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Le Tour de France, un spectacle qui traverse les paysages et les générations. Photo Pixabay.
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Quand le Tour venait à Clermont… ou dans ses environs (2)

Géminiani triomphant devant les siens sur la piste du vélodrome Philippe-Marcombes ou encore la lanterne rouge Pierre Matignon l'emportant après une échappée solitaire sur les pentes du Puy-de-Dôme: le Tour a écrit quelques unes de ses pages  dans la région clermontoise. Après un premier épisode consacré à 1955, 1967 et 1969, reprenons le fil de l'histoire...

Au carrefour des années 60 et 70, le puy de Dôme est l’un des hauts lieux du Tour qui y revient, en moyenne, tous les deux ans. L’ élégant et fragile Espagnol Luis Ocaña  s’y impose coup sur coup en 1971 et 73. Deux années plus tard, le Géant d’Auvergne est au programme entre Pyrénées et Alpes…

Le coup de poing porté à Merckx

Il a tout gagné dans un règne absolu, sans limite. Un appétit vorace de victoires qui l’amène à ingurgiter classiques et courses par étapes, au point qu’on le surnomme « Le cannibale ». Pourtant, l’année 1975 marque le crépuscule de la fabuleuse carrière d’Eddy Merckx, champion sans partage, désormais chahuté. Lorsqu’il aborde les rampes du puy de Dôme, à l’occasion de la 14e étape, le Belge, paré du maillot jaune, semble se diriger vers une sixième victoire dans le Tour, exploit inédit. Tandis que Van Impe et Thévenet se sont projetés à l’avant, Merckx, accompagné de Zoetemelk, connu pour être un « suceur de roues », s’efforce de limiter l’écart. Soudain, aux abords de l’arrivée, il grimace et porte sa main droite sur son foie. Un spectateur, un imbécile, vient de lui asséner un coup de poing…Nul ne saura jamais si l’incident, qui aura des suites juridiques, influera vraiment sur la suite des événements. En tous cas, le Belge, déclinant, subira une défaillance dans l’ascension vers Pra-Loup et ne remportera jamais de 6e Tour de France.

Une affaire qui éclate à Clermont

Qu’importe si le Danois Johnny Weltz s’est montré le plus fort (ou le plus opportuniste) au sommet du puy  de Dôme. Ce 21 juillet 1998 au soir, par une chaleur caniculaire, l’orage s’apprête à gronder. A Clermont, où la caravane s’est massée, la rumeur  enfle. Jacques Chancel, dans son émission Face au Tour, a à peine abordé la nouvelle. Le maillot jaune Pedro Delgado a été contrôlé positif lors de l’étape contre-la-montre Tarbes-Pau. Le probénicide, qu’il a ingurgité, est un diurétique qui masque l’usage des stéroïdes anabolisants. Pourtant l’affaire n’aura pas de conséquence sportive. La substance figure en effet sur la liste des produits interdits par le CIO  mais pas (encore) sur celle de l’UCI. Le directeur de la course, Xavier Louy, demandera à l’Espagnol de quitter la course. En vain… Pris la main dans le sac mais impuni, Delgado figure toujours au palmarès du Tour 1998 devant le Néerlandais Steven Rooks.

Le 22 juillet au matin, lorsque la caravane tourne le dos au puy de Dôme, filant direction Paris, nul ne peut se douter qu’il n’y reviendra plus.

Roche surgit dans le brouillard

S’offrir une arrivée d’étape est une opportunité qui coûte chère mais peut rapporter gros pour une commune. Quel formidable tremplin, en effet, que cette compétition retransmise dans le monde entier pour mettre en valeur ses paysages et son patrimoine. En 1992 , La Bourboule a décidé de céder à la tentation. Le maire Serge Teillot est lui-même un grand amoureux de la petite reine. Las, trois fois hélas, les cieux ont décidé de jouer un vilain tour  aux Bourbouliens. Et même les téléspectateurs en seront pour leur frais… Le brouillard est si épais ce 21 juillet sur les montagnes du Sancy que les uns et les autres ne pourront apercevoir qu’une ombre se faufiler jusqu’à la ligne d’arrivée : Stephen Roche, l’Irlandais, dont les meilleures années sont derrière lui, coupe la ligne en vainqueur après s’être échappé sur les pentes de la Croix-Morand.  Mais pour lire les péripéties de la course, il faudra consulter le journal et pour voir La Bourboule, peut-être, y revenir.

Sörensen maîtrise Virenque et Leblanc

Rolf Sörensen, un roi des classiques couronné à Super-Besse.

Belle partie de manivelles sur le parcours de l’étape Le Puy- Super Besse, qui rejoint le département du Puy-de-Dôme par Ambert et les routes escarpées du Forez en cette année 1996. A l’avant de la course, on ne chôme pas et ce sont des gros bras qui vont en découdre dans la difficile Côte de Saint-Anastaise puis sur la montée finale vers la station de ski. Il y a longtemps que le sprinter Djamoulidine Abdoujaparov, qui figurait parmi les échappés, a rendu les armes. Richard Virenque et Luc Leblanc, les deux grimpeurs français, appartiennent au quatuor de tête qui cavale à l’avant de la course, aux côtés du Danois Rolf Sörensen, l’un des meilleurs coureurs de classique de sa génération, et du moins illustre Portugais Orlando Rodrigues… Sur la ligne d’arrivée,  Sörensen, surnommé « il biondi » (le blond)  par les Italiens, se montre le plus rapide devant Rodrigues, Virenque et Leblanc. Quelques semaines plus tard, les deux Français et le Danois se retrouveront aux prises dans le final de l’un des plus difficiles championnats du monde de l’histoire dans la fournaise d’Agrigente en Sicile.

Où l’EPO s’invite à Super-Besse

En 2008, lorsque le Tour débarque en Auvergne, le maillot jaune s’appelle Stefan Schumacher, un bolide allemand dont on apprendra bientôt qu’il roulait … à l’EPO. A Super-Besse, la chance tourne pour le leader éphémère, victime d’un accrochage à 500 mètres de l’arrivée. Riccardo Ricco, 24 ans, est plus heureux qui file vers la victoire aux dépens d’Alejandro Valverde. L’Italien va bientôt tomber de son piédestal et quitter le Tour de France, suite à un contrôle positif. Quant à Valverde, son tour viendra aussi, pris dans les filets de l’affaire Puerto. A Super-Besse, le Luxembourg a trouvé un successeur à Charly Gaul. Cinquante ans exactement après « L’Ange de la Montagne », Kim Kirchen, le lauréat de La Flèche Wallonne, s’empare du maillot jaune. C’était il y a dix ans…

Retrouvez le 1er épisode de « Quand le Tour venait à Clermont… ou dans ses environs ».

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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