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Super Besse Photo Par Bserin CC BY SA 3.0 Wikipédia
Super Besse / Photo Bserin CC BY SA 3.0 Wikipédia
Edito

De « l’or blanc » aux caprices de l’hiver

La neige a constitué une rente durant la seconde moitié du XXe siècle. Au Mont-Dore et à Super Besse, certains en ont bien profité. Mais le climat est versatile.

Dans l’autobus qui reliait alors Clermont au Mont-Dore, à l’orée de ce week-end d’hiver, des skieurs patentés ou plus inexpérimentés, certainement, mais aussi de joyeuses équipes de fêtards, habituées à fréquenter « La Tannerie » ou « El Rancho », les boîtes alors incontournables de la station. Pour ces bringueurs au moins, les nuits étaient souvent plus belles que les jours et il n’est pas sûr qu’au lendemain de leurs libations, ils seraient en mesure de dévaler la piste noire recouvertes d’or blanc.

Versant sud

Au carrefour des années 60 et 70 mais encore dans les années 80, la neige était abondante en hiver et les Clermontois nombreux à se rendre dans les deux stations de ski majeures du massif du Sancy. On parlait d’ «or blanc», c’est dire que l’argent découlant des activités de sports d’hiver n’avait pas encore fondu comme neige au soleil.

L’argent … il fut évidemment à l’origine de la création de Super Besse, inaugurée en décembre 1961 sur le versant sud, le plus ensoleillé, du Sancy autour de trois téléskis et de la télécabine de La Perdrix. Des immeubles émergèrent alors de la montagne comme des champignons pas très écologiques, pour le plus grand bénéfice de promoteurs peu concernés par l’environnement. Les responsables du site ne lésinèrent pas pour aménager le site, un lac artificiel (Les Hermines) y fut implanté et les constructions à gogo culminèrent en 1970 avec la réalisation de la Tour de La Biche, haute de plus de 50 mètres avec ses 21 étages et ses 166 logements.

Glorieuses années

L’histoire du Mont-Dore est plus prestigieuse et liée de manière indélébile au thermalisme, l’autre activité forte de la ville. On retrouve en effet la trace de sources celtes bien avant l’occupation des lieux par les Romains. Quant à la station de ski, elle fut la troisième créée en France, en 1936, après Chamonix et Megève grâce aux investissements consentis par l’aviateur Dieudonné Costes. Sa relative proximité de Paris lui a permis, en son temps, d’accueillir la jet set emmenée par l’écrivaine Colette, l’actrice Gabby Morlay ou l’inoubliable a créatrice de mode Coco Chanel.

Certes le réchauffement climatique ne se fait guère sentir en ces premiers jours de l’année -plutôt frisquets- il est néanmoins palpable pour l’activité-ski et sa rentabilité. Régulièrement privés de neige, les stations de basse altitude, en Auvergne et ailleurs, ont perdu de leur attractivité et de leur superbe, même si la « diversification » est à l’ordre du jour. Celle-ci est davantage qu’un leurre mais elle n’est pas tout à fait la panacée.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
 Photo Fanny Raynaud
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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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