Justin Labattu était encore enfant, lorsqu’il a découvert les plaisirs des sports de glisse et en particulier le snowboard. Son terrain favori était alors le massif du Sancy, formidable sujet à filmer lorsqu’il partait surfer avec ses copains. Petit à petit, il a pris conscience de la fragilité du milieu dans lequel il s’épanouissait et a rapidement compris que le dérèglement climatique était un vrai danger pour cette nature qu’il n’avait de cesse d’immortaliser en même temps que ses exploits.
Accumulant les images dès 2014, il s’est lancé dans la création d’un docu-fiction avec l’idée qu’un film sur le surf serait un excellent support pour faire passer des messages sur l’écologie. Ce film a fini par de devenir un véritable projet de vie, mais la trentaine passée, le réalisateur devenu professionnel et enseignant, a décidé de mettre un frein à sa perpétuelle évolution pour enfin le figer et le diffuser le plus largement possible. Sancy, la dernière ascension, version définitive, est disponible en libre accès, à compter de ce 11 décembre 2024 sur YouTube.
7 Jours à Clermont : 11 décembre, voici une date de sortie très symbolique !
Justin Labattu : Le 11 décembre c’est la journée internationale de la montagne des Nations Unies. C’est un aboutissement… c’est dur de lâcher un projet parce qu’il ne nous appartient plus… mais c’est très bien comme cela. Je vais pouvoir me consacrer à d’autres projets.
7JàC : C’est quoi le pitch Sancy, la dernière ascension ?
J.L : L’histoire est celle de Rémi qui fait une dernière ascension du Sancy pour se souvenir de ce qu’il a pu vivre avec ses amis dans la forêt, dans la station et dans la zone hors-piste parce qu’il doit partir faire ses études en Afrique du Sud, des études scientifiques. Mais, même s’il connaît bien le volcan, il lui réserve quelques surprises.
7JàC : Fiction mais aussi documentaire… qu’elle sont les grands axes ?
Justin Labattu : Les grands axes sont pédagogique, écologique et sportif… peut-être que l’écologie est numéro un. Pédagogie dans le sens où il est accessible à tous, petits comme grands. Je n’ai pas utilisé les leviers leviers sexe-drogue-violence, c’est tout le contraire. C’est la nature qui tient à la fois le rôle du gentil et le rôle du méchant. C’est donc une approche douce, à travers ce sport qu’est le snowboard.
7JàC : Quelle était l’ambition de base de ce film ?
J.L : L’ambition de base est toujours d’actualité, c’est que ce documentaire-fiction soit vu par le plus grand nombre, que tout le monde s’approprie le film et l’interprète aussi à sa manière.
Pour Justin Labattu, l’écologie c’est savoir se renouveler
7JàC : Est ce que votre approche à évolué au fil du temps ?
J.L : C’est une bonne question… ce film, je l’ai débuté en 2014 avec des passionnés et aujourd’hui ma passion a évolué avec l’apparition d’autres paramètres. C’est entre autre pour cela que j’ai arrêté le snowboard. Cela fait deux ans maintenant que je n’ai pas rechaussé un snow. Cela fait bizarre, car cela faisait partie intégrante de ma vie. C’est aussi cela l’écologie, savoir se renouveler, se réinventer un nouveau monde, troubler ses habitudes. Cela me trouble en effet mais je me suis réadapté avec d’autres raisons d’évoluer. Il n’y a pas que le snow dans la vie, il y a aussi plein d’autres belles choses, peut-être moins impactantes. C’est comme cela du moins que je vois les choses aujourd’hui. Si je devais le refaire ce ne serait pas le même projet.
7JàC : Parlez-nous de l’équipe qui vous a entouré sur ce film.
J.L : C’est une aventure humaine et c’est pour cela que c’est beau. Peut-être qu’une certaine authenticité se dégage du film parce que ce sont tous des proches. Mes parents m’ont beaucoup aidé moralement et mon père m’a aidé à la fois sur le tournage et sur la partie dessin animée que je trouve extraordinaire et pertinente. Il faut parler des amis parce que ce sont des souvenirs incroyables qui restent en mémoire et aussi de Laurent Lalanne, un fauconnier qui est venu avec son aigle Tsar pour tourner un petit film à l’intérieur du film. Avec cette séance j’ai remporté le Winter GoPro Award 2019.
7JàC : Il n’est pas facile de tourner un film sans effet négatif sur la nature.
J.L : En fait je n’ai pas plus pollué que quelqu’un qui fait du snow régulièrement. Je me déplaçais avec ma propre voiture, sur des distances courtes avec une équipe super réduite, du matériel que j’avais déjà et on essayait d’avoir plusieurs compétences, d’être multitâches. En effet, il y a eu un impact obligatoire, que l’on a essayé de compenser par exemple avec des repas végétariens.
7JàC : Sancy, la dernière ascension est un film durable ?
J.L : La symbolique de certaines choses sera sans doute remise en cause avec les années, mais la réflexion globale, j’espère qu’elle sera encore pertinente dans quelques temps. En 2014, quand on a entamé le travail, le sujet du réchauffement était encore peu évoqué. Nous sommes partis la dedans et je suis content de la place prise par ce sujet. En 2018, 1 500 scientifiques ont rédigé tribune pour dire que c’était l’état d’urgence général et qu’il fallait changer quelque chose. Pourtant jusqu’à aujourd’hui rien a changé.













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