Il fut sans aucun doute l’homme de l’année 2024 et va marquer les prochains mois de son empreinte. Non pas Judd Trump, l’Anglais, dont le titre de champion du monde de snooker remonte à 2019 mais Donald, son intrépide homonyme d’outre-Atlantique, qui sera de retour à la Maison Blanche le 20 janvier prochain. Donald Trump n’a pas seulement réussi un come-back improbable, il a botté les fesses de ses adversaires pour les bouter hors du pouvoir … S’il est probablement aujourd’hui l’un des hommes les plus détestés sur la planète, l’ancien homme d’affaires et producteur de télévision s’en contre-fiche : les électeurs américains l’ont choisi dans l’espoir d’une rupture radicale avec la précédente administration. Le revoilà aux manettes, prêt à taper du poing sur la table. « And we will make America great again… »
L’argument de la force
Grossier, évidemment, brutal, parfois, mélange d’action et de réaction, d’audace et de muflerie, de conservatisme et d’autorité, de modernisme et de traditionalisme, Trump ne fait jamais dans la dentelle. Il n’a rien à faire des consensus, ne s’embarrasse pas des conventions. Pourtant un tel leader charismatique ne peut être seulement un gigolo, un agité, un milliardaire, un type dont on ne voudrait pas comme beau-frère… Le prochain président des Etats-Unis est aussi une émanation de son époque, celle d’une Amérique fracturée et d’une majorité de sa population qui refuse la fatalité du déclin.
Trump multiplie déjà les rodomontades, voire les provocations. Il s’intéresse au Groënland, lorgne sur le Canada, reluque le canal de Panama, désigne la Chine comme son principal adversaire sur l’échiquier international. Dans le même temps, il rencontre Volodymyr Zelensky et s’apprête à parler à Vladimir Poutine, faisant ainsi souffler l’espoir et les inquiétudes. Imprévisible, à coup sûr, surprenant, peut-être. Après tout, pour se confronter aux dictatures, mieux vaut un interlocuteur ferme et fort qu’un adversaire craintif, prêt à avaler des couleuvres.
Musk le trublion
Reste la présence d’Elon Musk, aux côtés du nouveau président, qui pourrait se révéler un talon d’Achille. Le milliardaire, dont on nous assure qu’il est aujourd’hui l’homme le plus riche de la planète, a déjà conquis le monde en rachetant Twitter et veut aussi décrocher la planète Mars avec sa société Space X. Omniprésent et excessivement ambitieux, l’entrepreneur pourrait rapidement se révéler un embarrassant allié. Il serait en tout cas étonnant que la lune de miel entre ces deux mastodontes débouche sur un mariage à long terme.









Commenter