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"Tout feu tout flamme", huile sur toile et "Mère(s) Veilleuse(s)" © I. Rasquinet
"Tout feu tout flamme", huile sur toile et "Mère(s) Veilleuse(s)" © I. Rasquinet
Culture

L’étonnant destin d’Irina Rasquinet

Jusqu'au 1er novembre, la Galerie Louis Gendre & Ko de Chamalières présente "À porté de ciel" une sélection d’œuvres de l'artiste d'origine tchétchène Irina Rasquinet.

L’exposition présentée actuellement à la Galerie Louis Gendre de Chamalières constitue une belle opportunité d’entrer dans l’univers éclectique et malicieux d’Irina Rasquinet. C’est sous le nom d’Irina Volkonskii que cette artiste voit le jour en 1974 dans une famille modeste de Tchétchénie qui à l’époque est encore une république socialiste soviétique. Adolescente, elle suit des études universitaires en Russie et intègre une école d’art expérimental à Moscou. Si elle se montre rapidement très créative, elle vise cependant de nouvelles perspectives. Très attirée par la langue française, particulièrement appréciée dans les milieux culturels russes, elle décide de quitter cette instable région du Monde et part s’installer à Paris, en 1997, pour intégrer la prestigieuse École des Arts Décoratifs.
Dans la capitale française, vivant dans la précarité, elle fait la connaissance de Jean-Charles de Castelbajac dont elle devient la collaboratrice, le mannequin et bientôt la muse. Tous deux s’entendent à merveille car ils développent chacun des univers colorés et partagent des références communes à la pop culture. Cette collaboration permet à l’artiste russe, devenue Irina Rasquinet, de trouver un confort matériel lui permettant de se lancer dans la création de bijoux et d’œuvres plastiques. Les inspirations qui l’animent aujourd’hui sont déjà présentes : le rêve et l’amour, la survie et le folklore russe.

Profond attachement à la France et à sa langue

Les œuvres d’Irina Rasquinet sont aujourd’hui présentées dans les plus grandes galeries européennes et des lieux prestigieux comme le Centre Pompidou. Sa production repose sur trois formes différentes : la peinture, la sculpture et la joaillerie souvent crée à partir de jouets et d’objets du quotidien qu’elle anoblie abondamment de strass et de cristaux. Elle aime plus que tout, jouer avec les mots et les phrases, comme pour réaffirmer son profond attachement à la France et à sa langue. Ses créations trouvent leur point de départ dans des jeux de mots ou des traits d’esprit et elle compare ses peintures, sculptures et installations à un « piège à rêve ».

"Mine d'or", "Ne pas manquer d'air", "Clarté profonde" © Irina Rasquinet
“Mine d’or”, “Ne pas manquer d’air”, “Clarté profonde” © Irina Rasquinet

“Irina Rasquinet propose un art qui ne montre pas, mais qui ouvre”

À portée de ciel est le nom de l’exposition présenté actuellement à la Galerie Louis Gendre & Ko. “Irina Rasquinet propose un art qui ne montre pas, mais qui ouvre. Un art qui n’explique pas, mais qui élève”. Comme un fil rouge, les peintures et les sculptures présentées sont inspirées par le mouvement vers le haut, alors que la gestuelle aboutit fréquemment à des éléments pointus. Faut-il voir ces pointes comme un avertissement face au mal ou au contraire les considérer comme autant de fusées dont les têtes indiquent un au-delà, où la vie semble être plus légère et plus onirique ? Et que dire de cette flèche scintillante, présente dans la sélection d’œuvres, qui s’est fichée dans un mur comme la flèche de cupidon dans un cœur ? Au milieu de cet ensemble, bien moins éclectique que l’on pourrait le croire de prime abord, trône une série de “Mères Veilleuses” inspirées à la fois de la matriochka russe et de la kokeshi japonaise, des sculptures de toutes tailles, dénuées de pointes, si lisses et si lumineuses que l’on a immédiatement envie de les caresser, de les embrasser au sens premier du terme, de les dérober pour les installer dans un jardin comme si elles allaient capter une lumière divine.

"Les cieux sont bleus" © Irina Rasquinet
“Les cieux sont bleus” © Irina Rasquinet

“À porté de ciel” Irina Rasquinet, exposition jusqu’au 1er novembre 2025, Galerie Louis Gendre & Ko, 7 rue Charles Fournier, Chamalières

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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