L'Essentiel
La programmation de cette année favorise les rencontres entre auteurs, permettant ainsi un échange enrichissant avec le public tout en mettant en avant une diversité de voix littéraires.
Les temps forts incluent une soirée inaugurale avec Christophe Malavoy et une forte représentation d'auteurs jeunesse, soulignant l'ambition du salon de s'ancrer dans la culture locale et d'attirer un public familial.
Dans quelques heures, le Salon du livre de Royat-Chamalières va ouvrir ses portes. Créé en 2013, ce rendez-vous d’automne a pris un nouveau départ en 2024 avec une équipe renouvelée, au sein de laquelle, officie David Ducreux au poste stratégique de programmateur. Natif de Clermont, ce passionné des livres qui, 20 ans durant, a été l’attaché de presse incontournable du milieu littéraire parisien, a donné à la manifestation l’occasion de réaffirmer son ambition nationale grâce à un indéniable savoir-faire et un carnet d’adresses conséquent.
Le choix de réduire le nombre d’invités à 50, a permis de redonner plus de cohérence à la ligne du salon, tout en offrant une meilleure visibilité à tous les auteurs, pas seulement aux têtes d’affiche, et en leur donnant la possibilité d’abandonner temporairement leurs tables de dédicaces pour s’octroyer du temps de dialogue avec le public.
L’édition 2025 sera marquée par une ouverture dès le samedi matin et une soirée inaugurale.
“On flirte un peu avec le polar, l’imaginaire, la jeunesse… c’est très ouvert”
7 Jours à Clermont : Comment avez vous organisé le salon de cette année ?
David Ducreux : En fait, on est parti de ce que l’on a testé l’année dernière sur plusieurs points. Le point essentiel, celui qui compte le plus pour le public, est la programmation de rencontres. Tous les auteurs invités au salon, ont une intervention, souvent en duo avec un autre auteur. Cette base avait très très bien fonctionné et elle permet d’offrir durant deux jours complets, 27 ou 28 rencontres. Du matin au soir, on peut enchaîner les rencontres dans deux lieux différents et avec des thématiques différentes. Ces rencontres permettent de montrer la richesse de la programmation et la richesse de la production des auteurs tout en présentant la variété éditoriale d’aujourd’hui dans tous les genres de la littérature. On flirte un peu avec le polar, l’imaginaire, la jeunesse… c’est très ouvert.
7JàC : Quels ont été les retours, l’an passé, de la part des auteurs qui pour certains, étaient en demande de rencontres ?
D.D : Quand je parle variété, il y a aussi une variété de notoriété. L’an passé, on avait misé sur l’idée de faire faire des découvertes au public, avec beaucoup de primo-romanciers. On renouvelle cela avec des auteurs que l’on ne connaît pas encore, puisque leur premier livre est sorti au printemps ou il y a quelques semaines. On a besoin de les découvrir et les rencontres le permettent. Dans les auteurs qui ont déjà publié des livres, il y en a qui ne sont pas des grandes stars, mais qui en sont à leur 3e ou 4e livre et qui écrivent des choses qui me paraissent de très grande qualité. J’ai envie de partager et de les faire découvrir. Globalement ce sont tous des auteurs que j’ai envie de rencontrer parcequ’ils ont quelque chose d’intéressant à dire, à la fois dans leurs livres et à l’oral. Les rencontre permettent de goûter ce que les auteur ont à raconter, c’est essentiel. L’an passé des auteurs ont vendu tous leurs livres après une rencontre, alors qu’il n’avaient pas vendu grand chose avant.
7JàC : L’idée de faire des rencontres à deux auteurs avait-elle bien fonctionné ?
D.D : Oui, parce que l’idée qu’il y a à travers cela, c’est l’échange. Quand on construit la programmation, j’essaie aussi de voir quelles sont les thématiques qui se dégagent, de quoi on a envie de parler d’une manière générale, le sujet des livres, l’œuvre générale d’un auteur, ses engagements, son questionnement. Il y a aussi des affinités, voire des filiations, entre écrivains, des sensibilités communes. L’époque nous donne des sujets qui sont intéressants à explorer avec des auteurs. Peut être nous livrent-ils plus de questions que de réponses, mais cela reste intéressant malgré tout parce que cela enrichit la réflexion.
7JàC : Vous avez conservé un mix entre les “poids lourds” et les auteurs régionaux…
D.D : Oui exactement. Cela tient à notre ancrage régional comme n’importe quel salon. On aurait la même chose si on était en Normandie… Je pense que c’est la vocation d’un salon de faire venir des gens “que l’on voit à la TV” et d’inviter ceux qui constituent une communauté littéraire, quelque chose que j’apprécie. Je suis moi même écrivain, j’adorerai monter un club ou une association d’écrivains auvergnats. Ce sont des gens qui connaissent le public d’ici et réciproquement, et il en faut pour tout le monde et pour tous les goûts.
Un salon qui s’étoffe côté jeunesse
7 Jours à Clermont : Quels sont les temps fort du weekend à ne pas rater ?
David Ducreux : Il y en a deux qui n’existaient pas l’année dernière. Une soirée d’inauguration en partie ouverte au public, le vendredi, avec Christophe Malavoy qui nous fait le plaisir et l’honneur de lire des extraits de textes de Louis-Ferdinand Céline, tirés de Voyage au bout de la nuit et d’un D’un château l’autre, il terminera par un extrait de L’étranger de Camus puisqu’il est lui même dans le casting du film L’étranger de François Ozon qui sort le 30 octobre. L’autre temps fort c’est la partie jeunesse, renforcée. L’an passé on avait 4 ou 5 auteurs jeunesse, cette année on en a une dizaine avec un programme complet d’animations essentiellement les après-midi avec des ateliers de dessins, de découpage, un atelier d’écriture, des questionnaire sur l’actualité avec le journal Albert qui décrypte l’actu pour les 8 à 12 ans. Le salon se veut familial puisque les enfants peuvent participer à un atelier pendant que les parents suivent une rencontre.
Et puis il y aura les rencontres avec Julien Sandrel dont le nouveau livre et sorti le 1er octobre, avec Christophe Malavoy qui écrit aussi des livres sur Céline, Véronique Olmi dont le nouveau romans sort le 3 octobre, Hubert Haddad, Pierre Péju dont l’ouvrage sera présenté en avant-première, Éric Fottorino…
7JàC : Est-ce que vous sentez que le salon s’inscrit désormais au cœur de la métropole, loin de certains clivages ?
D.D : Je trouve que la culture doit s’extraire de la politique. Marcel Alédo maire de Royat et Louis Giscard d’Estaing maire de Chamalières, m’ont dit tous les deux la même chose, quand nous avons évoqué notre convention de l’an prochain : “La politique ne doit pas se mêler de culture, elle ne doit pas dépendre de qui sera élu ou pas”. La politique culturelle perdure quels que soient les élus en place. On a la chance d’avoir un engagement très fort de la part des municipalités que nous accueillent. Cette année pour la première fois on a aussi un soutien de la Métropole, c’est précieux. Cela veut dire qu’il y a une confiance et que le Salon du livre de Royat-Chamalières, va trouver une résonance au niveau de la métropole, même au niveau du département et de la région.
12e Salon du livre de Royat-Chamalières, Casino de Royat 3,4 et 5 octobre 2025.
Liste complète des auteurs invités a retrouver sur la site web du salon













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