au poivre… ils  sont largement en situation de se protéger et mon devoir est celui d’un employeur.

Olivier Bianchi : Les weekends sont sensibles or les moyens humains sont plus faibles qu’en semaine. À quand les policiers municipaux sur le terrain 7 jours sur 7 ?
Nous sommes en discussion. La loi justement nous a permis d’augmenter les revenus et les salaires des policiers municipaux à travers des primes. Je suis en négociation et je corrèle cette augmentation de primes à l’élargissement du temps d’emploi pour qu’ils puissent travailler le weekend. Nous devrions signer tout cela au printemps pour une mise en place au conseil municipal de juin.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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