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photo Valentin Uta.
Edito

Ces tags qui blessent le regard

Il sont un peu partout. Sur les façades, sur les portes des immeubles et, parfois, des monuments. Les tags enlaidissent l'environnement urbain et alourdissent les impôts.

Tout est expression. Mais faut-il tolérer toute expression ? Vomir est une expression, cracher est une expression, jurer est une expression. Porter un coup est une expression. Mais doit-on considérer toute expression comme de l’art, fut-ce de l’art brut ou brutal ?

Sur la porte de l’immeuble, ce matin encore, des tags. Ils fleurissent un peu partout sur les murs, les portes, les façades des immeubles… Formes informes, sexe masculin, messages qui n’ont rien de subliminaux : fuck ou salope ou ta race …. J’en passe et des plus gratinés. Autant de stigmates qui jalonnent les cités, autant de violences urbaines et paysagères contre lesquels la lutte est pour le moins légère voire inexistante. Ceux qui gribouillent ne risquent rien, les autres n’auront qu’à payer puisqu’il faudra bien effacer à un moment ou à un autre et que l’argent public n’est jamais que le vôtre, le mien, les éternelles vaches à lait.

Nuisance et vulgarité

« Il faut bien que jeunesse se passe » arguent les uns. Ce qui signifie « Il faut que les jeunes s’expriment »… Pour eux, volontiers compatissants et laxistes, le tag serait synonyme de mal être. Comme un cri ou une demande…Je ne vais pas bien donc j’écris fuck sur ta porte…Explication légère, tout de même, car tout malaise, toute solitude, tout besoin de se faire entendre ne conduit pas à l’incivilité, à la dégradation, à la nuisance et à la vulgarité.

Tolérant ou répressif?

Le tag est-il un symptôme ou plus simplement l’apanage de quelques crétins ? Faut-il être tolérant ou répressif ? Ou encore faire preuve de fatalisme ? Accepter ces désagréments et payer les pots cassés  parce que c’est plus simple? Parce que les tags n’ont jamais tué personne et ne blessent que le regard et le porte-monnaie? Les tags, incontestablement, ne répondent à aucune forme d’art, ils sont simplement des inscriptions grossières et hostiles. Ils ne témoignent d’aucun talent mais plutôt d’une absence totale de créativité et révèlent un manque de considération pour les autres. C’est comme le voisin du dessus qui écoute de la musique à tue-tête jusqu’aux tréfonds de la nuit et vous insulte en descendant les escaliers parce que vous lui avez demandé de baisser d’un ton. C’est parfois ennuyeux de vivre en société mais s’exiler comme Robinson Crusoë n’est pas donné à tout le monde. Alors que faire?

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

5 Commentaires

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  • Dans ce domaine comme dans d autres Clermont doit choisir entre  » c est partout pareil ya pire ailleurs..  » et on est en compétition pour l attractivité (solde migratoire toujours negatif) la ville doit s embellir et s enrichir ou en sont les cameras les arrestations de tagueurs ?

  • IL Y A 9000 ANS LES GENS GRAVAIT SUR LES MURS DE LEURS CAVERNES.
    ET AUJOURD- HUI ON APPELLE CA DE L-ART RUPESTRE.
    CES LIEUX SONT CLASSES MONUMENT HISTORIQUE…BREF L-ART QUI NE RAPPORTE PAS DE DOLLAR N-EST PAS DE L-ART??
    EN ATTENDANT ON PEUT VOIR LES GENS S-ARRACHER DES BANKSY A QUELQUES MILLION DE DOLLAR.
    // Pas de vulgarité sur le site. Merci ! //
    AU LIEU D-EFFACER LAISSEZ LA JEUNESSE S-EXPRIMER AU LIEU D-UBERISER LA FRANCE A LA AMERICAINE,
    LIEU DE NAISSANCE DU TAG ET DU GRAFFITY.
    BREF ICH LIEBE BERLIN.
    DIP KLUB

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