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Edito

Pour qui roulent les médias ?

La presse est heureusement libre et pluraliste en France. Elle est parfois également complaisante ou délibérément hostile.

Les médias sont rarement objectifs (ce qui n’empêche pas les journalistes de l’être parfois) mais bien souvent tributaires d’une sensibilité, d’une orientation politique ou idéologique mais aussi d’intérêts économiques. En maintes occasions, ils prêchent pour leurs paroisses, c’est regrettable mais tangible, dommageable mais incontestable. Il suffit de prendre un fait d’actualité pour s’en apercevoir. Les derniers jours nous en ont encore une fois apporté la preuve.

Exemple éloquent

Prenons le procès de Nicolas Sarkozy. Certains s’offusquent de la condamnation- fort sévère au demeurant- subie par l’ancien président de la République et en font des tonnes, tout en remettant en cause l’indépendance de la Justice. Question qui, soit dit en en passant, mérite d’être posée tant on peut s’étonner de certaines décisions. D’autres, au contraire, enfoncent le clou, tirent à boulet rouge, se satisfont visiblement du sort de ce citoyen pas tout à fait comme les autres… Le grand écart entre les uns et les autres est si spectaculaire que l’on s’étonne d’une telle dichotomie au sein d’une même profession.

Quid de l’éthique ?

Le manque d’objectivité est sans doute regrettable. Mais les lecteurs, spectateurs, internautes et autres consommateurs d’information ne vont-ils pas d’abord chercher ce qu’ils souhaitent trouver ? Le succès de C.News s’explique sans doute parce que l’orientation de la chaîne correspond aux opinions d’un certain public. France Inter a aussi ses auditeurs convaincus et partisans. Pas sûr que les uns et les autres fassent bon ménage. Et que dire de Médiapart, qui n’a pas épargné Nicolas Sarkozy depuis quinze ans… À tel point que l’on peut se demander si le quotidien d’actualité numérique ne cherchait pas avant tout à régler des comptes.

En fait nul ne peut exiger d’un média privé qu’il fasse preuve de neutralité dans son traitement de l’information à condition toutefois qu’il respecte un minimum d’éthique et évite toute forme de manipulation ou de falsification. En revanche, on peut estimer qu’il devrait être dans la nature même du service public- financé assez généreusement par tous les Français- que de respecter une certaine impartialité.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Marc-François / Photo Fanny Raynaud
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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

3 Commentaires

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  • Contente de vous lire car vous êtes un vrai journaliste et c’est en voie de raréfaction !
    Je devais vous déposer des exemplaires de mes romans de la Saga de New Town mais je ne sais plus quelle est votre adresse..
    Merci

  • Bonjour Marc,
    Oui, je suis tout à fait en phase avec votre vision de la chose. Quotidiennement, je regrette que les journalistes ne posent pas les bonnes questions, parce qu’au final, je suis convaincu qu’ils en ressortiraient grandi.
    Un exemple – mais parmi tant d’autres : l’épisode de la pandémie. Le pauvre pagolin avait été mis à toutes les sauces, et pourtant tout le monde semblait se satisfaire des premières annonces de l’AFP sans bien chercher plus loin.
    Enfin quoi : les marchés d’animaux vivants n’existaient pas que depuis 2019, n’est-ce pas ?
    Pourquoi les journalistes n’ont pas souhaité s’inscrire dans le vrai reportage, plutôt que de répeter bêtement les bouts d’annonce proposées ?
    Au même titre que ce conflit sans nom entre l’Ukraine et la Russie. Les Etats-Unis et ses Alliés ayant bien pris la peine de prendre en tenailles certaines zones géographiques de la Russie, il était normal que l’oppressé finisse par montrer les crocs.
    La manipulation de l’information est un processus par lequel des informations sont délibérément modifiées ou altérées afin de tromper ou de tromper le public. Ce phénomène s’illustre également dans cette tromperie du ‘réchauffement’ climatique. On peut regretter que de l’influencer l’opinon dans de nombreux domaines, soit devenu la norme.
    Mais alors, comment développer un esprit critique et discerner la véracité des informations reçues si ce que l’on nous propose n’est même pas vérifié ?

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