Accueil » Vie publique » Parking du siège Michelin : réflexion ne veut pas dire projet
Parking Michelin proche de la rue Thibaud Thevenot / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Vie publique

Parking du siège Michelin : réflexion ne veut pas dire projet

Un projet immobilier est-il en cours sur le parking du siège de Michelin ? Pas encore, pour Gregory Bernard, adjoint à l'urbanisme qui a cependant présenté aux habitants du quartier l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur, qui définit de ce que souhaite la ville le jour où un projet prendra corps.

Certains de nos confrères ont récemment annoncé que le groupe Michelin s’apprêtait à vendre 6,4 hectares de terrain sur lesquels se trouvent actuellement des bâtiments et un parking, derrière le siège social, entre la partie sud de la rue Thevénot Thibaud et la rue Henri-Barbusse. Cette information n’a pas été officiellement confirmée par le manufacturier clermontois même s’il parait évident que ce secteur très proche du centre ville sera un jour ou l’autre requalifié et fait déjà l’objet de convoitises de la part des promoteurs.
Si l’annonce d’une vente s’est répandue, c’est parce que Grégory Bernard, adjoint à l’urbanisme et Thomas Weibel, adjoint en charge notamment de la question de la nature en ville, ont animé une réunion de quartier durant laquelle, ils ont présenté l’OAP du secteur.
Les OAP, orientations d’aménagement et de programmation, sont des composantes d’un plan local d’urbanisme et sont les déclinaisons opérationnelles souhaitées par la collectivité. Elles peuvent définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l’environnement, les paysages et le patrimoine, lutter contre l’insalubrité et donc imaginer la “ville de demain”.
Interrogé sur le sujet, Grégory Bernard insiste sur le fait que ce qu’il a présenté n’est qu’un schéma et en aucun cas l’annonce d’un projet.

Préserver la vue sur le plateau central

La zone concernée est aujourd’hui entièrement artificialisée. La ville souhaiterait que soit rendu un sixième du site à la nature, sachant que la Tiretaine la traverse mais qu’elle est canalisée par des murs en béton qui pourraient être détruits dans le cadre de la création d’un parc. Pour Grégory Bernard, il est important de limiter la hauteur des constructions futures pour préserver la vue sur le centre historique depuis une “fenêtre” située boulevard Jean-Baptiste Dumas de laquelle on peut voir la topologie du plateau central et deux monuments majeurs, Notre-Dame du port et la Cathédrale. Ainsi pour épargner ce paysage, les constructions pourraient être limitées à un niveau unique côté nord pour atteindre R+5 côté Barbusse et un parking silo pourrait être créé. Bâtiments industriels sauvegardés, nouvelles constructions, commerces ou services et espaces verts pourraient constituer un ensemble homogène, intégré à l’existant.
En attendant, à plus ou moins long terme, une transformation du secteur, la ville en revanche travaille sur la circulation dans la rue Thevénot Thibaud qui passera à l’automne en sens unique pour favoriser la fluidité de la ligne 4 de T2C et sera dotée d’une voie cyclable et d’une voie piétonne.

“Je regrette le manque d’intérêt pour les documents d’urbanisme”

S’il est question ici, d’un schéma et non d’un projet, c’est que les OAP sont une composantes du Plan Local d’Urbanisme intercommunal qui n’est à ce jour pas encore adopté par Clermont Auvergne Métropole. On parle depuis longtemps du PLUi mais comme le rappelle Grégory Bernard “établir un PLUi se fait sur le temps long car il doit concilier des enjeux contradictoires. Ce sont des discutions longues avec les maires car on parle de réduction des zones constructibles pour viser une sobriété foncière indispensable à la préservation des espèces naturelles et de la nature sur des périmètres de 0 à 15 hectares urbanisables demain”. Avec un besoin de 2 000 nouveaux logements par an, la métropole qui est constituée au 2/3 par des espaces naturels doit posséder un document encadrant la mutation, qui témoigne de la vision politique et fixe un cadre précis. Depuis le 17 février et jusqu’au 28 mars 2025, l’enquête publique du futur PLU métropolitain est ouverte mais révèle assez peu de remarques de portée générale. “Je regrette le manque d’intérêt pour les documents d’urbanisme alors qu’ils sont structurants pour les  15 années à venir” ajoute l’adjoint à l’urbanisme qui instruit des dossiers selon un triptyque incontournable constitué du besoin de loger les habitants du territoire, de la préservation des espaces naturels et de la renaturation rendue obligatoire par l’adaptation au changement climatique.

Partager :

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé