Dans les rue de Chamalières, circule actuellement un bus scolaire qui ne passe pas vraiment inaperçu. La carrosserie du véhicule est, en effet, entièrement floquée aux couleurs des œuvres du peintre Victor Charreton. C’est le maire, Louis Giscard d’Estaing qui a eu cette idée, pour valoriser, auprès des habitants et des publics scolaires, l’Espace muséal Victor Charreton, dont les portes ont ouvert au printemps 2023 à la FAC, l’espace culturel installé dans l’ancien Hôpital Fontmaure. Les œuvres sélectionnées pour figurer sur le bus, sont représentatives de Au fil des saisons l’exposition permanente de 32 œuvres du peintre reconnu pour sa capacité à « représenter les paysages auvergnats et rendre l’atmosphère et les couleurs des différentes saisons ».
Faire vivre le don de Robert Chatin
Toutes les peintures exposées sont issues d’une donation du docteur Robert Chatin, qui n’était autre que le neveu de Victor Charreton. C’est à la suite d’une rencontre avec le premier magistrat de la ville, qu’il avait décidé de faire don de 51 toiles à la Ville de Chamalières, en contrepartie d’un engagement formel à les exposer de manière permanente. La création puis l’ouverture au public de l’espace muséal a permis de répondre à l’engagement. L’exposition permanente Au fil des saisons est complétée par une exposition temporaire dans le Pavillon d’honneur de l’espace muséal. Cette seconde exposition présente généralement des peintures dont les auteurs ont un univers assez proche de celui de Charreton. Néanmoins, la prochaine, qui débutera le 13 janvier 2025, sera consacrée aux œuvres de jeunesse de Victor Charreton. Elle sera montée grâce à des prêts de collectionneurs privés et du Musée de Bourgoin-Jallieu.
Au printemps, l’espace muséal deviendra le lieu de trois représentations d’un spectacle mêlant danse, musique et arts visuels, sur le thème très classique des Quatre Saisons. 15 danseuses des cours de danse jazz et contemporain des Écoles Municipales d’Enseignements Artistiques de Chamalières évolueront sur une chorégraphie signée par leur professeure Laura Cuzin, devant les toiles de Charreton, offrant ainsi une façon inédite et immersive de visiter l’espace muséal.
Charreton et l’École de Murol
C’est à Bourgoin dans le département de l’Isère, que Victor Charreton voit le jour en 1864. Très jeune, il développe une attirance certaine pour la peinture et la poésie mais il fait le choix de suivre des études de droit qui vont lui permettre d’accéder au métier d’avoué à la cour d’appel de Lyon. À 30 ans, il entre au Salon de la Société lyonnaise des Beaux-Arts et décide par la suite de se consacrer entièrement à sa passion pour la peinture. Il se focalise sur l’étude des paysages qui évoluent au fil des saisons tant au niveau de la lumière que de la couleur. La Bretagne, la Provence, le Sud de l’Europe et le Maghreb l’inspirent mais Charreton avoue son amour pour les paysages hivernaux d’Auvergne. Avec le peintre curé Léon Boudal, il donne un élan à la fameuse École de Murol, qui attire de nombreux artistes séduits par un style néo-impressionnisme parfait pour rendre la lumière des paysages auvergnats. Victor Charreton qui finit par acheter une maison à Saint-Amand Tallende, réalise de nombreuses œuvres en partance vers des collections publiques et privées dans de nombreuses villes françaises. Il décède à Clermont en 1936.
Charreton aujourd’hui
L’Hôtel des ventes de Clermont a récemment procédé à une vente de tableaux époque moderne. Plus de trois cents œuvres ont été dispersées dont 18 de Victor Charreton, issus de collections privées et de successions. « La côte de Victor Charreton est aujourd’hui stable après avoir connu de fortes hausses, il y a une trentaine d’années » commente Alain Courtadon, qui a adjugé les 18 tableaux de 5 000 à 30 000 euros hors frais, lors de la vente (prix moyens situé entre 10 et 20 000 euros). « Il y a encore des amateurs pour la peinture régionaliste, pour Charreton en particulier, dont les paysages de neiges restent des pièces maîtresses. Mais l’intérêt s’est un peu déplacé vers les tableaux de paysages d’été avec plus de couleurs. Les gens recherchent davantage des Charreton avec des paysages et des personnages » analyse le commissaire priseur qui confirme que l’École auvergnate reste un gage de sûreté et de force même si la demande pour la peinture régionaliste connaît une légère tendance à la baisse, phénomène observé dans toutes les régions d’ailleurs.












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